Mariana
Enriquez - Un lieu ensoleillé pour personnes sombres - Editions du sous-sol
Depuis Ce que nous avons perdu dans le feu, deux autres recueils de
nouvelles de l’écrivaine argentine Mariana Enriquez ont paru dans l’Hexagone, Les
Dangers de fumer au lit - son premier ouvrage - , et le présent Un
lieu ensoleillé pour personnes sombres. Comme d’habitude Buenos Aires trace
les contours d’une géographie de la misère, de l’étrange, de l’horreur peuplée
de personnages féminins confrontés à une faune ou des situations angoissantes.
Morts, fantômes, revenants, body horror, la panoplie du genre métaphorise les détresses
sociales et les douleurs individuelles.
« Julie » conte ainsi le retour d’un couple
d’argentins et de leur fille à Buenos Aires. Installés aux Etats-Unis ils
projettent en secret de faire interner à moindre frais leur enfant, jeune femme
souffrant de troubles psychiatriques. Derrière l’émotion, une satire familiale
mordante.
Emma, médecin, s’astreint à un sacerdoce dans son quartier
défavorisé, apaiser les fantômes de gens assassinés qui viennent hurler leur
douleur à la porte des maisons de leurs proches. Et si « Mes morts
tristes » s’inspirait des « Mères de la place de Mai » ?
Dans « Le malheur sur le visage » une femme
subit l’effacement inexpliqué de sa face, une malédiction héritée de sa mère
victime d’un violeur toujours sévissant, le pitch métaphorisant ici l'anonymisation
de la victime : « La maison de Tina était à quelques mètres. Elle
courut le plus rapidement possible, les clés de Tina à la main, au cas où elle
n'ouvrirait pas immédiatement. Elle les avait toujours sur elle en cas
d'urgence, et ceci était une urgence. Elle courut avec le vent en plein visage
et ça ne faisait pas mal, c'était agréable, ce visage dont elle ne savait plus
si c'était le sien, s'il était toujours là, si c'était celui de sa mère ou de
sa grand-mère, si elle allait trouver la maison ou courir jusqu'au fleuve, si
tout raconter à sa fille allait provoquer la fin ou juste un rire moqueur du
siffleur, qui n'arrêtait pas, qui paraissait de plus en plus près, si tout
raconter serait pas un autre piège comme celui des pieds dont les empreintes
mènent toujours ailleurs loin de leur propriétaire. »
On citera l’original « Différentes couleurs
composées de larmes ». Un vieil homme cède gratuitement les robes de
collection de sa défunte épouse à des acheteuses. Elles ne savent pas que leur
mécène a projeté sur ces vêtements toute la haine accumulée contre sa femme.
Plus classique « Un artiste local » raconte les déboires d’un
jeune couple ayant choisi de passer quelques jours de vacances dans un village
abandonné.
Les autres textes ne déméritent pas confirmant que Mariana
Enriquez est bien la Blackstar de la littérature argentine.
SOMMAIRE (traduction Anne PLANTAGENET)
1 - Mes morts tristes (Mis muertos tristes
2 - Les Oiseaux de nuit (Los pájaros de la
noche),
3 - Le Malheur sur le visage (La desgracia en
la cara),
4 - Julie (Julie)
5 - Métamorphose (Metamorfosis)
6 - Un lieu ensoleillé pour personnes sombres (Un Lugar soleado
para gente sombría),
7 - Les Hymnes des hyènes (Los himnos de las
hienas
8 - Différentes couleurs composées de larmes (Diferentes
colores hechos de lágrimas
9 - La Femme qui souffre
10 - Cimetière de frigos (Cementerio de heladeras)
11 - Un artiste local (Un artista local)
12 - Yeux noirs (Ojos negros)

145 commentaires:
Donc cette femme écrivain s’inspire de l'univers de David Lynch, et de David Bowie. Ces douze nouvelles mettant en scènes des femmes assassinées, torturées ressemblent à des cauchemars horribles, écrites heureusement avec humour et poésie.
C'est l'Argentine... où se côtoient les mystères des légendes de revenants, le crime et la douceur de vivre.
Voyage mouvementé en perspective pour une lectrice insatiable !
Mariana Enriquez est dites-vous la blackstar de la littérature Argentine. La chanson de Bowie est bien belle. En avez-vous la traduction ? Je crois qu'il y chante la mort façon Baudelaire, divinité ensorcelante...
