Alastair Reynolds - Eversion - Le Bélial’/Le Livre de
Poche
« Dr. Chandra, Will I
Dream ? »
Silas Coade embarque à bord de la goélette
Demeter. Médecin de bord il intègre une équipe scientifique à
destination des côtes de Norvège à la recherche d’une anfractuosité repérée par
une expédition précédente .Elle dissimulerait un Edifice mystérieux. Le
commanditaire Topolsky est entouré du capitaine Van Vught, du cartographe
Raymond Dupin, de l’enseigne Mortlock, du colonel Ramos chargé de la sécurité
et de quelques autres personnages dont l’intrigante Madame Cossile. Après avoir
franchi une fissure l’équipage découvre l’épave de L’Europe, le vaisseau
de leurs prédécesseurs. Alors qu’une dispute éclate sur les agissements passés
de Topolsky, le Demeter s’écrase contre une falaise et Coade meurt sur
le coup … pour se réveiller à bord d’un streamer du même nom, en compagnie du
même équipage, pour le même objectif, en route pour la Patagonie.
Si les longs cycles ont établi la
réputation d’Alastair Reynolds, réputation renouvelée grâce aux récentes
rééditions du Bélial’, l’auteur se montre aussi à l’aise sur le format court (court
chez Reynolds c’est trois cent pages). L’intrigue rend globalement hommage à
Jules Verne et Arthur Clarke, mais la forme évoque la thématique du « Jour
sans fin », à savoir Edge of Tomorrow, Trois Oboles pour Charon
de Frank Ferric et dans un autre registre Au bout du labyrinthe, voire
L’œil dans le ciel du grand Philip K. Dick. Les lecteurs férus de topologie
algébrique se pencheront sur l’éversion de sphère, modèle architectural de l’Edifice.
Sommes-nous sur les mers des grands
explorateurs d’antan ou dans l’espace ? Les situations se succèdent, les
personnages semblent jouer la même pièce. Qui est le démiurge de cette histoire,
Silas Colas romancier à ses moments perdus ou la Comtesse Cossile qui semble
bien le connaitre ? L’écrivain assemble patiemment les morceaux du puzzle pour
livrer un final cohérent et émouvant. Eversion suinte la science-fiction
à chaque page. Lecture enthousiasmante comme le fut pour moi celle du classique
Succession de Scott Westerfeld voici un an.

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