vendredi 12 février 2021

La neuvième maison

Leigh Bardugo - La neuvième maison - De Saxus

 

 


« Alex Stern vient d’intégrer Yale après une adolescence chaotique. Élevée par une mère hippie, elle a abandonné l’école jeune pour se retrouver dans un monde sombre peuplé de petits-amis dealers violents et de petits boulots sans avenir.
À 20 ans, elle est la seule survivante d’un horrible massacre inexpliqué et c’est sur son lit d’hôpital qu’elle se voit offrir une chance inouïe : intégrer la prestigieuse université de Yale. Mais pourquoi elle ?

Alors qu’elle cherche encore des réponses, elle est recrutée par une société secrète : Léthé, la Neuvième Maison, celle qui supervise huit autres maisons magiques. C’est dans celles-ci qu’évoluent les futurs décideurs et stars du futur, pratiquant la magie sous différentes formes, bien souvent sinistres et dangereuses.

Alex a été choisie car elle possède un pouvoir rare et mystérieux : elle peut voir les fantômes, les posséder et voler leurs pouvoirs. Alors que son mentor a disparu, elle va devoir enquêter sur le meurtre d’une jeune fille. Ce qu’elle va découvrir va bien au-delà de l’horreur… »

 

 

Leigh Bardugo est une écrivaine américaine auteure de fictions jeunesse, d’adaptations pour Detective Comics, d’essais. Bénéficiant de la reconnaissance publique et critique, elle opère en 2019 un tournant dans sa carrière en proposant avec La neuvième maison un roman fantastique adulte. L’intrigue se déroule dans l’austère et impressionnant décor de l’université de Yale. Le lecteur à la fois intrigué et inquiet est vite rassuré par un avertissement de contenu placardé très tôt : il y aura du sexe, de la violence et des gros mots. Eureka, Yale ne sera pas Poudlard !

 

« Je suis fatigué, et mon cœur refuse de se calmer. Mes yeux sont roses - pas le blanc : les iris. Quand Rogers m'a dit qu'on allait baiser comme des lapins, je ne pensais pas qu'il parlait de vrais lapins »

 

C’est donc parti pour un thriller de 500 pages conduit de main de maitre(sse ?) où horreur et humour font bon ménage, avec une accélération dans le dernier tiers. Elle-même diplômée de Yale, Bardugo introduit des éléments réels dans la narration tout en y ajoutant des ingrédients de son cru. Ainsi le campus, comme d’autres facultés américaines, abrite des sociétés secrètes. Réunissant des étudiants, elles constituent des réseaux d’influence qui au-delà de la constitution de carnets d’adresses bien utiles ultérieurement, cassent le jeu méritocratique au profit d’agrégats élitistes. On est loin du Cercle des poètes disparus ou des fraternités maçonniques. Skull & Bones dont l’emblème représente dit-on les dépouilles de Geronimo, accueillit jadis deux générations de Bush. Dans l’imaginaire de Leigh des haruspices complètent cette joyeuse assemblée où l’art divinatoire censé faciliter les prédictions économiques se pratique sur des humains vivants. Une autre société secrète la Wolf’s Head se concentre sur les rituels de métamorphose (voir les lapins plus haut), Scroll & Key ouvre des portails dans l’au-delà … Bref il est souvent question de magie et peu d’études.

 

Alex Stern repérée pour son aptitude à visualiser les Gris, c'est-à-dire des fantômes dont on craint qu’ils ne perturbent les activités des 8 Maisons, intègre la Neuvième, le Léthé, chargé de superviser ces inquiétantes confréries. Elle est rapidement confrontée à la disparition de son mentor Daniel Arlington et au meurtre d’une jeune femme. Armée d’une pugnacité affutée au contact de la rue elle bouscule le monde feutré et retord de Yale pour finaliser son enquête. Revers de la médaille elle subit nombre attaques, s’en tire à coups de poings et de rituels et acquiert sur le campus une réputation d’enfer. Il est vrai que combattre des invisibles en présence de témoins n’arrange rien.

 

Deux lignes temporelles, modestement nommées L’Automne précèdent (c’est à dire avant la disparition d’Arlington) et l’Hiver (après la disparition) rythment le récit. Un léger cliffhanger en fin de roman laisse supposer que les aventures de cette Buffy new-look ne sont pas terminées. En tout cas 500 pages pour 19,90 euros avec une traduction de Sébastien Guillot on en redemande malgré deux-trois coquilles. Il va falloir suivre attentivement les prochains textes de Leigh Bardugo

 

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Ce serait classé en littérature jeunesse? Il y a longtemps que je ne suis plus à la page.. Cependant vous défendez bien le roman .

Biancarelli.

Soleilvert a dit…

Bonjour,
La neuvième maison est un roman fantastique pour adulte.
Les précédents ouvrages de l'écrivaine étaient des romans jeunesse.
Bien à vous

SV