jeudi 27 juillet 2023

Six récits au fil inconstant des jours

Shen Fu - Six récits au fil inconstant des jours - Libretto

 

 

Sensibilisé par une recension très favorable du site Blogger in fabula et me remémorant quelques belles incursions récentes en littérature chinoise, j’ai plongé à mon tour dans cette autobiographie d’un lettré originaire de Suzhou qui vécut entre 1763 et 1825 et occupa de façon intermittente des emplois administratifs dans diverses préfectures ou sous-préfectures. La quatrième de couverture semble assimiler Suzhou et Changzhou, mais il semble bien qu’il s’agisse de la première, une ville parcourue de canaux et présentée par mon guide d’alors en 1998, comme une Venise chinoise où un Gand extrême-oriental. Aujourd’hui ses berges se sont embellies à la faveur de l’emballement touristique et du boom économique de l’Empire du Milieu. Elle conserve ses anciennes maisons de mandarins dotées de jardins magnifiques et cet ensemble fait écho aux fleurs, aux arbres, aux paysages évoqués par Shen Fu dans son ouvrage.

 

Des six récits d’origine, nous sont parvenus les quatre premiers publiés en 1877. Le premier relate les souvenirs heureux d’une vie conjugale, le second les souvenirs non moins exquis d’une existence oisive, le troisième le temps des épreuves et le quatrième les errances au fil des diverses affectation administratives de Shen Fu. La perte des derniers écrits attriste car elle prive le lecteur des ultimes réflexions d’un être délicat et courageux qui affronta courageusement son Destin. Ce qui nous est parvenu contente amplement et nous conforte dans l’idée que l’esprit traverse le Temps et la distance. Ecoutons Li Bai, son poète préféré suggérer comme Calderón de la Barca que la vie est un songe ou l’auteur reprendre les mots de Rutebeuf pour évoquer les amis dispersés par le vent. Au début du chapitre 3, il écrit que ses malheurs sont venus de sa disposition à suivre les élans de son cœur, à respecter la parole donnée et à s’exprimer sans détours, reprenant pratiquement les propos d’un promeneur solitaire nommé Jean-Jacques Rousseau, son quasi contemporain à l’autre bout de la Terre. Leurs quêtes du bonheur pourraient faire l’objet d’une étude comparée.

 

Le succès de l’ouvrage tient d’abord au sens de l’observation. Dans son enfance, se tenant à plat ventre, Shen Fu aimait observer les déambulations des insectes dans les herbes du jardin paternel, les comparant à des animaux fantastiques évoluant dans des forêts imaginaires. Plus tard, il relate son quotidien avec un œil d’entomologiste, se mettant à hauteur de son sujet. Nous découvrons la structure patriarcale d’une famille chinoise sous la dynastie Qing, leurs us et coutumes, les codes régissant le vivre-ensemble. L’humilité de l’écrivain n’est pas une posture scientifique, mais une attitude morale. Elle éclate dans le magnifique et tragique portrait de sa femme Yun. Au sein d’une société qui condamne la gent féminine au silence, à l’ignorance et au concubinage, Shen Fu traite avec le plus grand respect son épouse, l’associe à ses jeux littéraires et floraux. Il l’aime passionnément tout simplement. Le couple tente de survivre tant bien que mal à la pauvreté, un sujet que l’auteur évoque avec pudeur, ne serait-ce qu’au travers de leurs multiples déménagements. A aucun moment, l’intensité de leur relation amoureuse n’en est affectée. La quatrième et longue partie rompt avec la tonalité intime des trois précédentes pour relater les différentes excursions effectuées par l'écrivain à l'occasion de ses multiples emplois. L'observation s'y joint à l'érudition et les précieuses notes de fin de volume ne sont pas de trop pour guider le profane dans ce voyage à travers l'Empire chinois où chaque halte recèle la trace d'un évènement historique, la résurgence d'une légende ou le souvenir d'un poète.


Oui, Shen Fu dans Six récits au fil inconstant des jours atteint à l’Universel, non seulement par le cœur mais en cumulant - et c'est la dernière surprise - en un court volume, différents modes narratifs : roman intime, chronique sociale, récit d'exploration. Je n’ai pas qualité pour évaluer la traduction de Simon Leys mais sa langue est somptueuse.


78 commentaires:

Anonyme a dit…

Compte-rendu qui donne vraiment envie de lire ce lettré. Continuez sur les chemins qui sont votres! MC.

Christiane a dit…

Quelle beauté cette présentation, esquissant votre voyage en Chine en 1998. Vous donnez de belles pistes littéraires dont celle "d'un promeneur solitaire nommé Jean-Jacques Rousseau."
A la vôtre j'associe celle de Simon Leys.
J'en aimé le final :
"L'univers traditionnel évoqué par Shen Fu est peut-être en train de disparaitre pour jamais. Mais même si ce monde ancien devait totalement s'effacer de la vie, pour nous, Shen Fu n'en restera pas moins un compagnon infiniment cher et proche de l'incertain voyage de notre existence, car il détient un secret dont nous avons besoin aujourd'hui comme jamais - le don de poésie, lequel n'est pas le privilège de quelques prophètes élus, mais l'humble apanage de tous ceux qui savent découvrir, au fil inconstant des jours, le long courage de vivre et la saveur fugitive de l'instant."

