samedi 7 décembre 2019

Bagdad, la grande évasion


Saad Z. Hossain - Bagdad, la grande évasion - Folio SF





Saad Z. Hossain est un auteur bangladais de langue anglaise. Il vit à Dhaka au Bangladesh. Romancier et journaliste il a publié trois romans. Le premier Bagdad, la grande évasion a été traduit en France aux éditions Agullon, un second Djinn City paru en 2017 devrait faire l’objet d’une traduction chez le même éditeur. Enfin, The Gurkha and the Lord of Tuesday a vu le jour chez Tor.com en 2019.


Bagdad 2004. La chute de Saddam Hussein a plongé la capitale de l’Irak dans le chaos. Sous le crépitement des armes de milices antagonistes, se joue une autre bataille, millénaire cette fois. Deux immortels natifs du VIIIe siècle, un Druze et le fameux médecin Avicenne, s’affrontent pour la détention d’une montre renfermant le secret de la longévité éternelle. Un chef religieux chiite vient se mêler à la lutte. D’autres protagonistes entrent bientôt involontairement dans la dance : un duo de tueurs pressé de quitter Bagdad pour récupérer le trésor de Tarek Aziz à Mossoul, et un sous-officier américain malin bien décidé à faire fructifier ses affaires dans la débâcle générale.


Roman surprenant ayant pour théâtre d’opération un conflit contemporain, Bagdad, la grande évasion se situe dans la tradition de la satire militaire popularisée au cinéma par MASH, Catch 22, De l’or pour les braves … et en littérature par Kurt Vonnegut ou Joe Haldeman. L’accumulation de figures ésotériques ou mythologiques - Les Furies, des Djinn, des alchimistes - incline le récit vers une fantasy urbaine façon Les voies d’Anubis ou Perdido Street Station.


Au milieu d’une assemblée de fous furieux ou d’opportunistes se détache le personnage de Dagr, ancien professeur d’histoire et victime collatérale par excellence :
« Vous alors, professeur, fit Avicenne en plissant les yeux. Je vous connais. Votre femme mourra sous mes coups.  J’ étranglerai votre fille et lui ôterai la vie à petit feu. Je tuerai vos amis et leurs amis. Croyez-vous que je n’ai pas fait pire durant mes longues années d’existence ?
Ma fille est morte, répliqua Dagr. Ma femme est morte. J'avais deux amis. L'un d'eux s'est fait sauter pour éliminer votre chien de garde. Hassan Salemi. (Dagr se mit à rire mais s'étouffa presque de douleur.) Vous ne prendrez rien. »


Ce récit, enlevé, drôle malgré tout, se lit d’une traite. Indirectement et sans pathos Hossain jette un œil sans concession sur l’espèce humaine. A recommander sans réserve, y compris les traditionnels remerciements assaisonnés ici au vinaigre.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Il est bien, hein ?

Yossarian

Soleilvert a dit…

Le Mozart du tison …
Un Audiard bangladais ?

En profite pour améliorer ma dernière phrase.