John Crowley - La Grande
Œuvre du Temps - L’Atalante
En l’an de grâce 1983 Caspar Last inventeur
d’une technique autorisant le voyage dans le temps, part dans le Guyane
Britannique de 1856 à la recherche d’un exemplaire du one-cent magenta, le
timbre le plus rare et le plus cher du monde. A son retour il est interpellé
par un membre d’une société « philanthropique » fondée en 1893 par Cécil Rhodes, figure du colonialisme britannique du XIXe siècle qui le convainque de
restituer le timbre. Pire, il ne saura jamais que son invention permit la
création de l’Association…
En 1956 le jeune Denys Winterset croise sur
les rails qui l’emmènent du Cap au Caire un certain Davenant qui l’invite au
Club de l’Altérité tout en lui dévoilant les manipulations temporelles auxquelles
se livrent ses membres afin de conserver ou restaurer l’Empire britannique.
Avec La Grande Œuvre du Temps, John
Crowley livre une longue nouvelle dont le thème a déjà été abordé par Poul
Anderson dans La patrouille du temps et Isaac Asimov dans La fin de l’éternité.
Le lecteur ne trouvera pas dans ce récit assez emmêlé une réflexion sur les
déclenchements des grands faits historiques, plutôt quelques échanges au sein d’un
de ces clubs typiquement britanniques où s’élaborerait dit-on le sort du monde,
au risque d’ailleurs de brouiller les pistes et de favoriser l’apparition
d’un léger ennui que la jolie couverture mauve ne parvient pas à enrayer..

15 commentaires:
J'ai beaucoup aimé la première histoire. Ce vol symbolique d'un timbre, uniquement en allant poster une lettre, en ce temps-là, à la poste puis revenir tranquille à son "réel" pour en faire un peu d'argent pour vivre mieux.
C'est touchant, en apparence sans conséquence, sauf si on cherche à explorer ce qui ne devrait pas être, un chamboulement dans l'histoire, en ayant introduit un intrus dans le présent. Par ailleurs quel rêve ! Juste un aller-retour dans un temps du passé, pas longtemps... Quelle saveur...
La suite pour le moment, je n'y comprends pas grand chose. Mais, c'est pour l'instant.
Il faut voir !
Dans la suite que je ne situe pas bien (noms des personnages, nouveaux, inconnus), il y a une longue méditation sur le temps.
(J'ai pensé à Saint Augustin. Cette impossibilité de situer Le passé et l'avenir face au présent.)
Il en ressort qu'il ne devrait pas y avoir de porosité entre les trois états du Temps tels que nous les percevons, les nommons.
Je crois que ce roman cherche à résoudre cette impossibilité par l'imaginaire une sorte de passe-muraille à la Marcel Aymé mais qui traverserait leTemps plutôt que les murs.
Par contre, le mobile ? Est-ce que ça a un rapport avec le timbre ? De toutes façons il faut qu'il trouve un acheteur....
Eh bien il ne manquait plus que cela ! Voilà les anges qui apparaissent page 37 ! Après ceux de Klee et celui de Sylvie Germain, c'est la totale !
Je cite :
"Les sylphidés, Les sylphes. Les fées.
" Les anges", fit une voix derrière lui. (...)
"Anges", c'est le nom que vous leur donnez ?
- Qu'ils voulaient qu'on leur donne, répondit le Mage. Celui qu'ils se donnent entre eux, ils sont les seuls à le connaître. "
Je ne comprends plus rien à ce roman. Pour quelles raisons les membres de cette secte se jouent de la naïveté de Caspar Last ? lui volent son timbre, le détruisent, le remplacent par une copie.
Il gêne parce qu'il a fait un voyage dans le temps imprévu pour cette secte. Les dates se mélangent.
Solei' vert écrit que c'est embrouillé. C'est un euphémisme. Je ne sais si j'arriverai à la dernière page. Soleil vert dit encore qu'il a ressenti de l'ennui. Je ne m'ennuie pas mais j'ai l'impression que l'intérêt de ma lecture diminue.
Je lis dans le billet : "A son retour il est interpellé par un membre d’une société « philanthropique » fondée en 1893 par Cécil Rhodes, figure du colonialisme britannique du XIXe siècle qui le convainque de restituer le timbre. Pire, il ne saura jamais que son invention permit la création de l’Association…"
Ça explique un peu mais je n'y comprends toujours rien.
