Ian McDonald - Aspects - Le
Bélial’ - UHL
Dans les profondeurs d’un Espace-Temps inédit, l’Humanité a évolué en multiples
espèces tout en se dispersant dans les étoiles. Une petite fraction s’est
réfugiée dans un monde-océan. Les jours d’été reviennent, et les paisibles habitants de Tay contemplent le ciel ou
brillant comme des astres, les vaisseaux de l’Armada Anpreen viennent chercher
un refuge orbital. L’histoire démarre avec la rentrée des classes du jeune Ptey.
Il va intégrer pendant six mois la Maison de la Table des Multiplications. Rien
d’algébrique là-dedans il s’agit de maitriser les octuples identités, moi ou
Aspects qu’ endossera l’adolescent durant son existence. Et elles lui
faciliteront la tache quand son destin croisera celui des Anpreen race
extra-terrestre poursuivie par un Ennemi tout puissant.
Deuxième incursion de Ian McDonald dans la collection UHL du Bélial et cinquième dans ce blog - en attendant d’y inclure Le Fleuve des Dieux - Aspects embarque le lecteur dans une odyssée cosmique. L’incipit «La nuit où Ptey traversa la mer pour aller se faire fracasser l’âme, huit cents étoiles entreprirent de traverser le ciel » évoquera peut-être à certains un extrait d’ A la fenêtre pendant la nuit de Victor Hugo :
[…]Peut-être allons-nous voir brusquement apparaître
Des astres effarés ;
Des astres éperdus arrivant des abîmes,
Venant des profondeurs ou descendant des cimes,
Et, sous nos noirs
arceaux,
Entrant en foule, épars, ardents, pareils au rêve,
Comme dans un grand vent s’abat sur une grève
Une troupe
d’oiseaux ;
Surgissant, clairs flambeaux, feux purs, rouges fournaises,
Aigrettes de rubis ou tourbillons de braises,
Sur nos bois, sur
nos monts,
Et nous pétrifiant de leurs aspects étranges ;
Car dans le gouffre énorme il est des mondes anges
Et des soleils démons !
Peut-être en ce moment, du fond des nuits funèbres,
Montant vers nous, gonflant ses vagues de ténèbres
Et ses flots de
rayons,
Le muet Infini, sombre mer ignorée,
Roule vers notre ciel une grande marée
De
constellations !
Si les premières lignes nous rappellent au bon souvenir du styliste de Shingle Street dans Le Temps fut ou celui qui s’extasiait devant la beauté des icônes grecques et arméniennes dans La Maison des Derviches, la condensation d’une épopée « Stapledonienne » au format d’une novella de cent vingt pages n’est pas sans conséquences. Worldbuilding taillé à la serpe, transitions rapides, dialogues à l’économie embarquent le lecteur dans un bateau ivre voir Mallarméen comme en témoigne cette phrase : « Dans ses profondeurs évoluaient des translucidités ». Le chapitre « Jedden, qui court », - car chaque chapitre porte le nom d’un Aspect - offre néanmoins un combat spatial qui ravira les amateurs de genre. Que dire de plus ? Aspects peut se lire comme un poème en prose surréaliste. Le jeune lectorat se souviendra que le thème des identités multiples a été traité à de multiples reprises dans la sphère manga. Quant aux anciens, ils tendront un fil mémoriel vers le lointain Fils de l'Homme de Robert Silverberg.
Ayant traversé les années 60 et 70, un proche me demanda si
j’avais résisté aux Paradis Artificiels. Aujourd'hui je témoigne n'avoir succombé qu’à un seul, la
science-fiction. Ce livre en est le témoignage.
Post-scriptum, lisez l’interprétation Odysséenne d’Aspects
par FeydRautha. Ce physicien et traducteur de Dune n’en finit pas d’étonner.

57 commentaires:
Un face à face avec Victor Hugo donne souffle à cette fiction de Ian McDonald. Un monde-océan. Octuples identités...
Rafraîchissant ! J'adopte !