Dites au mons l’Etoile Sombre! Ça aura plus de gueule que ce franglais emprunte on ne sait où à on ne sait qui!
Cherchez et vous trouverez...
Blackstar, le dernier album de David Bowie sorti deux jours seulement avant sa disparition le 10 janvier 2016, acclamé pour son audace est un ultime adieu artistique poignant.
Bowie y raconte un cycle éternel : la mort, suivie d’une renaissance. Il chante, d’une voix spectrale :
"Le jour de sa mort, quelque chose se produisit.
Son esprit s’éleva d’un mètre et s’écarta.
Quelqu’un d’autre prit sa place et cria courageusement :
« Je suis une Étoile Noire. »
https://popetry.wordpress.com/2016/08/01/popetry-traduction-david-bowie-blackstar/
Voilà une traduction possible.
Un lieu ensoleillé, de Mariana Enríquez : Le soleil noir de Mariana Enríquez - En attendant Nadeau https://share.google/ejXrFLmEqHYorXDxM
Un beau regard sur ces nouvelles et sur Mariana Enriquez
La couverture du livre est fascinante (une peinture signée Guillermo Lorca).
Actualittés .com Mariana Enriquez ”Ce monde est profondément bizarre ”. Intéressante interview .
Donc cette femme écrivain s’inspire de l'univers de David Lynch, et de David Bowie
non, c'est mon délire. SV
Toutefois, Elle dit à la Maison de la Poésie, en fin d'entretien l'influence de musiques, de chansons qui l'ont inspirée.
À la fin du livre elle en dresse la liste.
Son univers, elle en parle bien. J'envie les gens qui comprennent sa langue car la traductrice résume plus qu'elle ne traduit...
Mais lisant la première nouvelle, et l'écoutant, je comprends votre rapprochement. C'est une femme passionnante, très agréable à regarder, à écouter. Elle parle avec tant de légèreté de ses nouvelles. Il y a de la joie en elle, plus que dans ses nouvelles !
https://actualitte.com/article/126808/interviews/mariana-enriquez-ce-monde-est-profondement-bizarre
Oui, c'est vrai. Voilà le lien. Merci.
Lien impossible à ouvrir
Cherchez directement le lien avec "en attendant Nadeau" car le lien ne fonctionne pas.
Pour David Lynch c'était un rapprochement que j'avais fait dans les commentaires de 2023 concernant un autre recueil de nouvelles que vous aviez présenté "Ce que nous avons perdu dans le feu". Billet que l'on peut relire grâce au lien bleu en début de billet.
Un lieu ensoleillé pour personnes sombres, cette nouvelle don't Le titre a été repris pour le livre.
Trente pages pleines de mystère à cause du puma. Cette nouvelle a dû inspiré l'artiste qui a créé la couverture, Guillermo Lorca.
Bien aimé l'introduction avec le texte de Jack Kerouac (Sur la route) donne une fine pensée sur L. À., "la plus solitaire, la plus brutale de toutes les villes américaines".
Donc, la tristesse.
Elisa noyée mystérieusement Dans Le reservoir d'eau... près d'un hôtel sinistre...
"P22, aussi appelé Brad Pitt, le puma solitaire qui vit à Los Angeles." celui qui s'est échappé de la jungle et qui traîne à Griffith Park.
Dans cette nouvelle si triste (ce jeune junky crasseux qui se pique les veines), ces jeunes morts désespérés, il y a des moments d'immense beauté. Ainsi celui-ci.
"Les souvenirs n'arrivent jamais quand on s'y attend, ils sont comme ces chats qui dorment au soleil, tout paisibles, mais si on se risque à leur caresser le ventre, ils vous balancent un coup de griffe directement dans les yeux."
Avant de refermer le livre, j'ai lu plusieurs nouvelles. Que de morts ! Que d'êtres souffrants ! Que de fantômes malveillants, de tourments, presque de sorcellerie... Je n'ai pas besoin de cet imaginaire-là. Mes morts sont paisibles, ils ne me hantent pas. Parfois l'un d'eux traverse un rêve, une pensée fugitive toujours avec douceur puis la mélancolie qui suit la perte des êtres aimés .
Ce livre de nouvelles agite l'eau claire de la mémoire et transforme notre imaginaire en Cour des miracles.
Je retiens le chat griffu des souvenirs ( commentaire précédent). C'était une belle image. Mais j'en reste là, cher So'eil vert. Assez de gris avec cette pluie qui ne cesse de tomber !