Je commencerai la lecture du roman, demain.
Merci, Soleil vert, pour toutes ces découvertes surtout accompagnées de ces profondes présentations.

Christiane a dit…

Je ne sais pour quelles raisons ce roman autobiographique de Shen Fu est tellement en harmonie avec cette pluie généreuse, silencieuse et lente qui tombe sur les toits en zinc de ma ville. J'aime le bruit humble de cette pluie. Elle crée un embu d'encre de chine sur le paysage et me voici entrant dans ce récit sans emphase, étonnamment simple et réaliste. Il est inouï de penser que ces mots ont été écrits il y a si longtemps...
Une belle suite au roman graphique de Jirô Taniguchi.
Lenteur et denuement, une présence fragile.
Entrer dans ce livre de Shen Fu c'est comme suivre un sentier propice à la rêverie. Shen Fu semble écrire dans le silence et la solitude. Des les premières lignes il plonge ses mots dans le passager, le périssable citant Su Dongpo : "Il en va des choses humaines comme des rêves au printemps, qui s'évanouissent sans laisser de traces."
Ce récit d'une vie se construit dans l'effacement du moi. Son regard se porte sur sa jeune épouse avec la pudeur d'un tableau flamand. Je pense à "La jeune fille à la perle".
Déjà, elle est hors d'atteinte. Elle se dérobe pour une approche spirituelle.
La disposition des lointains est neutralisée dans ce monde translucide. La douce oscillation des mots, leur affleurement créent une attente contemplative du lecteur. En lisant, nous marchons avec lui. Il nous entretient de son jardin, soulevant chaque pierre des heures heureuses ou mélancoliques. Étonnement d'entrer dans ce souffle. Ce monde n'est ni beau ni laid. Il est au-delà des brumes quand Shen Fu lève son pinceau pour penser à sa vie.


Soleil vert a dit…

Merci à tous deux

Christiane a dit…

Je voyageais dans les liens de votre blog. Les cultures chinoise et japonaise y tiennent une belle place.
Beaucoup de livres présentes aussi.
Y a-t-il un Journal de voyage en Chine comme celui consultable, ici, du Japon ?
Pourriez-vous lister tous les ouvrages de littérature chinoise que vous avez chroniqués . J'en ai connu quelques unes de ces belles chroniques et lu certains de ces romans.
Ce n'est pas urgent.

Soleil vert a dit…

Ouvrages chinois non SF
Shen Fu - Six récits au fil inconstant des jours - Libretto
Eileen Chang - La cangue d’or - Bleu de Chine
Wang Anyi - Le Chant des regrets éternels - Picquier Poche

Ouvrages non chinois se déroulant en Chine :
- trilogie de Barry Hughart
https://soleilgreen.blogspot.com/search?q=Barry+Hughart

-Taras Grescoe - Shanghai la Magnifique - Les éditions Noir sur Blanc

Christiane a dit…

Ô merci.
Je me souviens du beau livre d'Eileen Chang - La cangue d’or - (Bleu de Chine) mais à vrai dire je connais mieux la peinture chinoise que la littérature chinoise.
J'aime les grands rouleaux représentant des paysages émergeant de la brume. Souvent des montagnes, des rochers avec ces petits personnages en contemplation devant le paysage.La peinture de ces lettrés célèbre aussi les plantes, leur grâce : le bambou, les fleurs de prunus et les lotus dont les corolles mi-closes semblent flotter sur les étangs, peintures si proches de la calligraphie. Eux aussi aiment l'humilité comme Shen Fu.
La beauté donc mais à la façon dont Bergson la définit : " Le degré suprême de la beauté est la grâce, mais par le mot grâce, on entend aussi la bonté qui en est le garant."
Et justement, plus j'avance dans le récit de Shen Fu, plus je suis sensible à la délicatesse avec laquelle il peint son couple.

Christiane a dit…

Les trois ouvrages de Barry Hughart sont attirants. Belles chroniques et superbes couvertures.

Christiane a dit…

"La quatrième de couverture semble assimiler Suzhou et Changzhou, mais il semble bien qu’il s’agisse de la première, une ville parcourue de canaux et présentée par mon guide d’alors en 1998, comme une Venise chinoise où un Gand extrême-oriental. ".
Evoquerez-vous ce voyage ?

Christiane a dit…

Pourquoi ai-je évoqué la peinture chinoise de l'époque, la beauté des rouleaux, des paysages, des plantes, des bambous, des lotus, des herbes folles, des hérons, des rocailles. .. pour maintenant entrer dans le chapitre II ("Souvenirs exquis : les heures oisives") où Shen Fu évoque magnifiquement l'art du bouquet, du bonsaï , du jardin miniature ?
Je crois qu'il laisse des pistes qui conduisent le lecteur vers lui, ses préoccupations. Il est le pêcheur patient et le lecteur devient le poisson. La rivière est le livre et lui est le petit personnage solitaire qui contemplant le paysage devient le paysage. C'est fascinant...
"Arrivé à l'âge adulte, je développai une véritable passion pour les fleurs et la culture des arbres en miniature. (...) donner de la densité aux vides en matérialisant l'irréel ; ouvrir les espaces denses en irrealisant le réel ; alterner le mystère et l'évidence,. (...) Je suspendis ce jardin en miniature devant la fenêtre, sous la corniche ; et Yun et moi ne nous lassions pas de l'explorer."
C'est un très beau récit plein de beauté, éclairant l'âge adulte par lenfance.