25 premières pages très belles mais je n'aime pas le mot "bite". Gilles Goullet qui a traduit ce roman fituriste de l'anglais aurait pu choisir un mot plus élégant. A part cette restriction,
j'aime ce monde aquatique, les corps jeunes de nageurs, ces palpes, ces frondaisons d'étoiles, ces trois lunes, cet émerveillement. Cette sensualité adolescente et son indépendance. Ce paysage solaire. Ce ciel de miel.
C'est donc une planète qui "roule autour du soleil loin d'étoiles lointaines, immenses et lentes", échappée d'un système stellaire où se côtoient des mondes géants.
Ptey et Nejben... . On dirait des dauphins.
Petits ajouts ... SV
https://lepauledorion.com/2026/03/09/aspects-ian-mcdonald/
Ah oui, c'est bien ! Il fallait trouver Homère et L'Odyssée.
Pourriez-vous, Soleil vert, mettre ce lien sous le nom du critique Feyd Rautha dans votre billet, ça serait mieux qu'en commentaire. Merci.
Qui suis je pour refuser un souhait de Christiane ? :)
C'est que c'est votre trouvaille et qu'elle est formidable. Deux grands lecteurs qui aiment cette "novella".
Et puis j'adore ouvrir vos liens bleus, des chemins secrets.
Merci, deux fois merci.
Donc octo... Huit...
Huit personnalités dans un seul corps. Huit façons de penser, de lire et de dire les événements.
Mais, multiples de huit, les autres aussi ont huit personnalités, huit noms.
(Et nous, lecteurs combien de personnalités avons-nous? Et combien ceux que nous croyons connaître ont de visages et de métamorphoses au cours de leur vie ?)
C'est donc un monde où les êtres changent. Ceux-là sont un peu humains, un peu poissons. Parés de nageoires, ils sont dans l'eau, heureux... comme des poissons dans l'eau !
Je n'ai pas encore compris l'utilité des centaines de vaisseaux brillants qui semblent attendre dans leur ciel comme des cerfs-volants en panne ou des lanternes chinoises. . Et les autres qui arrivent, un peu belliqueux. Que veulent-ils ?
Chaque chapitre a une personnalité différente. Difficile de relier tous ces êtres dont les noms compliqués ne définissent pas toujours le sexe et l'âge.
Mes deux personnages des deux premiers chapitres vont-ils se perdre ? Ce serait dommage. Leurs corps se font du bien. Leurs rires montrent leur complicité. On verra. Rien ne presse.
C'est très extravagant et souvent poétique, un peu gaillard parfois... (On a beau être un posthumain on reste quand même parfois un être plein de pulsions et de faims...)
" Le fils de l'homme" de Silverberg ? Farfelu et formidable. Un homme nu qui n'a guère le temps de se construire. Il est absorbé par le désir des autres.
Qu'en sera-t-il de cet être à huit faces ? -Janus n'en avait que deux...
Je pense aux yeux des libellules qui fragmentent le monde comme un puzzle.
Ça ressemble aussi un peu à une fractale ce monde qu'il traverse. Répétition à l'infini du semblable qui germe et se métamorphose. Qui restera-t-il la fin ? Lequel ? Laquelle ? Lesquels ? Est-ce un retour comme celui d'Ulysse. Qui l'attend ?
Hélas mon goût pour Ian, M. Banks ne s’est pas remis de ma lecture d’une partie de sa trilogie dite de la Culture, ce pursuoi je passe mon tour !
MC
On ne parle pas du même auteur... bonne nuit ! SV
J'ai tout repris au début pour noter les indices qui m'avaient échappé. C'est une lecture où on est vite submergé !
Donc Ptey accompagné de son père traverse la mer sur un catamaran pour aller faire "déplier sa personnalité en huit" .
Comme si, à la naissance, il était fait d'une étoffe pliée et qu'il allait lui falloir la déplier pour être totalement. Rite d'initiation, donc, qui durera "six mois" (p. 52)
Qu'est-ce que désigne "Ctarisphay"? Est-ce le nom de son père ou d'une ville ? Ce n'est pas clair... .il est écrit "lorsqu'un enfant de Ctarisphay..."