Mais je retiens qu'elle s'est heurtée au mal, à la souffrance. Ces nouvelles naissent dun vécu, dun regard posé sur les victimes de ce siècle, surtout les plus jeunes. Ce n'est hélas pas de la science-fiction... Ce qu'elle apporte d'imaginaire c'est ce qu'elle imagine après la mort, les disparitions non élucidees. C'est un monde poisseux de revenants, de cris, de sanglots. Du réalisme teinté de légendes des pays d'Amérique latine. Je pense à Borges. À Goya...
Les lieux sont très importants dans ces nouvelles. Le quartier de Los Angeles qui est le cadre de la première nouvelle devient un personnage à part entière.
Ce qui est pesant dans ces nouvelles c'est le Mal qui rôde dans chacune d'elle, la férocité, la cruauté. Comme un écho au mal qui court dans le monde, en Amérique latine, en Afrique, en Europe, en Russie. Un mal qui est toujours justifié par ceux qui le font soit en actes soit en paroles. Le mal bien installé dans la nature humaine qui sourd des failles de l'inconscient mystérieusement comme une faim. C'est cela que j'ai rencontré dans plusieurs de ses nouvelles. Mariana Enríquez est une femme de notre temps qui a un pouvoir d'observation aiguisé et une grande connaissance des mythes d'Amérique latine. Mais elle aime semer l'épouvante, domaine que je n'apprécie guère...
Sans doute aussi Thomas Ligotti mais je le connais peu. SV
Et moi pas du tout !
Pour le Mal ce qui vous semble pesant peut être aussi réel…,ou leste d’assez d’effets de réel pour qu’on y succombe. Je me demande ce que vous diriez de Le Braz et de sa Légende de la Mort. ( certains passages…) Et inversement, vos Morts paisibles sans dramaturgie peuvent n’inspirer qu’ennui distingue à d’autres.,. MC
Dommage que vous ayez censuré mon message, SV... Il était vriament sincère... Mais je peux comprendre votre gêne, connaissant votre légendaire modestie. N'enlevez as celui là. Sinon, je vais crier à la censure ! Bonne suite à vous,
Je ne crois pas qu’aimer Le Braz soit aimer l’Horreur. Je pense simplement que c’est une autre perception que la votre…Elle l’inclut peut-être aussi dans ce qu’elle comporte de tristesse….et voilà !
Ce n’est pas l’Eglise pontificale, pour Jeanne , c’est un tribunal d’église choisi par l’Occupant. Warwick.Il est bon de faire observer que Cauchon n’est plus grand chose a cette date, et que paradoxalement, c’est sa mort accidentelle, sans sacrements, qui va faire reparler de lui…
(jjj) Dommage que vous ayez censuré mon message, SV... Il était vriament sincère... Mais je peux comprendre votre gêne, connaissant votre légendaire modestie. N'enlevez as celui là. Sinon, je vais crier à la censure ! Bonne suite à vous,
Bah parfois la tentation de supprimer le commentarium me titille. SV
Oui, mais plus comme un épouvantail que Cauchon brandit à distance.,.le règne de Charles VII verra tout de même la Pragmatique Sanction qui fera bien du mal financier à Rome. Cependant, pppur en avoir le cœur net,il faudrait voir la Correspondance de Martin V.,,.
Édition de Pierre Tisset où on peut lire ses vraies réponses dans sa façon de parler, pas la version en latin.
106 pages que j'ai relues sur gallica. bnf. fr
Toujours aussi étonnantes. Quel aplomb!
@ Bah parfois la tentation de supprimer le commentarium me titille. SV
EXCELLENT !... J'adore. Et merci pour l'élégance de cette réponse, cher SV.
Un espoir qui me titillait un brin... Bàv,
"On ne peut pas discuter avec un interlocuteur qui croit ou soupçonne passionnément que la fonction du poète n'est pas d'écrire, mais bien plutôt d'écrire ce qu'il écrirait si sa vie dépendait de son degré de responsabilité pour écrire ce qu'il devrait écrire dans un style conçu pour écarter le moins possible ses anciens bibliothécaires. "
P. 158 de" dressez haut la poutre maîtresse, charpentier" de j. d. salinger (robert laffont)
«Acceptez, je vous prie, ce bouquet sans prétention de parenthèses précoces : (((()))).»
J. D. Salinger
"Seymour, une introduction" .
Traduit par Bernard Willerval
En passant...
