mercredi 9 octobre 2019

Huit honorables magiciens


Barry Hughart - Huit honorables magiciens - Denoël Lunes d’encre







Maitre Li et son acolyte Bœuf Numéro 10 - employé selon les circonstances comme secrétaire ou poney express - assistent à Pékin à l’exécution d’un condamné, quand l’œuvre du bourreau est gâchée par le déboulé de pilleurs de tombes poursuivis par une goule. Celle-ci n’a pas appréciée d’être interrompue dans son repas, en l’occurrence le crâne d’un mandarin. L’examen de la dépouille de l’honorable Ma Touan Lin (enfin ce qu’il en reste) incite les deux détectives à investiguer au cœur de la Cité interdite. Là ils découvrent que le défunt se livrait à des opérations de contrebande mais pire avait trouvé le moyen de réveiller huit anciens démons. Démonter le trafic, identifier les complices et stopper des créatures infernales rien d’insurmontable cependant pour l’implacable Maitre Li.


Deux nouveaux personnages assistent nos héros dans leur entreprise, un marionnettiste et sa fille une chamane qui ne laisse pas insensible Bœuf Numéro 10. Le plus insensé de tous ces protagonistes est Tou l’Hôtelier de Sixième Rang un assassin dont la conversation se résume à des recettes de cuisine. De cuisine il sera d’ailleurs beaucoup question à l’instant de faire disparaitre un cadavre encombrant au chapitre 11.


Le défaut de cet ouvrage, pourtant le meilleur du cycle pour moi, réside dans la difficulté de s’arracher de la contemplation de la couverture, une merveille extraite d’une fresque de l’époque Sung. Le texte mêle comme d’habitude - quoique toute l’œuvre de Barry Hughart semble édifiée à contre-courant de ce mot - progression de l’intrigue et délire verbal. On en oublierait presque l’érudition de l’auteur, qui cite le Livre des odes et ressuscite une vieille maxime du poète Li Ho (ou Li He) : « Si les Cieux avaient des sentiments, les Cieux aussi vieilliraient ». Hommage au travail de traduction de Patrick Marcel.

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Dépaysant! Belle surprise que ce dernier volet.

Soleilvert a dit…

oui
"Si les Cieux avaient des sentiments, les Cieux aussi vieilliraient"

Je ne pensais pas que ce serait si vrai

Ed a dit…

"Le défaut de cet ouvrage, pourtant le meilleur du cycle pour moi, réside dans la difficulté de s’arracher de la contemplation de la couverture"

Ahah excellent ! C'es la première fois que je lis une critique pareille, mais je comprends. Cette couverture a l'air magnifique.

Soleilvert a dit…

Content de te lire !
C'est vrai qu'on n'imagine pas une discussion sur la couverture de la dernière édition du Père Goriot. Mais dans les littératures dites imaginaires, c'est un élément marketing à ne pas négliger.

Anonyme a dit…

Ne jamais se fier aux couvertures souvent trompeuses, j'en ai fait l'amère expérience.

Manu a dit…

Oui mais ça n'est valable que pour l'édition grand format chez Lunes d'encre, je n'ai hélas que les éditions Folio SF des romans de B.H. et leurs couvertures sont, comment dire, d'un style résolument moins contemplatif.