"Cecil Rhodes est resté dans l'imaginaire britannique et sud-africain comme l'archétype de l'homme d'affaires impitoyable, un impérialiste nationaliste déterminé et parfois cruel, mais aussi comme un visionnaire. L'historien David Engels, dans une analogie avec Elon Musk, souligne ainsi que Oswald Spengler considérait Cecil Rhodes comme la première figure véritablement césarienne de l'ère moderne parce qu'il était, entre autres, un bâtisseur d’empire, un capitaliste richissime, un politicien hors pair ou encore un maître en propagande."
https://fr.wikipedia.org/wiki/Cecil_Rhodes#:~:text=Rhodes%20est%20rest%C3%A9,35%5D.
Si je comprends, un peu... , le problème posé par cette histoire de timbre envoyé depuis un passé proche, 1956, dans le présent par Caspar Last, c'est que son acte vient après une période (imaginaire) où des individus organisés en secte secrète avaient trouvé le moyen de faire des bonds dans le passé pour changer des événements infimes. Sauf qu'accumulées ces transformations ont fini par brouiller le passé, le présent voire le futur.
Et voilà que ce troublillon, avec ce timbre, remet en cause tout ce qu'ils avaient organisé.
Pourquoi ? Comment ? Mystère et boule de gomme !
Il y a cet ange mystérieux... qui tente d'expliquer tout cela : "Une fois vos désirs réalisés. Une fois qu'il ne reste plus rien à changer, il n'y a plus qu'une forêt, qui se dresse au fond de la mer. Elle s'élève des ténèbres et ses branches les plus hautes atteignent la lumière du soleil. C'est tout. Il n'existe plus rien ailleurs, définitivement. Vos désirs se sont réalisés : le calme règne dans l'Empire. Il n'y aura plus de changements."
Résultat : le Président "pro tempore" pleure, à sanglots douloureux. "Il savait ce qu'il devait faire, mais pas comment."
Mais comment faites-vous pour résumer un tel livre ? Je n'y comprends rien du tout mais ça me distrait toute cette absurdité. Comment va se terminer ce livre ? Aucune idée. Va-t-on revoir Caspar Last? Aucune idée.
Est-ce un écrivain surréaliste?
Alors là... No comment !
Il faudrait que le président "pro tempore" retourne dans le passé pour empêcher un crime (?) ayant un rapport avec la mort de Cecil Rhodes mais il ne peut le faire car il lui est interdit par le réglement de la secte de l'Altérité "de retourner à une époque et en un lieu que sa présence à précédemment modifiés "
Que se passa-t-il alors ?
"L'ange riait, riait, tandis que le vieillard en manteau et chapeau noirs se taisait désormais, déconcerté, effrayé."
Et ce n'est pas la fin mais la fin je ne la dévoilerai pas parce que le maître des lieux est prêt à bondir sur le pauvre vermisseau que je suis.
Bon courage si vous ouvrez le livre. Votre point de vue est très attendu.
C'est un roman complètement délirant. J'adore !!!!!!!
Pour me consoler, je lis, page 89 que c'est "une histoire qui se raconte dans n'importe quel sens, qui part de n'importe quand, qui aboutit à une forêt dans la mer."
Eh bien, voilà, c'est plus clair !
trublion
Un dernier point, j'ai eu du mal à encaisser l'évocation des tueries menées par les "conquérants" anglais impérialistes pour faire main basse sur les terres africaines sans remords.
Pour le reste j'ai trouvé ce roman bancal comme si tous ces échafaudages n'étaient pas stables, aléatoires.
Mais j'ai beaucoup aimé la premiere nouvelle, l'histoire du timbre. Pour le reste je suis beaucoup plus en retenue. Pas convaincue du tout.
Correction faite, merci Christiane. SV
Il y a dans ce roman un jeu de dissolution qui entraîne le lecteur vers une non attente de la suite, vers une indifférence à une fin quelconque. Ce sont des passants... Comme l'écriture est belle on lit ce roman comme on écoute les Gymnopédies d'Éric Satie.
https://soleilgreen.blogspot.com/2022/02/le-monde-dhier.html
Qu'il est beau ce billet et tellement actuel.
Je profite de ce temps de pause pour relire vos billets et certains des livres que vous avez chroniqués.
(pour Orsay entre le musée et "le quai", j'ai souri !)
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