Robert
Jackson Bennett - Les Terres closes -
Albin Michel Imaginaire
Les terres closes est le dernier volet d’une trilogie
de Robert Jackson Bennett entamée avec Les Maîtres enlumineurs et Le retour du Hiérophante. Au sein de cet univers
gouverné par la magie, la jeune voleuse Sancia Grado dérobait autrefois aux
grandes corporations fabricatrices d’enluminures de la cité de Tevanne, quelques-unes
de leurs productions les plus précieuses. Chemin faisant elle avait fait la connaissance
de Clef, un objet intelligent aux capacités de plus en plus étonnantes et de
Bérénice, son grand amour. Leur rébellion commune contre les grandes maisons finissait
en apocalypse en raison de l’intervention d’un Hiérophante, une ancienne
puissance régnante maitre absolu du langage des enluminures, surgie comme un
chien dans un jeu de quilles.
Tevanne détruite, le trio s’est réfugié dans l’Archipel de
Giva. Crasedes le Hiérophante semble avoir disparu, tout au moins
momentanément. Mais appelée par le gouverneur de l’ilôt de Grattaria au chevet
de son fils, Bérénice découvre que l’esprit du jeune homme est lié à une
Malfaisance encore plus puissante que Crasedes. Ses compagnons et elle
commencent à évacuer la population de Grattaria, quand l’Entité qui a pris le
nom de l’ancienne cité de Tevanne entame son attaque.
Dans sa postface Robert Jackson Bennett dit avoir rédigé son
livre durant une période de confinement imposé en 2020 par la pandémie de coronavirus.
Vivre une expérience d’isolement et paradoxalement de partage avec ses
semblables lui a peut-être inspiré certains matériaux narratifs comme le concept
d’intelligence collective par jumelage d’esprit ou la découverte finale des
liens secrets qui unissent certains protagonistes. Il en résulte un condensé d’actions
épiques et complexes et l’exploration en profondeur de personnages dont la
fragilisation progressive contraste avec l’accumulation de pouvoirs
quasi-divins. Comme Homère, Bennett relie le Ciel à la Terre, l’Immortalité à l’Ephémère,
les Dieux aux déambulations humaines. La trilogie, loin de s’essouffler comme
parfois en récapitulatif d’explications amassées à la hâte, prend avec Les Terres
closes un envol majestueux.