Christiane a dit…

C'est très drôle , le chapitre se termine ainsi :
"Mon ami Lu Banfang (...) peignait fort bien, spécialement des pins, des cyprès, pruniers et chrysanthèmes ; il pratiquait également la calligraphie dans le style de chancellerie des Han.(...) A cette époque, j'étais fort lié avec plusieurs peintres (...) Yuan Shaoyu, prénommé Pei, qui était un bon peintre de paysage, et Wang Xinglan, prénommé Yan, qui était spécialisé dans la peinture de fleurs et d'oiseaux ; ils venaient souvent chez nous avec leur matériel de peinture (...), et c'est à leur contact que je me mis moi-même à la pratique de la peinture ."


Je suis bien dans la lecture de ce livre, vraiment bien.

Christiane a dit…

Rose et Bloom, sur la RdL ,évoquent François Cheng et sa fille Anne (Conférence aux Bernardins sur le thème "La Chine est-elle encore une civilisation ?"
C'est une grande joie due à l'annonce de votre chronique du livre de Shen Fu, Soleil vert. Et JJJ vous a laissé un très beau message.

Christiane a dit…

Comme le roman devient triste et oppressant... Que d'épreuves et quel carcan que cette famille traditionnelle...

Anonyme a dit…

Un roman d’ epreuves comme l un Bildungsroman à la Chinoise?

Christiane a dit…

Roman de formation ? Oui, à cause d'une sorte de répétition dans la malchance, le malheur. Un mouvement de vagues alternant maladie et rémissions, espoirs et désespoirs, douleur et douceur.
Mais la mort est mise en échec par la promesse qu'ils se sont faite : se retrouver et continuer au-delà des épreuves d'ici-bas. au-delà du rien... de ce cri muet, la métamorphose, peut-être, de la nuit en lumière.
Le narrateur est étrangement docile, accordé à ce mouvement tout en luttant jusqu'à l'épuisement pour trouver l'argent qui leur manque et les plonge dans la pauvreté, la faim, le froid. Misère et précarité qui ne peuvent anéantir cet amour fidèle, enfoui puis retrouvé comme le bien, la beauté, tout ce qui semblait perdu.
L'univers n'est pas obligé d'être beau, l'aventure de la vie est là ... un éternel présent dans chaque brin d'herbe, oiseau ou leur petit jardin miniature.
On avance dans le pays des âmes après être passé par la grande épreuve de la souffrance et de la mort.
Mais je ne suis qu'à la fin du troisième chapitre...

Christiane a dit…

Eh bien , non. Les trois derniers récits éclairent le passé du narrateur et sont riches en observation sur la vie traditionnelle en Chine.
Le troisième chapitre se termine donc par les rites accompagnant le départ du défunt au pays des ombres. Et c'est très beau mais le poète s'arrête sur l'inconsistance des choses, leur fugacité. Le désir qu'il a de se retirer dans un ermitage après la mort de son épouse tant aimée. Projet qu'il ne mènera peut-être pas à une concrétisation car ses amis lui rappellent qu'il a deux grands enfants qui ont encore besoin de lui.
Les notes nombreuses de Simon Leys sont passionnantes et ouvrent en détail aux us et coutumes de la Chine ancienne, aux croyances, à la philosophie, à lart.
J'ai bien envie, maintenant, d'écouter la conférence mise en ligne par Bloom ou Anne Cheng répond à la question redoutable : "La Chine est-elle encore une civilisation ?"

Christiane a dit…

Bloom dit: à
sa douceur, sa courtoisie !

Sa fille.
https://www.youtube.com/watch?v=K8N-lAMU4cA

Christiane a dit…

Passionnante. Merci à Bloom

Christiane a dit…

"Nos joies sont fugaces et la vie n’est qu’un songe au fil inconstant des jours” : ce vers de Li Bai, poète du VIIIe siècle, auquel le titre fait allusion, résume l’état d'esprit de ces six récits.

Christiane a dit…

Les deux derniers récits ajoutés aux quatre premiers sont apocryphes, signale l'éditeur.

Christiane a dit…


Simon Leys et Pierre Ryckmans sont donc la même personne. !

"Pierre Ryckmans commence sa carrière de sinologue par des traductions et des recherches sur la peinture chinoise en particulier avec sa thèse sur l'oeuvre de Shitao : Propos sur la peinture du moine Citrouille-amère. Contribution à l'étude terminologique des théories chinoises de la peinture (1970). Pour son ouvrage La Vie et l'œuvre de Su Renshan, rebelle, peintre et fou, 1814-1849 (1970), il reçoit le prix Stanislas Julien de l'Académie des inscriptions et belles-lettres.

Par ailleurs, sous le pseudonyme de Simon Leys, il fut l'un des premiers intellectuels à dénoncer la révolution culturelle chinoise et la maolâtrie en Occident en publiant sa trilogie Les Habits neufs du président Mao (1971).(...)"