Ptey est "au seuil de l'âge adulte" .
Tout va donc se passer dans "la maison de Multiplication" . ("table de multiplication" c'est un ajout de l'espiègle SV.)
C'est très bien écrit, riche en notations. "Le catamaran filait sans difficulté sur l'eau de plus en plus sombre. Ses coques jumelles fendaient les reflets ondulants des torchères qui jaillissaient sur les plates-formes pétrolières de Temejveri".
Jusque là, à part ces noms bizarres, la lectrice que je suis donne à tout cela une possibilité d'être confondu avec un paysage connu si ce n'est... que son père, précise l'écrivain, "revêtait son Aspect Steris." . "Aspect" ... Nous y voilà ! Et que, ajoute-t-il, "Les moi rituels effrayaient Ptey." Donc un père caméléon... Et lui, Ptey "traverse la mer pour aller se faire fracasser l'âme. "
Eh bien, ça commence mal !
Un robot possède le langage permettant de faire naviguer le catamaran. Tiens, alors le père à quoi sert-il ?
Ptey a déjà un ami, Cjatay, parti deux mois plus tôt pour la même raison sur un catamaran.
" Les maisons de Ctarisphay". Donc c'est une ville.
Heureusement que la novella n'a qu'une centaine de pages car je vais plutôt lentement vers la clarté !
Ah voilà, je n'avais pas rêvé !
"Mais il ne le reverrait qu'en partie. Il y aurait des Cjatay qu'il n'avait jamais connus, et même jamais rencontrés. Il y en aurait huit, et celui avec qui il était sorti (...), celui-là n'en serait qu'une partie. (...) Le reconnaîtrait-il Quand il le croiserait à bord de la grande université flottante qu'était la Maison de Multiplication ? Se reconnaîtrait-il lui-même?"
Sacré jeu de colin-maillard !
Colin-maillard ?
"Jeu où l'un des joueurs, les yeux bandés, cherche à tâtons à saisir et à reconnaître un autre joueur dont il doit dire le nom, et qui prend alors sa place. Jouer à colin-maillard."
Alors, l'Anpreen ?
Rien compris !
Que dit l'auteur par la voix d'un personnage, page 119 ?
"l'Anpreen par-ci, l'Anpreen par-là, mais au fond, ce sont des extraterrestres et on ne sait pas ce qu'ils veulent vraiment, personne n'en sait rien.
- Ce ne sont pas des extraterrestres, avait rétorqué Ptey. Ça n'existe pas, les extraterrestres, tu devrais le savoir. On fait juste tous parie du grand Claude. "
Eh bien voilà, c'est clair, non ?
Là, ça devient digne de Hugo et Homère :
"L'enchevêtrement d'étoiles de défaisait, La migration l'Anpreen se transformait en un ruban d'éclats lumineux, Une écharpe de nuit derrière les voiles de l'aurore (...) Ptey eut alors le souffle coupé. Tout ce qu'il imaginait ou ne parvenait pas à imaginer devint réalité au moment où les lumières se détachèrent de l'écheveau d'étoiles de La migration angreen. "
C'est très beau cette fiction. Je vois Rimbaud écrire son "Bateau ivre".
Le Bateau ivre. Rimbaud
"(...) Les Fleuves m’ont laissé descendre où je voulais.
Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l’autre hiver, plus sourd que les cerveaux d’enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N’ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.
La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu’un bouchon j’ai dansé sur les flots
Qu’on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l’oeil niais des falots !
Plus douce qu’aux enfants la chair des pommes sures,
L’eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin.
Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d’astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;
Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rhythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l’alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l’amour !
Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : je sais le soir,
L’Aube exaltée ainsi qu’un peuple de colombes,
Et j’ai vu quelquefois ce que l’homme a cru voir !
J’ai vu le soleil bas, taché d’horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !
J’ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baisers montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes,
Et l’éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !(...) "
Chapitre 2 Nejben. Mâle ou femelle.? Tantôt il, tantôt elle. Son moi antérieur serait Ptey.! J'avais tout faux. Et en lui Nejben effrayé Ptey.
Quelle salade !
