samedi 2 mai 2026

Voyage à l’envers

Philippe Curval - Voyage à l’envers - J’ai Lu - Millénaires

 

 

En 2024 les physiciens affectés au  programme SETI du radiotélescope d’Arecibo captent des signaux émis de Proxima du Centaure. L’information d’abord dissimulée au monde est trouvée par André Piscop un journaliste qui comprend rapidement les réticences des savants. Décrypté partiellement, le message envoyé en continu révèle en effet une carte de la Terre future, et surtout il contient un virus qui menace d’anéantir tous les réseaux informatiques, laissant présager une colonisation de notre planète. Après avoir pesé les enjeux, médias et scientifiques initient le projet d’une expédition spatiale, avec le double objectif de sauvegarder le patrimoine civilisationnel et de contrer si possible par les armes, l’agresseur.

 

P. Curval(2008) en dédicace à Scylla
Les éléments science-fictifs de Voyage à l’envers, font plus de vingt ans après sa parution, résonner la fibre nostalgique du lecteur : le radiotélescope d’Arecibo, cette toile d’araignée au cœur de la jungle, le programme SETI, les robots autoréplicatifs de Von Neumann etc. Pour l’anecdote la technologie envisagée par Philippe Curval voici vingt-six ans pour atteindre Proxima du Centaure (l’utilisation de batteries de phares laser) vient tout juste de ressurgir. La comparaison de l’auteur du Ressac de l’espace avec Jules Verne n’était donc pas fortuite.

 

En tout premier lieu, l’intérêt du récit ne tient pas tellement au déroulé de l’ épopée spatiale, mais à la relation de la réalisation d’un projet voyant le jour grâce à la patiente obstination de quelques individus et de leurs descendants, s’efforçant tout autant d’accumuler les connaissances nécessaires à son succès que de convaincre une opinion publique à la fois admirative et effrayée. Le long labeur du temps dirait Brunner … Il faut ensuite, et c’est un compliment récursif chez Curval, saluer la qualité de l’écriture. La conclusion post-soixante huitarde étonnera certains lecteurs.   

4 commentaires:

John Warsen a dit…

Des éléments du pitch m'évoquent la récente série Pluribus, trop incroyable pour être décrite ici. J'aimais bien Curval du temps de l'âge d'or de la SF française (Jeury, Andrevon...). Merci pour tes suggestions de lecture.

Soleil vert a dit…

Tiens je ne connaissais pas Pluribus, merci.

Anonyme a dit…

Tout le monde au seizième siècle a lu la Sepmaine, et son château, sorte de petit burg protestant, existe encore. Nos amis américains eux n’ont pas le même rapport avec la DF . L’autre jour sur un blog vernien je cite parmi les ancêtres d de l’ Empire de LuckacsEdmond Hamilton, et je m’entends demander «  But who ids Edmond Hamilton? »

Christiane a dit…

J'ai beaucoup aimé ce livre. La fin est tellement imprévisible. Du grand art !