Christiane a dit…

Pour en savoir plus :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Simon_Leys

Christiane a dit…


Ou, d'une façon plus approfondie :

https://www.persee.fr/doc/etchi_0755-5857_2015_num_34_1_1531

Christiane a dit…

Simon Leys s’appelle en réalité Pierre Ryckmans. Dans une interview du 9 avril 1998 pour Libération, il s’en explique :
« Il me fallait un pseudonyme qui n’ait pas l’air d’un pseudonyme pour la masse des lecteurs, tout en étant une sorte de clin d’oeil à l’adresse des initiés. Dans le roman de Segalen, René Leys, le personnage qui donne son nom au livre est un jeune Belge établi à Pékin, dont le narrateur ne parvient pas à établir s’il a un accès privilégié aux secrets de la Cité interdite — ou si ce n’est qu’un fieffé menteur. (A l’époque, le livre était épuisé depuis un demi-siècle et connu seulement d’un petit nombre d’amateurs.) Et Simon, parce que Simon = Pierre. »

Christiane a dit…

C'était en 2014, à la Pinacothèque de Paris, une superbe exposition : "Chu Teh-Chun, les chemins de l'abstraction". Quelle beauté !

Chu Teh-Chun est naît en 1920 à Baitou Zhen (province du Jiangsu). Son père et son grand-père lui transmettent une passion : la peinture traditionnelle chinoise dont celle de Wang Wei, peintre de la dynastie des Tang.
Puis il trouve le chemin de l'abstraction à l'école des beaux-arts de Hangzhou. En 1937, à cause de la guerre sino-japonaise, l'école doit s'exiler à 4000 kilomètres jusqu'à Chongqing, la capitale repliée de la Chine....
Un parcours mouvementé jusqu'à l'année 1950 où guerre civile et incertitudes politiques le conduisent à partir à Paris, destination rêvée pour cet artiste de l'empire du Milieu !
( La conférence d'Anne Cheng explique bien ces grands bouleversements). Il s'inscrit à la Grande Chaumière, visite le Louvre, part à Madrid découvrir l'œuvre du Greco... Et subit un choc, en 1956, au musée d'Art moderne de Paris face à la grande exposition Nicolas de Staël...
En 2014 je découvre ses grandes toiles somptueuses. Telluriques, cosmiques. Lumineuses et obscures. Formes et non-formes.
D'immenses plans colorés où l'on peut imaginer des pics, des ciels tumultueux, des brumes.
C'est un grand coloriste qui utilise très peu de couleurs mais la magie de ses transparences, ses mélanges et juxtapositions opèrent. Rouges ardents, jaunes d'or, bleus profonds ou variations de gris et de beiges. Certaines toiles sont monochromes.
Un silence, une atmosphère poétique.

C'est aussi en 2014 que Simon Leys/Pierre Ryckmans est mort.
Et c'est par lui que je découvre les admirables récits autobiographiques de Shen Fu : "Six récits au fil inconstant des jours".

Merci ,Soleil vert, de me permettre de relier ce qui devait l'être.

Christiane a dit…

Sur Public sénat, un très bel épisode de Rembob'INA. Joseph Kessel avait découvert. l'Afghanistan en1950 et ce voyage fut à l'origine de son grand roman, "Les Cavaliers". Au moment de sa parution, en mai 1967 une équipe de télévision va à sa rencontre...



Anonyme a dit…

On pourrait presque dire qu’avec le pseudonyme de Simon , Pierre, a la place de Rene, renaît Leys! MC

Christiane a dit…

Oui, cette histoire de pseudo comme une ..."renaissance".. belle suggestion que la votret.
L'ignorant , je cherchais Leys là où on me répondait Ryckmans.
Étrange glissement de personnalité explicable par un voyage en Chine imminent et le bruit qui l'aurait précédé dû à des déclarations sur les dégâts du maoïsme . C'était un homme de conviction, épris de la civilisation chinoise qui avait précédent la révolution culturelle et des livres de Segalen..

Christiane a dit…

la vôtre

Christiane a dit…

Un petit clin d'œil à René Leys...

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Leys

Christiane a dit…


Pour continuer à marcher sur ce chemin d'encre...

https://atelier-bernardnoel.com/zao-wou-ki-desirs-despace/

Christiane a dit…

"Que nous apprend finalement ce «travail de grand silence» en peinture, comme le dit Bernard Noël ? Que cette œuvre, dans un dialogue subtil entre l’Orient et l’Occident, nous place devant ce vide «rien que le désir / ou plus exactement la pensée / de peindre». Nous voilà donc, face à «la vie mouvante / soudain au bout du pinceau».
Jérôme Duwa, «Zao Wou-Ki : l’espace est silence»

Anonyme a dit…

Zao Wou Ki. Je vous l’ai peut-être dit, mais je l’ai croisé au sortir d’un vernissage mondain ou il n’y avait rien à voir, dédicaçant en solitaire un livre dans une Galerie voisine. Je l’ai reconnu, me suis plié au rite, ai été accueilli de manière charmante, et suis reparti sans lui avoir dit que ma Bibliothèque possédait tous les volumes sur lui antérieurement publiés !’ Je pensais le revoir, et ne l’ai plus revu. MC