"De nouveaux moi, de nouvelles identités apparaissent chaque heure de la journée..."
A quel Aspect et à quel nom avons-nous à faire?
Cela explique cette phrase que je n'avais pas comprise : "Nejben se prenait souvent à songer à ses petits seins plats de garçon."
Alors il/elle est hermaphrodite ! Une fille qui a une érection de garçon en regardant "la drôle, aguichante, adorable Puzhay" de couleur rouge pâle née du sperme stellaire... On dirait des créatures appartenant au bestiaire mouvant de Eicher.
Maurits Cornelis Escher
Escher
Les dessins et gravures impossibles de Maurits Escher sont de vrais casse-tête visuels. Ils me fascinent comme les êtres impossibles de ce roman de Ian McDonald, "Aspects".
Et voilà la naissance de ce grand voyageur :
"Une fois seul dans ce nouveau monde étranger où il deviendrait huit nouvelles personnes étrangères... il s'enfuit."
Ptey, s'enfuit donc, trois mois après son arrivée dans la Maison de Multiplication à la recherche de son ami Cjatay. Il est maintenant Serejen.
Page 13 et non 119
Je commence à comprendre ce qu'il fait en écrivant. C'est ensorcelant ce roman où la métamorphose ne doit pas effacer la mémoire, où l'intuition remplace la vue pour se reconnaître. Jamais lu un tissu pareil tellement moiré, tellement fluide. Ou on accepte la dérive onirique ou on referme le livre rageusement.
Être ou ne pas être... Shakespeare y poserait son souffle. Car ces Aspects se livrent bataille dans le même être. Problèmes de conscience ?
Partage du cœur aussi quand deux d'entre eux aiment une femme différente.
Ian McDonald continue de tisser sa toile d'araignée dans ce roman-fractales. Presque un jeu mathématique de développement d'un problème. Cela m'intéresse beaucoup mais c'est très étrange comme écrit. Ça ne ressemble en rien à une novella. Un joueur sur son damier joue les deux parties : l'auteur.
Pugilat !
J'ai décroché, en cours lecture avec ces batailles. Le livre a ressemblé peu à peu à un livre de science-fiction. J'aimais mieux la première moitié.
Je suis quand même allée jusqu'à la fin. C'est bien ce que Ian McDonald a imaginé....
C'est quand même une création intéressante cette ouverture des plis, ces multiplications, ces Aspects, cet espace temps, ce voyage immobile. C'est un livre triste. Merci, Soleil vert, d'avoir risqué ce livre. Il s'en passe des choses dans l'imagination d'un écrivain...
J'aime beaucoup la couverture proposée par Aurélien Police. J'ai cherché d'autres couvertures créées par lui. Dessinateur et coloriste exceptionnel.
Et puis il y a les Multiples et les Solitaires. J'aime beaucoup ces résistants, les Solitaires qui restent fidèles à un sillon tout au long de leur vie. Les Multiples dont Ptey sont écartelés entre des philosophies contraires jusqu'à la déchirure, jusqu à le schizophrénie surtout quand leurs semblables leur font face.
Collection UHL
"Une Heure-Lumière
Une heure-lumière, c'est la distance que parcourt un photon dans le vide en 3600 secondes, soit plus d'un milliard de kilomètres. Une distance supérieure à celle séparant Jupiter du Soleil. Ce qui nous emmène déjà très loin…
Faire voyager loin le lecteur, voilà précisément l'ambition de la nouvelle collection du Bélial', Une Heure-Lumière.
Une Heure-Lumière, ce sont des romans courts et de facture élégante : assez brefs pour être lus d'une traite, mais riches en sense of wonder, faisant la part belle à une science-fiction ambitieuse, celle du vertige et de l'émerveillement.)...) "
Quelle belle idée !
Ce roman-novella c'est un ruban de Moebius.
Un cadeau ?(p. 27) Cjatay. Solitaire. Ces mots étaient tout aussi impossibles à associer que "Soleil vert" ou "hiver lumineux"
Le passage le plus triste de ce livre (p. 29):
"Au fil du temps, ils disparaîtraient des pensées et souvenirs l'un de l'autre. Ainsi Serejen Nejben ex-Ptey sut-il qu'il n'était plus un enfant."
