Robert Silverberg - Le long chemin du retour
- Ailleurs et Demain
Joseph, fils du Maitre de la Maison Keilloran est envoyé au nord
du continent dans la région appelée Manza dans la Maison amie Geften afin de
parfaire son éducation; il sera appelé un jour à succéder à son père. Des
proches l’accompagnent dont son cher précepteur Balbus. Une nuit des bruits d’explosion
et des cris le réveillent. Les serviteurs, les paysans, ceux que l’on appelle
le Peuple entrent en révolte contre la Maison Geften. Une servante demeurée
fidèle aide l’adolescent à s’enfuir hors des bâtiments incendiés et jonchés de
cadavres, mais blessée elle-même l’abandonne très rapidement à son sort. Commence
alors pour Joseph une épreuve de survie. Seul, sans vivres, sans moyen de
transport comment rejoindre l’immensément lointaine terre natale ?
La planète Patrie imaginée par Robert Silverberg est un
monde féodal composé de trois populations, les Indigènes, c’est-à-dire les autochtones,
et deux groupes d’humains, le Peuple, essentiellement des agriculteurs, et les
Maitres, derniers arrivés qui dotés d’une technologie avancée ont assujettis leurs
prédécesseurs. Les indigènes vivent à part indifférents aux tensions fracturant
les communautés humaines.
Le long chemin du retour se lit comme un roman d’apprentissage.
Joseph affronte l’isolement, la faim, trouve parfois momentanément refuge
auprès des Indigènes et d’un village du Peuple, tout en s’efforçant de
dissimuler sa véritable identité bien aidé en cela par l’errance et les
privations qui font de lui un anachorète. Retour des choses, il se confronte au
réel et découvre même l’amour.
Le roman n’est pas sans langueur. On y retrouve néanmoins le
Silverberg des métamorphoses et des cycles, métamorphoses successives du jeune
Joseph dans son apprentissage de la vie et cosmogonie des Indigènes qui renvoie
à la philosophie exprimée par l’auteur dans le Cycle du nouveau Printemps
sur l’extinction des civilisations.
Ajoutons en toute subjectivité le plaisir de parcourir 23 ans
après un Ailleurs & Demain en parfait état de conservation et de découvrir une
illustration de couverture qui ne dépareille pas trop de la photographie de l’En-tête
de ce blog !

4 commentaires:
Robert Silverberg...
Une sorte d'odyssée vers la maison natale, sans Pénélope, pour un très jeune homme qui vivra bien des métamorphoses.
Il y a dans ses romans tout un univers singulier qui n'est pas -pour moi - de la science-fiction mais une mélancolie, une tension vers un ailleurs qui traverse le temps immobile comme la flèche de Zenon.
C'est un conteur philosophe, un peu magicien. Très heureuse de lire ces deux chroniques. Avez-vous, SV, répondu à paperblog ?
Vous écrivez, SV, "Le roman n'est pas sans langueur" . Ce terme m'étonne et me ravit. Est-ce vraiment le mot que vous désiriez écrire. Les lignes qui suivent pourraient laisser supposer qu'il s'agit de... longueurs... Les deux sont compatibles.
Jaime beaucoup aussi la couverture plus ancienne de l'édition "J'ai lu" .
Celle de "Ailleurs et demain" est plus futuriste. Celle de "J'ai lu" , plus fantasy.
langueur, oui, un manque d'énergie. Il n'y a pas de longueur, c'est tout simplement un peu mou.
"Un peu mou" ... L'expression est belle.
Le temps aussi peut être mou. MàC avait relevé cette expression chez Flaubert. Une scène de madame Bovary qu'il admirait.
Je pense aux montres "molles" de Dali, toile où le temps coule lentement entraînant les heures, les cadrans, les aiguilles...
C'est très étrange et très évocateur cette précision du "mou" dans une narration.
Vous connaissez si bien les romans de Silverberg que ces mots provoquent une fêlure. Comme si vous n'étiez pas entièrement convaincu par la qualité de ce roman tardif, long aussi par cette marche sans fin vers la maison natale.
J'aime beaucoup ce passage dans votre billet. Il révèle un aspect très personnel de votre lecture.
Enregistrer un commentaire