Christiane a dit…

Vernissage mondain... Le lieu où il ne faut pas attendre le silence et la sérénité propice à un échange profond comme celui que vous aviez tant aimé avec Kiyoshi Nakagami.
Toute cette diaspora de grands créateurs est tellement nécessaire à la beauté de la vie.
Mais je suis interrogative. Si le livre autobiographique de Shen Fu est d'une rare beauté poétique, il décrit un monde de coutumes familiales et sociétales tellement oppressant. La vie de ce couple est pétrie de douleurs.
Je pense à la Chine d'aujourd'hui qui malgré l'étonnante richesse de son passé (arts et poésie) se heurte à un monde tellement oppressant politiquement. Mais le passé des concubines ne donne aux soieries que le visage de la domination masculine
Hors de la tenaille de l'Histoire, l'art sur les ailes de la poésie nous offre encore tant de joies profondes.
J'ai refermé ce beau livre triste et retourne à l'émerveillement de l'enfant à plat ventre dans l'herbe. Cet âge où tout est encore un monde flottant.
Retour par la pensée à L'homme qui marche de Taniguchi... Le silence au sein du bruit est plus profond que le bruit....

Christiane a dit…

Joie de découvrir un autre partage, celui d'un livre en lisant Janssen J-J sur la RdL où il écrit :
"Au mythe d’Enée et d’Anchise, j’ai toujours préféré l’Oedipe sur la route, d’Henri Bauchau, qui les yeux crevés, appuyé sur les bras d’Antigone, s’exila à Colone. Quant à l’admirable figure d’Antigone, du même auteur, nul n’a mieux dépeint que lui les affres effroyables et lumineuses que la psychanalyse freudienne lui fit traverser avec son père."

Christiane a dit…

https://www.liberation.fr/livres/2018/05/30/franck-courtes-prend-ses-declics-et-ses-claques_1655424/

La corde sensible de Passou, sa passion : la photographie et les photographes dont son ami Henri Cartier Bresson, l'oeil dor. Un magnifique livre à la clé.
Cet article est très beau.

Anonyme a dit…

Une autre rencontre au Café Beaubourg, après un vernissage ou je n’étais pas. HCB envoya promener l’état major de la Galerie, et, royal , ne me parla que de goûts et de sensibilité litteraire. On évoqua Gide, qui avait fait selon sa famille « beaucoup de peine à sa tante », et en effet, Pierre Assouline m’ a dit que les deux familles étaient alliées . De Ramuz, dont je ne m’attendais certes pas à m’entendre répondre : « je l’ai bien connu, c’était un esprit d’une rare finesse », etc. La carte de visite, donnée en fin d’entretien, devait élucider l’énigme de ce Monsieur Mystère qui connaissait tout le monde, et prenait devant moi des proportions abyssales…

Christiane a dit…

Que de beaux souvenirs... Comme des météores qui se croisent dans le temps d'une vie.

Christiane a dit…

https://www.bnf.fr/fr/mediatheque/pierre-assouline-raconte-henri-cartier-bresson

Christiane a dit…

C'est le plus beau temps de parole de Pierre Assouline.
Il va bien avec ce qui se dit sur cette page. La mémoire sans défaillance de deux compagnons.

Anonyme a dit…

Certes, et un photographe mondialement connu qui vous demande si vous faites une thèse ( j’avais un recueil de théâtre du XVIeme siècle, au vrai fort ennuyeux) et ne vous entretient que de ces goûts littéraires touchant un siècle de littérature, ce n’est pas mal non plus!

Christiane a dit…

Les deux témoignages se lient.

Christiane a dit…

Avec Shen Fu, Simon Leys, Taniguchi, Henri Bauchau... tant de recits, mais sans l’intervention des dieux. Rien que la brûlure du soleil, la poussière des chemins, la soif, la faim, la misère, l’épuisement, le doute.
Des errances initiatiques (Œdipe... Antigone...) où les récits alternent avec des moments de poésie dédiés à la nature, l'herbe, les insectes, les arbres, le vent, les nuages, les étoiles, l'eau des ruisseaux...
Et par vos souvenirs, MC, dont l'art, une de vos passions, vous nous entraînez sur les pas de Zao Wou-Ki et de Henri Cartier Bresson.
Et c'est le même temps où Pierre Assouline retient de ses présélections l'ouvrage de Frank Courtes, un photographe en rupture avec le métier où il excellait.
Autant d'hommes sur les chemins auprès de qui on reçoit plus qu'on ne donne.
Je comprends que vous ecriviez que cette rencontre fugitive prenait pour vous des proportions abyssales…

Christiane a dit…

"Quand l’un s’échappe pour venir à vous, il faut le prendre comme un signe. Le cas d’"A pied d’œuvre" de Franck Courtès, 182 pages bien ciselées chez Gallimard. L’histoire authentique d’un photographe, portraitiste à succès dans la presse tendance, qui renonce à cette vie là pour se consacrer à l’écriture. Sa passion de la littérature le mène à la vraie pauvreté. Il en vient à exercer ici ou là mille petits métiers d’appoint juste pour manger- pour une fois, l’expression est juste. Des travaux alimentaires. On pense à l’inoubliable "Journal d’un manœuvre" de Thierry Metz, lequel avait fini par se suicider. C’est de la même force. "
Pierre Assouline.

Christiane a dit…

De Thierry Metz, justement, ces quelques lignes d'un recueil que j'aime, "Terre".