Soleil Vert Enegfeg! Excusez cette étourderie due à l’heure tardive. Cela dit, n’y -a t-il pas quelque contradiction entre Nouvelle et Stapledôienbe, lequel Stapledon n’est pas. connu pour sa brièveté? MC
En effet!! MC
Le chapitre "Homme rapide" est inutile et gonflé artificiellement de termes qui se veulent scientifiques. Il ne fait qu'étirer la novella et amoindrir l'impact des chapitres précédents.
RDV dans Espace poétique, une surprise. SV
Il me semble que toutes les guerres fraticides de cette panhumanité (dans la novella - "Aspects" ) rappellent à Ian McDonald né à Manchester d'une mère irlandaise et d'un père écossais et qui a longtemps vécu avec sa famille en Irlande du Nord, à Belfast, les guerres et attentats sanglants vécus dans son pays. ("toute guerre était civile").
C'est cette ambiance de guerre incessante, de course-poursuite sur des décennies-lumière, de missiles. d'ogives nucléaires qui m'a lassée dans la deuxième partie du roman. Les planètes meurent, les êtres meurent et le temps s'étire tellement que les personnages n'ont plus d'âge, plus d'histoire possible. Oga et son arche et ses deuils est un beau personnage. Dans cette fiction "la vie est sans espoir. Chaque particule sera si loin de tout le reste qu'elle sera son propre univers."
Nous entrons dans un délire de tueries où "deux milliards de personnes périrent, soit les deux tiers de la population." Les survivants se demandent que faire dans ce monde en ruines ? "Tous morts. Morts depuis longtemps, morts avec leur ville, leur monde."
Deux questions (p. 60) comme une espérance vaine : "est-ce que ça va revenir en arrière ? Est-ce que ça va redevenir ce que c'était avant ?"
Oh!
Magique!
Il y a des mystères d'écriture dans ce livre. Ainsi, p. 48.
"Il n'y a rien là que tu n'aies déjà vu, songe Nejben. A moins que ce que tu vois soit mon absence."
Je laisse intacts ces mots.
Des explications qui se veulent scientifiques ne sont que poésie.
"- J'ai poussé un unique photon derrière l'horizon de cet horizon. Je l'ai poussé si loin que le temps et l'espace se sont déchirés.
- Et donc, je suis en train de regarder quoi ?
- La lumière de la création. C'est un univers entier qui vient de naître. Un nouveau big bang. (...)
Tu comprends, maintenant, songe Oga. C'est la porte de sortie. Le moyen d'échapper à la mort de l'univers. Là-bas, derrière l'horizon, nous pouvons engendrer de nouveaux univers, et des univers à partir de ceux-ci, et ainsi de suite. L'intelligence à le dernier mot. Nous ne mourrons pas seuls dans ke froid et le Noir. "
Là, j'aime vraiment beaucoup la naissance poétique du monde.
Après la lecture, livre refermé, tout se décante.
Ici pour "Aspects" de Ian McDonald , des impressions contraires.
Une formidable imagination de l'auteur quant à cette idée de depliement de multiples personnalités, mais un étirement dans le temps trop long faisant vaciller la perception que j'avais des personnages de départ.
Je n'ai eu aucune perception d'un long voyage provoqué par une poursuite infernale, cette guerre, plutôt les efforts démesurés de Ptey pour se retrouver malgré ses transformations, retrouver ceux qu'il a perdus et retrouver ce monde qui l'entoure où tous meurent. Une sorte de voyage immobile.
Ce qui m'a gênée, le trop plein d'un langage pseudo scientifique désirant faire basculer ce récit dans un monde futuriste credible.
Beaucoup apprécié la langue d'écriture, soignée, riche, créant une tension de thriller dans cette novella sauf la restriction (redite) concernant un choix discutable pour nommer le sexe du jeune homme en plein émoi. . .
Un auteur original créant un monde de science-fiction riche en épaisseur psychologique, philosophique autour de la notion du Moi et celle du Temps.
