Jeanne-A Debat - La Vieille
anglaise et le continent - Les nouvelles éditions Actusf
Les nouvelles éditions Actusf viennent tout juste de rééditer La Vieille anglaise et le continent une novella de Jeanne-A Debat parue en 2008 chez Griffe d’encre. Un texte salué par la critique à l’époque, primé à quatre reprises (GPI 2009, Rosny Ainé etc.). Cette parution bénéficie d’une relecture et d’une interview de l’autrice permettant d’en apprendre un peu plus sur la genèse du récit. Un a priori favorable qui ne doit pas occulter le fait que pour un prix équivalent (9,50 euros contre 10 euros) on peut se procurer chez Folio SF un recueil de neuf nouvelles de Mme Debat dont celle susnommée version 2008 (sauf erreur de ma part) complétée par une postface de J.C Dunyach.
Lady Ann Kelvin, âgée de quatre-vingt ans,
est en train de mourir. Chercheuse, enseignante et personnage publique elle a
longtemps défrayé la chronique pour ses actions coup de poing contre la surpêche
et le massacre des baleines. Un de ses anciens élèves à la tête de la fondation
SevensSeas Sheperds lui propose une porte de sortie alternative, une « transmnèse »,
une transplantation d’esprit dans le cerveau d’un cachalot lui assurant, car le
«récepteur » est en mauvaise santé, une espérance de vie de deux ou trois
ans. Pourquoi un cachalot ? En raison de la masse cérébrale de ce cétacé
supérieure à celle de l’être humain. Et aussi un clin d’œil à cette ancienne
activiste pas fâchée de se frotter à l’industrie baleinière et de vivre une
expérience scientifique unique jetant un pont entre l’homme et l’animal.
Sans conteste, ce Transmnèse de Lady Kelvin (cherchez
l’allusion) est un texte complet, inspiré nous dit Mme Debat d’Un animal
doué de raison de Robert Merle et sans doute du cycle Elévation
de David Brin : partition de science-fiction matinée d’horreur (la
transplantation beuark), réflexion environnementale, émerveillements du monde
sous-marin (ah ce compagnon 2X2X2 !), rapacité humaine, tout en nous
offrant un final dual entre dévoiement scientifique absolu et Grand Bleu
poétique.
La forte personnalité, la prégnance du
personnage d’Ann Kelvin (allusion au Docteur Susan Calvin) n’en fait pas pour autant, dit Jeanne-A Debat, une héroïne,
et on pourrait d’ailleurs ajouter à ce rejet l’ensemble des protagonistes. La
Vieille anglaise et le continent est en dernier ressort un sombre thriller
politique, un procès sans appel de l’irresponsabilité et de la malveillance
humaine.

13 commentaires:
moi j'ai relu ma version "griffe d'encre" éditeur d'origine , formidable nouvelle tjs d'actualité
Un roman sans héros?
L’autrice s’était déjà intéressée aux cétacés dans ”Rana et le dauphin” en Jeunesse.
Connais pas celui ci . Par ces temps de canicule la couverture incite à la baignade.
Une réflexion sur l’immortalité..Noté.
Une mention en bas de 4 de couv m'a surpris. « Ce livre est 100% humain, sans recours à l’IA » >>> On en est là ?
Puis-je dire s que la Baleine Blanche, c’est. Plutôt Melville que Jules Verne?? MC
Christiane, je signalais que la Baleine Blanche, c’est Moby Dick, Melville, et non Jules Verne. Je l ai deja dit et j’aimerais qu’il reste, si ma « plume fine » doit vous manquer…
MC
Héros est à prendre ici au sens héroique. Des personnages oui mais pas de "héros"
Moby Dick n'a pas sa place ici me semble t-il. Ann sous sa forme cétacé aide ses ex collaborateurs et s'attaque aux exactions commises par d'autres. Les tueurs ici ne sont pas des obsessionnels comme Achab. Bref MC je vous aime bien mais lisez les livres dont il est question ici avant de les commenter.
Et comme je suis un incompris "Transmnèse de Lady Kelvin" fait reférence au livre "Anamnèse de Lady Star" des époux Kloetzer
La rectification visait un propos de Christiane, SV. « Baleine Blanche de Jules Verne. »
Quant à lire vos livres, je n’e ai souvent pas le temps, et vous le savez bien.
La Vareuse blanche, aussi... d'HM,
Oui je sais mais il n'y a pas d'erreur dans mon commentaire. Je lie Jules Verne au Kraken. La baleine blanche c'est un rêve de pureté, une osmose entre le monde de la mer et celui des êtres humains quand les "rapaces" ne tuent pas, n'abiment pas. Sa lutte dans cette transmigration tend à protéger ceux qui luttent pour protéger les cétacés et le monde de la mer.
C'est un très beau conte que j'ai offert à un jeune adulte très préoccupé par l'écologie et le respect de la vie.
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