"Ce silence
pour moi
sera ma leçon
et mon lit.
Car c'est ici qu'écrire m'attend - d'être plus ou moins ce que je suis, me hissant jusqu'à faire ce dont je suis capable. Je n'appréhende rien de plus extrême que de ne savoir vivre avec ce que j'ai, qui souvent me manque. (...)
Un arbre sans feuille.
La route indiscernable.
La trace perdue d'être ici.
Je me réchauffe autour des braises." (p.67)

Anonyme a dit…

Sur la photograph(i)e , on signale le Francesca Woodman de Bertrand Schaeffer, chez P.O.L. MC

Anonyme a dit…

( Faut-il s’y reprendre à trois fois pour publier un commentaire!)

Christiane a dit…

Merci, mais il y a ici une piste prioritaire celle de HBC. Je pensais que vous auriez eu plaisir à découvrir qui était cet homme que vous avez entrevu à la terrasse d'un café et qui vous a tant impressionné. Pour ma part cette parole de Pierre Assouline me paraît en lien avec de livre de Franck Courtes.
Si on commence à passer en revue tous les photographes célèbres on risque de s'éparpiller. Il y a ici une ligne directrice dans les dialogues à laquelle par une question sur F.Courtes, Soleil vert participe. Quel est le sens de ce retrait de Franck Courtes ?
La fin de la prise de parole de Pierre Assouline sur la mort de HBC et la photo qui l'accompagne est bouleversante.
Ceci dit je ne doute pas de la qualité des rencontres que vous avez pu faire, MC.

Christiane a dit…

La question de Soleil vert :
« A pied d’œuvre" de Franck Courtès .
L’écriture donc c’est la voie érémitique ?

Christiane a dit…

Un dernier texte pour relier ces créateurs. Il est de J.M.G. Le Clezio dans cet essai discursif , "L'extase matérielle" ( Gallimard). page 228.
"Silence, rien, immobilité, voici donc les mots de l'impossible. Voici peut-être les seuls abîmes qui n'existent pas pour l'homme. Tout bouge. Tout est. Tout bruit. Il ne peut pas y avoir de calme, comme il ne peut pas y avoir rien. Tout est présent et ne disparaît pas. Tout change, tout se compose, tout vit et meurt, mais c'est en restant pareil. Ce qui est opposé à tout sans l'être vraiment, ce qui plutôt se rejette en arrière et n'est pas réductible, n'est pas modifiable, reste pur, constant, magique, c'est la force de ce qui est. "

Anonyme a dit…

Oh, c’est simplement parce que je ne connais rien de Francesca Woodman, qui ne vous a peut-être pas échappé. Pour le reste, beaucoup de temps passe dans les Bios d’époque des Saintes Dames du début du dix septième siècle, ou je ne défends pas de voir comme un lointain début de SF! Bien à vous. MC

Christiane a dit…

Vous êtes un rêveur, MC. J'aime beaucoup vous lire mais Soleil vert a l'accueil patient et cela me permet de construire une pensée en associant livres films, oeuvres d'art, musiques. Comme un immense puzzle même si cela n'a qu'un intérêt dérisoire pour d'autres mais j'ai besoin de tisser une toile mentale à partir de ces cadeaux que sont les paroles des uns et des autres.
Francesca Woodman, j'ai vu ses travaux, au Jeu de Paume. Très intéressante.
Bonne soirée avec vos ventes dames du temps passé.

Christiane a dit…

Ou plutôt à la fondation Cartier Bresson en 2016 sur le thème de l'ange.

Christiane a dit…

C'était intéressant mais très étrange. Elle mettait en scène son corps nu dans un intérieur plutôt délabré. Le corps disparaissait, reapparaissait dans un jeu de cache-cache avec les objets, les murs, les portes, des pans de papier,des cordes. Parfois c'était très proche d'un emprisonnement, sur d'autres photographies il était diaphane comme prêt à s'envoler. Un ange un peu perturbé...

Christiane a dit…

Ce que j'avais préféré : la grande salle lumineuse en haut de l'escalier. Des photos de Martine Franck. Et d'Henri Cartier Bresson, son Leica dans une vitrine, une pensée d'HCB que Pierre Assouline a repris dans son livre sur l'instant
Mais aussi en redescendant, par les oculus une vue sur une cour d'école où jouaient des enfants.
J'ai acheté le dépliant de Francesca Woodman en accordéon. Photos format carte postale. J'aimais la présentation.
Puis la fondation a déménagé. J'ai regretté ce lieu plein de poésie.

Christiane a dit…

La pensée d'Henri Cartier Bresson lue dans la salle du haut de la fondation Cartier en 2016 figure à la fin du si beau livre de Pierre Assouline, "Cartier-Bresson L'œil du siècle".
La voici :
"Le temps court et s'écoule et notre mort seule arrive à le rattraper.
La photographie est un couperet qui, dans l'éternité, saisit l'instant qui l'a éblouie."