Je est un autre... Avait écrit Rimbaud. Je est plusieurs autres écrit Ian McDonald.
Une riche méditation sur le temps. Qu'est-ce que le temps ? Beaucoup ont posé la question toujours d'actualité.
En 1609, Galilée découvre avec une lunette astronomique la Lune, Jupiter, la Voie lactée. Aujourd'hui on s'émerveille toujours des images célestes découvertes par l'astronomie, des astres, du ciel étoilé. Quelle beauté, quel mystère... Que de mythes...
La science-fiction et ses frissons.
Cette novella comme une nuit de printemps, est un conte qui retourne aux étoiles.
Autres hrtrronymes dignes des livres de Pessoa, cette fiction de Michael Moorcock "Voici l'homme".
Ce Karl Glogzuer qui voulait assister à la crucifixion du Christ en l'an 28 et pour cela remonte le temps avec une machine temporelle.
Soleil vert, vous m'aviez fait découvrir cette fable philosophique savoureuse de ce grand romancier britannique. Publié chez L'atalante avec en couverture l'impressionnant Christ de Salvador Dali.
En ce lundi de Pâques c'est une lecture parfaite. Et j'en ai un peu assez des tueries de Pierre Bordage!
hétéronymes.
Glogauer
Oooh! Ce n’est pas si mal, Bordage!
MC PS ArtParis aujourd’hui!
Certainement pour un grand nombre de lecteurs...
Vous nous direz vos impressions.
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-book-club/celan-avant-celan-poemes-de-jeunesse-6659550
Tres belle emission Au Bookcluc, Ce mercredi. Entendre Jean-Pierre Lefebvre évoquer Paul Celan qu'il a traduit pour ces poèmes de jeunesse, c'est très émouvant.
Bookclub, l'émission de Marie Richeux sur France Culture de 15h à 16h.
Lorsqu’on est invité à un vernissage, on pense que la porte va s’ouvrir . Hélas pour hier, je n’avais pas de billet, contant m’en procurer un sur place . D’où un petit dialogue courtois comme: « Il vous manque le billet » -« Je compte me le procurer en espèces, dites-moi où l’acheter! « Ici moment d’égarement. « C’est que vous comprenez , nous ne sommes pas censés être ouverts , donc il n’y a personne au guichet aujourd’hui! … ».Et c’est ainsi qu’on ne vit rien hier….
Ce n'est pas un accueil très sympathique ! Je ne suis pas attirée par ces grandes "foires" de l'art contemporain où les galeristes sont collés serrés. Où se mêlent tant d'expressions différentes à ne plus savoir voir. Où L'art est parfois un prétexte. Et le Grand Palais est tellement immense... Je privilégie une rencontre avec un seul artiste qui m'intéresse et qui a du métier, l'alchimie des couleurs, la patience née d'années de travail.
Et puis je regarde attentivement le monde qui a été décrypté par tant d'artistes et poètes. Ce matin les ombres d'un arbre sur un mur, l'éclat du soleil sur un autre, la gorge douce d'un pigeon, les gestes d'un travailleur du bâtiment... J'appartiens à un monde d'avant celui-ci...
Je crois que vous pourriez n’en retenir que peu, dans ce salon visité hier, dont les espoirs du haut ( dessins très formels et, couplés avec le Design, peintures très ornementales) et une Galerie Parisienne qui fait du Flamand moderne avec un très bon artiste, au fond du côté droit, quand vous rentrez. On n’a fait comprendre à la « Galerie NAKAGAMI » qu’elle n’était plus la bienvenue depuis que Madame la Présidente Brigitte M sentait attardée plus que de raison sur son stand. Commentaire de l’intéressé ; « une vengeance balzacienne. » Les helvétes n’ont pas réparé la chose. Bien à vous. MC. PS les Espoirs sont maintenant au dessus de la nef du Grand Palais, dans les coursives supérieures…
Je vous conseille d’aller voir la Coréenne qu’il expose actuellement jusqu’au 11 Avril,
PS Rue de Turenne, bien sûr!
Je n'ai pas oublié...
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