A propos de commentarium.
C'est vrai que c'est un espace mystérieux. Pourquoi existe-t-il ? Au départ, sur un blog littéraire comme celui de S.V, pour commenter le livre ou l'auteur présentés dans le billet.
Et puis, la tentation d'écrire comme on le ferait avec la parole dans la maison d'un ami.
Il se peut que quelque chose d'imprévu vienne dans le flot des pensées qui, pour celui qui écrit est né ici, de ce qui est écrit dans le billet ou dans un commentaire. Et ce quelque chose, soudain, fait oublier S.V et son billet et son choix d'une fiction. Parfois c'est S.V qui joue aux bifurcations. Il suffit d'une musique, d'une image, d'un mot.
Cest vrai que S.V est généreux mais comme les chats - qu'il aime tant -, parfois, il ne dort que du œil, prêt à bondir, à sauter, à courir... Indépendant et mystérieux.
JJJ, le passager clandestin, apparaît souvent à l'improviste, continuant une conversation avec lui-même ou avec un visiteur rencontré ici ou ailleurs. Son fuseau horaire est instable, ami des so'eils de minuit. Un peu comme M.C qui soudain quitte ses études pour venir donner son avis et puis, hop ! disparaît comme un lutin.
Et Libraire, - homme ou femme ? On ne sait...- mais quel lecteur ou lectrice ! et d'autres passagers de ce vaisseau intergalactique, tous attachants, tous voyageurs.
Autour du vaisseau, des milliers d'étoiles et de planètes.
Parfois cet espace infini ressemble à la bibliothèque de Borges...
J’ai la Tisset dans ma Bibliothèque, même si c’est toujours « Johanna dixit ».,, on peut faire confiance aux scribes de l’ Inquisition et de Charles VII . Savez-vous qu un autre spécialiste du double jeu entre la France et l’ Angleterre se glissa dans ce Procès? Pas moins que Robert Jolivet, Abbé du Mont St Michel, qui d’un côté le fortifie contre les Anglais, et de l’autre vient se faire bien voir du Roi d’ Angleterre pour sauver les possessions anglo-normandes de l’ Abbaye? Il n’apparaîtrait que dans une signature..,
« 106 pages? « Avez-vous tout lu? Quand je vois mes trois volumes, J’ai des doutes…
Oui , il doit il y avoir quatre extraits dont trois du procès , le quatrième étant adressé au Frère Seguin a Poitiers qui lui demande si ces voix parlaient français , et s’entend répondre « meilleur que le vôtre! »Je ne sais plus où ça figure , peut être dans la Réhabilitation. Seul écho du livre perdu de Poitiers à qui Jeanne fait référence au Procès…
Et à l’oppose, le « qui fera les voix? « !et sa réponse Anoulhesque ; « Moi, bien sûr! » Parce qu’on ne peut écarter cet aspect , et il l’a bien senti …,
Très fine remarque, bravo !
En fait, peut-être manière de dire que les voix sont indissociables du personnage. Je me souviens d’une remarque de Foucault , bien ultérieure, parlant de ce monde où «Jeanne serait soignée à la Thalydomide »
Page 207 la question qu'il se pose pourrait contenir la clé de ce roman...
Repris le Vesperini . Constate qu’on revient à ce que veut dire Lucrèce. Mais toutes ces considérations ramènent à Hugo qui voyait loin. « l’ Illimité est dans Lucrèce » pense-t-on avec dans l’oreille une formule du William Shakespeare….
Et au fond , c’est de cela qu’il s’agit . Substituer à Epicure seul une dramaturgie épique et satirique ( pas au sens étroit de notre époque) une poésie épico- encyclopédique, qu’il faut s’imaginer commenter par des Grammatici, et où tous les éléments sont au même niveau d’importance, une sorte de catalogue épique et mêle…
Vesperini pense que Lucrèce utilise l’ épopée et la satura, mot à mot l’épique et la sauce ce qui provoque un mélange détonnant, les deux genres n’ayant pas l’habitude d’être couplés. Par ailleurs, l’érudition antique mettait tous les sujets ( animaux, pierre , etc ) à égalité, selon un principe circulaire un peu « comme la Table Ronde Arthurienne » . Lucrèce respecte ce principe de circularité entre les Savoirs qui va très loin dans les textes conservés.Donc chez lui, il n’y a pas qu’epicure, tous les sujets sont aussi importants.. Conséquence : Lucrèce est , comme beaucoup de son temps, un catalogueur, et le De Natura est aussi un catalogue! La lecture par les Grammatici , pour être reconstituée, suppose qu’ils connaissent la Philosophie d’ Epicure, mais aussi les autres philosophies opposées, et qu’ils en fassent état auprès du dédicataire. On a donc un poème- cercle qui engendre un commentaire lui-même circulaire.. ..c’est ça qui donne cette impression d’illimité ressentie par Hugo. Oui « l’illimité est dans Lucrèce ». » » »
Un catalogue encyclopefique! Je tiens à cette précision !