Christiane a dit…

Fixer l'éternité dans l'instant... C'est également ce que j'ai ressenti en m'attardant devant les rares encres sur papier de Zao Wou-Ki réalisées dans les années 1980, elles révèlent la dimension "chinoise" de ce grand peintre.
Rapidité de l'exécution, produites à l'horizontale contrairement aux grandes toiles et panneaux.
Je me trouvais à nouveau face au dialogue du plein et du vide, du noir de l'encre et du blanc du papier . Elles semblaient suivre la pensée du peintre. Peut-être un souvenir des lointaines années, de la Chine qu'il avait quittée en 1948, de l'enfance où on apprenait à écrire avec le pinceau. La calligraphie.... La main qui peint ne repose pas sur la feuille et ceci exige une grande souplesse du poignet. Un unique trait de pinceau qui ne tolère aucun repentir. Parfois un lavis plus ou moins dilué dialogue avec ces encres noires.
C'était dans la dernière salle de l'exposition au musée d'Art moderne, la traversée des apparences, "L'espace est silence".
J'ai pensé alors à l'écriture
réinventée du poète Henri Michaux. Une écriture d'encre faite de signes illisibles. Dépôt léger. Traces du vent. Cendres d'ailes d'un ange foudroyé. Combat solitaire...
Le contraste était étonnant avec les toiles somptueuses exposées dans les salles précédentes. J'ai encore dans la tête l'immense tryptique intitulé "Hommage à Claude Monet" ou "Le vent pousse la mer". Peintures qui suscitent la contemplation devant la complexité des champs colorés jouant des transparences, des superpositions. Lumière captive de l'obscur. Grandes toiles cosmiques, telluriques, puissantes mais aussi douces et apaisées .Est-ce cela l'abstraction lyrique ?

Anonyme a dit…

«  le temps qui s’écoule ». Il m’ a parlé au début des Bibliotheques comme quelque chose de mortuaire. Je ne sais pas si c’est être rêveur que de prendre des notes pour domestiquer une biographie de 500 pages! C’est chronophage, oui. MC

Christiane a dit…

Mais votre rapport à ces recherches, votre goût pour l'art, les grandes voix de l'opéra, la science-fiction, n'est-ce pas une matière de rêve rejoignant l'imaginaire d'un gamin qui lisait dans son grenier Gaston Paris et tant d'exploits des temps passés ?

Christiane a dit…

Celui-ci je l'ai lu grâce à vous dans une vieille édition cartonnée. Un petit bijou où l'on trouvait un lexique en fin d'ouvrage.
"Contes Et Recits Extraits Des Poètes Et Prosateurs Du Moyen Age" - Gaston Paris (Hachette)

Christiane a dit…

Pour le plaisir :
Table :
Poésie épique
La chanson de Roland
Le retour de Guillaume d'Orange
La mort de Bégon de Belin
Le premier exploit d'Aïoul
L'initiation de Perceval
Jean de Paris
Contes et Fables
Les trois aveugles de Compiègne
La pêche d'Isengrin
Le partage de Renard
La couverture
Merlin Merlot
La sacoche perdue
Le chevalier au barillet
Le jugement du lion
Le singe, le lion et l'ours
Le conseil des souris
Le père, le fils et l'âne
Les trois compagnons
Le pot au lait
Histoire
La conquête de Constantinople
La bataille de Philippople
Blondel et le roi Richard
La méfiance du seigneur de Beyrouth
La bataille de Mansourah
Le dévouement des bourgeois de Calais
La mort du jeune Gaston de Foix
Vocabulaire explicatif

Ajouter une couverture défraîchie, des pages couvertes d'une légère rousseur... C'était dans une caisse au marché des livres anciens que vous connaissez bien !

Anonyme a dit…

La Chanson de Roland , je l’ai lue dans mon grenier au CP. Bien m’en a pris, un trahi par Ganelon laisse sur une très modeste copie d’Histoire a laissé des traces en ce temps là. Les trois Aveugles, croisés dans ma petite scolarite, et dans un vieux livre de lecture. De même les scènes du Renard. Pour être à la petite école , on nous traitait comme des grands !

Christiane a dit…

Ravie de vous avoir offert un voyage express dans votre enfance !

Anonyme a dit…

Merlin Merlot, oui. Pour les animaux, il doit s’agit d’ Isopets. Non. ( Isopet; curieuse manière qu’a le Moyen Âge de célébrer Esope! )Pour l’Histoire de Notre Dame la France, de St Louis aux Bourgeois de Calais, il y a sans doute un lien avec le programme d’ Histoire, mi-exempla mi-chronique, tel qu’on le concevait alors, mais je ne les ai pas lus alors. Ni Villehardouin, que j’abordai plus tard en dehors de tout contexte scolaire . Quant à Froissart, la découverte de ses maîtres successifs ( un Roi de France puis un Roi d’ Angleterre !) projette une ombre sérieuse sur son œuvre, dont je me tire en ne lisant que la version homologuée, qui n’est pas celle de la Société de L’ Histoire de France. Cette version a pour elle d’avoir été lue dans les Chateaux, ce n’est déjà pas mal! Pour le reste, non les articles ne sont pas sortis des lectures du Grenier. Je n’ai pas travaillé sur Roland, Andromaque, Athalie, ou les Méditations de Descartes.. Un peu sur le Cid et Nicomede, c’est vrai. Mais pas rigoureusement en tant que telles, puisque le sujet était beaucoup plus vaste.Et les mystiques de ces dernières d’années proviennent bien d’ un projet des Hautes études mené par JP Brach. Plus rien à voir avec le grenier, je le crains! Bien à vous. MC

Christiane a dit…

J'aime beaucoup le final "plus rien à voir avec le grenier, je le crains !"
Ce livre m'a fait vivre une grande mémoire de mes lectures d'enfance et de collège. On aime se souvenir de quels livres on vient.

