dimanche 19 mai 2019

Autorité


Jeff Vandermeer - Autorité - Le livre de poche






Après l’échec de la douzième équipe et la disparition de la psychologue et responsable de l’expédition, John Rodriguez hérite de la direction du Rempart Sud. Ce terme désigne à la fois le bâtiment en forme de U et le personnel scientifique chargé d’étudier et de résoudre le mystère de la zone X, un territoire étrange et mystérieux apparu il y a une trentaine d’années. Les tentatives d’intrusions se sont toutes très mal terminées : les volontaires disparaissent ou reviennent atteints de profondes altérations mentales. Les artefacts ou images récupérés ne font qu’approfondir le mystère. La typologie des lieux, en bordure de mer, en témoigne :  au milieu d’un biotope banal surgissent une tour, ou plutôt une excavation souterraine et un phare …



Dans ce deuxième volet d’une trilogie dont les titres Annihilation, Autorité, Acceptation évoquent les étapes d’une courbe de deuil, Jeff Vandermeer enferme le lecteur dans les sombres espaces du Rempart Sud. Exit le récit d’exploration précédent. John Rodriguez dès lors désigné par l’impersonnel patronyme de Control se retrouve prisonnier d’un huis clos où lassitude des uns et paranoïa des autres forment un cocktail morbide de déréliction et de déliquescence encore accru par le vieillissement des lieux. L’hostilité de la directrice adjointe cramponnée au souvenir de son ancienne patronne comme la Miss Danvers de Manderley n’est qu’un des soucis de Rodriguez au même titre que La Voix, son anonyme référent hiérarchique de Centrale, ou une mère impersonnelle et toute puissante à qui il doit l’attribution de ce poste, sans compter les silences de la biologiste rescapée.



Autorité se lit comme le récit de l’engluement d’un personnage dans un nid de coucou. Rempart Sud évoque à sa manière un établissement psychiatrique dont les pensionnaires seraient les abonnés absents de la zone du réel. Saisi par ce texte étrange et envoutant le lecteur tâtonne lui aussi avant l’accélération des cent dernières pages. Mais il faudra se procurer Acceptation pour espérer dénouer tous les fils.

5 commentaires:

Anonyme a dit…

2ème volet un peu raté selon moi, plus genre policier que SF,mais cela n'engage que moi.

Ed a dit…

Trop barré pour moi, même si tu en parles très bien :)

Soleilvert a dit…

C'est effectivement barré, l'essentiel c'est que ça ne dépasse pas les 300 et quelques pages … :)

Manu a dit…

Tiens, ça me rappelle que j'ai un Vandermeer dans ma bibliothèque que je n'ai jamais lu (La cité des saints et des fous). Faudrait peut-être que je m'y mette.

Soleilvert a dit…

A bientôt pour Acceptation