comme la fameuse image de l’archer qui lance une flèche aux bords de l’univers, en vue de montrer son infinité...
Oui, mais que cette image soit rappelée est à mon sens une bonne chose. Le poème devient prétexte et centre de commentaires sans fin ( Les Grammatici) . par ailleurs, ce que nous appelons la nature n’existe pas aux yeux du monde antique pour qui tout ce qui est visible est culture. Voilà pour la peinture. Pour le reste , Hugo ne va pas à Dieu par les Tables, elles fortifient sa croyance en lui. Enfin l’image de l’ Archer est à double tranchant, étant aussi hugolienne, et le premier texte dit bien « Il avait blessé Dieu ».. Les variantes atténueront en « avait-il « etc ce que cette proposition a d’extraordinaire et de démesuré…
Ah, bonjour. Mon téléphone est en pause, la nuit...
Et au matin, une cible imprévue pour la flèche.
Pour le monde antique, vous dites, que tout ce qui est nature est culture. Là, je cale...
Par contre, des commentaires sans fin... Eh oui, nous connaissons... Comme l'eau du ruisseau qui va à la mer, puis aux nuages, puis à la pluie et retour au ruisseau. Mais quel voyage ! J'opte pour le changement de l'eau en nuage. Entre les deux, métamorphose... et là dans le monde antique, ils connaissaient... tutti fruti, des hommes, des dieux, des bêtes et des p'antes... sans oublier les étoiles et le soleil, la lune et le vent.
Merci.
Mais pour en revenir à Lucrèce, j'ai aimé qu'il ne conçoive que rien ne peut exister en dehors des atomes, qu'il croyait indestructibles,... rien que le vide... et l'infini du vide où ils tombent indéfiniment.
J'ai aimé aussi son effort pour libérer l'homme de ses fausses craintes.
Et à nouveau Baudelaire, dans "Le spleen de Paris" , me réjouit par cette pensée : " Qu'importe ce que peut être la réalité placée hors de moi si elle m'a aidé à vivre, à sentir que je suis et ce que je suis."
Hélas, ce n’est pas ce qu’il dit. Le livre VI baigne dans les miracles d’ Aristote, et même la théorie lucretienne sur les atomes ne sort pas rigoureusement d’ Epicure. En fait le poème s’éloigne de plus en plus d’ Epicure . Il faut le voir comme un grand tout quasi oulipien , et recouvrant tout le Savoir Antique…
( je parle du livre VI mais il y en a d’autres…)
« Vous savez tant de choses! » Non , je résumais un peu Vesperini . St Bernard ne disait-il pas que nous sommes des nains sur les épaules des géants ?
Se jugeant lui-même un nain, j’en déduis que St Bernard ne les méprisait pas! Le Géant, c’est la culture antique mais pas que, le livre, les auteurs qui nous précèdent et nous forment. Je ne vois la que simple reconnaissance, et surtout, comme vous le dites très bien, une volonté humble de savoir.
Le livre, et les Bibliothèques pour être complet.
Oui, ce scientifique aussi. Dans une lettre à Hooke en 1675, Isaac Newton prononça ces mots : « Si j’ai vu plus loin, c’est parce que j’étais juché sur les épaules de géants. » Cette citation est aujourd’hui souvent utilisée pour symboliser le progrès dans le domaine des sciences.
Cest bien votre précision même si j'avais compris le symbole mais je préfère Newton qui ne garde que les géants....
Vesperini p 219 : Catulle se plaint de ne pas avoir emporté assez de livres, car « on écrit à partir des vers des autres » et souvent en les citant littéralement. Un « Volatile Telus, » que Lucrèce reprend à Sueius, devient chez Virgile un « volatile ferrum » , et l’expression revient chez l’anonyme de l’ Iliade Latine sans rien y changer. Qui plus est, le terme est employé dans la même position métrique. Conclusion : « Les poètes mémorisaient des milliers de vers, tant grecs que latins ». C’est une manière de grimper sur plus grand que soi….