Anonyme a dit…

Exact! Je vous avoue que je l’aurais bien pris s’il m’était tombé sous la main. Ça et la Morale de Monsieur Prévôt, ou Simon de Nantua, de Monsieur de Jussieu , un peu le grand père des livres de morale ….

Christiane a dit…

Vous êtes plein d'humour et de mémoire. Quelle culture !

Christiane a dit…

Délicatesse du nouveau billet de Paul Edel qui balance avec celui de Pierre Assouline. Qui sont-ils ces critiques littéraires à qui l'on confié les épreuves d'un manuscrit encore inconnu du public. Entre deux eaux dit-il.
J'aime cette hésitation avant d'entrer dans l'intime de ces pages avec la grande tentation de l'été qui rend le corps lourd et l'esprit paresseux. Ce trop de futurs livres possibles à découvrir. Cet enlisement des écritures lues en continu. Cette injustice peut-être de devoir choisir...
Cet appel à la fraîcheur d'une encre vive qui surprendra.
Quelle respiration rare qui nous donne un regard, une sensibilité. C'est très doux et la toile magnifiquement choisie. Juste ce tremblement de l'eau bleue sur un corps... Entre deux eaux. Magnifique.

Christiane a dit…

David Hockney et son obsession des piscines !

Christiane a dit…

Entre deux eaux...
C'est aussi la double approche de Paul Edel et de Pierre Assouline qui appartiennent à la fois au monde de la lecture (critique littéraire), participant au choix de livres soit pour des jurys soit pour la presse soit pour leur blog.
Romans pour l'un, romans et biographies pour l'autre.
Les romans peuvent se lire, relire, justement parce que ce n'est pas eux qui les ont écrits. C'est déjà là. Des textes finis.
L'écriture par contre propose quelque chose qui n'est pas encore fini.
Que ce soit une fiction ou une biographie. "Work in progress"...
Écrire une biographie, reconstituer l'itinéraire d'un homme ou d'une femme, qui a vécu mais n'est plus. Des vies achevées. Mémoire et recherches...
Dans le récit de fiction, tout est ouvert, tout reste à venir, à créer.Tout est engendré par l'imaginaire. Des récits où l'existence des personnages n'existe que pendant la lecture même s'ils hantent la mémoire du lecteur, le livre refermé.
Mais qu'est-ce qu'une fiction ? Parfois si proche du réel...
Morts ou vivants, personnages, auteurs et lecteurs se mêlent. Qu'ont-ils à voir avec le temps ?
Dans la vie seulement, les choses n'ont lieu qu'une fois. Vivre, c'est perdre...

Christiane a dit…

Quant à Soleil vert... Le premier commentaire de cette page, de MC, est presque une énigme :
"Compte-rendu qui donne vraiment envie de lire ce lettré. Continuez sur les chemins qui sont vôtres ! MC."

Donner envie de lire l'ouvrage présenté, ça c'est certain tant est belle cette chonique.
Quels sont donc les chemins qui sont les siens et pour quelles raisons MC lui demande-t-il de continuer à leur être fidèle ?
Sont-ils si évidents ?

La science-fiction ? oui, mais pas comme une évasion plutôt comme un retour angoissant au réel.
Et cette belle ouverture aussi aux autres chroniqueurs de romans de science-fiction, même aux films de science-fiction.

Ou encore ce vaste choix de grands romans et écrivains appartenant au domaine de la littérature hors science-fiction mais fiction quand même et sans frontières ?

Ou la poésie ? bien qu'appartenant par l'écriture à une période lointaine, elle mérite d'être lue. Mélancolique et musicale.
Elle est aussi présente dans beaucoup de romans présentés par Soleil vert.

Alors, quels chemins ?

Soleil vert, accompagné de ses chats, est un globe-trotter ! Une énigme... demeurant dans un temps suspendu, magique comme un mirage. Une trajectoire dans des chemins délicieusement tortueux. Une arborescence...
Insaisissable comme la beauté du monde.

Anonyme a dit…

A venir, un autre Kate Wilhelm et une petite surprise japonaise admirée par Paul Claudel

Anonyme a dit…

(SV)

Christiane a dit…

De quoi vivre une délicieuse attente...

Anonyme a dit…

« Continuez sur les chemins etc ». J’aurais peut-être dû écrire « la variété des chemins ». Bien à vous. MC , (toujours avec Madame Acarie.)

Anonyme a dit…

Mais la chose me semblait évidente!

Christiane a dit…

Cher MC,
mes chemins passent par des clairières où j'aime à me reposer en questionnant l'incertitude, l'ambiguïté du langage, l'adéquation des mots à la pensée. Tout est souvent interprétation.
Votre style est dans la concision et j'aime explorer tout cet espace laissé entre ou après les mots. Non pour vous contredire, seulement faire la clarté. Ici, nous avons le temps et en toute courtoisie.
Je suis heureuse de lire ce complément implicite.

Anonyme a dit…

Merci beaucoup . Cordialement. MC