mercredi 11 novembre 2020

Villes nomades

 

James Blish - Villes nomades - Denoël - Présence du futur

 

 

XXXIIe siècle :  Le jeune Chris deFord se retrouve embarqué accidentellement dans la ville de Scranton. Comme d’autres cités, grâce à l’invention d’un dispositif antigravité, elle quitte la Terre dominée et appauvrie par une bureaucratie politique. Toutes vont chercher leur moyen de subsistance dans l’Univers en établissant des contrats industriels temporaires avec d’autres planètes. A l’intérieur de ces métropoles une sélection impitoyable sépare les « citoyens » c'est-à-dire la frange de population réputée employable des autres, qualifiés de « passagers ». Les premiers bénéficient d’un traitement de longévité accrue, les seconds s’épuisent dans les taches les plus pénibles. Le maire peu scrupuleux de Scranton noue un arrangement avec New-York en se délestant de quelques centaines d’indésirables dont le jeune Chris. Cela sera la chance du jeune homme.

 

Le deuxième volet du Cycle des villes nomades présente les caractéristiques d’un récit de science-fiction classique de 200 pages : personnages simplifiés, action coup de poing. Le concept initial ne manque pourtant pas d’originalité et appelle la métaphore. La croissance économique des pays occidentaux au XIXe siècle s’est bien accompagnée d’une migration de population des campagnes vers les villes. En quelque sorte elles ont bien décollé. L’idée d’une seconde révolution industrielle induite par la montée en puissance de l’intelligence artificielle séduit également. Mais dès que Blish, comme ses confrères de l'époque, aborde la sphère politique et sociale on frémit. Les individus dotés d’un QI inférieur à 150 (soit l’immense majorité de l’Humanité actuelle) sont ainsi relégués aux taches manuelles et écartés au profit d’une élite quasi-immortelle. Ville haute, ville basse, l’influence de Metropolis se fait encore sentir. Le jeune Chris lui, opte pour la débrouillardise finalement plus efficace que le bourrage de crâne éducatif des Pères de la Cité. Une tête bien faite vaut mieux qu'une tête bien pleine !

 

En dépit d’un intéressant postulat de départ, Villes nomades et son pitch digne d’un pulp restent très en dessous des standards établis par Herbert, Farmer, ou Banks. On notera la première apparition du maire John Amalfi.



2 commentaires:

Olivier a dit…

"En dépit d’un intéressant postulat de départ, Villes nomades et son pitch digne d’un pulp restent très en dessous des standards établis par Herbert, Farmer, ou Banks."

Il faut aussi dire que le cycle de Blish accuse son âge (d'or).
Il reflète ce qu'était la sf de l'époque, avec des ambitions plus limitées que celle des années 60-70 (Herbert, Farmer), et au-delà (Banks).

Soleilvert a dit…

C'est vrai, j'avais envie de le sortir de la naphtaline, en attendant la suite …
SV