Ou ceux. qu’on estime tel
Un enfant sur les épaules de son père aurait été une plus douce image...
Je lis "Mon enfance" de Hermann Hesse. (Traduit par Edmond Beaujon). Ce sont deux textes mis bout à bout, l'un de 1948, l'autre de 1907. (Je suis sous influence !)
Au fond, à quoi sert l'enfance se demande-t-il... Tentant de comprendre comment il est devenu ce qu'il est, il met à jour un travail de transformation littéraire, transformant sa vie en œuvre d'art... par la magie de l'écriture.
"A côté des récits de la Bible dont la résonance et la signification me demeuraient inaccessibles, Je me suis largement abreuvé à la source des contes. Le petit chaperon rouge, le fidèle Johannes, Blanche neige chez les sept nains des sept montagnes m'ont retenu captif dans le cercle de leurs bavardages enfantins.... "
Ou comme il le fait dire à son personnage dans" Demian" : "La vie de chaque homme est un chemin vers soi-même, l'essai d'un chemin, l'esquisse d'un sentier. Personne n'est jamais parvenu à être entièrement lui-même ; chacun, cependant, tend à le devenir, l'un dans l'obscurité, l'autre dans plus de lumière, chacun comme il le peut. "
Mais tout récit de ce genre est une reconstruction maîtrisée, un peu nostalgique. Et vous, votre enfance. Un jour vous avez écrit que vous aimiez lire les récits de Gaston de Paris...
Cela m'a donné envie de relire le magnifique billet de Soleil vert sur "Le loup des steppes" de Hermann Hesse. (22 Octobre 2022). J'ai relu aussi nos questionnements à propos de livre, de Goethe, de Thomas Mann.
Il y a sur ce blog des livres fantastiques, de longs échanges littéraires. Un vrai trésor.
Dans "Mon enfance", il y a une lettre du père laissée pour lui. Hermann Hesse avait lancé un caillou dans la vitrine d'un commerçant et refusait de l'avouer à son père. Il fut puni.
Le père devant partir une semaine en déplacement lui laissa ce courrier :
"Je t'ai puni pour une faute que tu n'as pas reconnue. Si tu l'as tout de même commise et que tu m'aies donc menti, comment pourrais-je encore t'adresser la parole? S'il n'en est pas ainsi, alors je t'aurai injustement corrigé. A mon retour, dans une semaine, il faudrait pourtant que l'un de nous deux puisse pardonner à l'autre.
Ton père. "
Et Hermann Hesse ajoute :" Ce mot d'homme à homme m'inspirait de la fierté et du remords : j'étais touché au vif, ce qu'aucune parole n'aurait pu faire. "
La suite est très belle.
Mais je Hesse de.Damian voisine vraiment avec l’occultisme!
Oui, c'est un auteur très étrange. Déjà dans Le loup des steppes que d'étrangeté. Damian, xest si loin... Il faudrait que je le relise. Ces souvenirs d'enfance que je découvre contiennent beaucoup d'interrogation sur l'identité. Le livre, très court, se termine par la mort lente d'un ami à qui il rend visite, atteint d'une maladie incurable. Il ne comprends pas du tout qu'il est en train de mourir.
Je crois que c'est un bon complement, Une recherche de qui il est...
Hesse a été très proche de certains courants occultes d’où peut-être l’intérêt, limité mais réel, de Jung pour une part de son œuvre…. MC
Ah, vous aussi vous ne dormez pas. Je crois à lire son enfance et à relire Le loup des steppes qu'il a été un enfant élevé dans une famille claire, douce et ferme où le bien, la morale, la confession, le rachat des fautes était une protection qu'il savait pouvoir retrouver quand il s'égarait. Mais très vite il a été attiré par l'autre monde, celui interdit des mauvaises fréquentations, des bêtises. Un monde violent, où l'on crie, où l'on tue, où on entend des histoires qui font peur. Un monde effrayant mais fascinant.
Que ce soit dans Demian ou dans Le loup des steppes il y a cette dualité, ces dédoublement, ces métamorphoses intérieures où il passe de l'une à l'autre de ses personnalités contraires.
Pour moi ce n'est pas de l'occultisme mais plutôt le mystère de l'âme humaine où se côtoient orageusement les attraits contraires du bien et du mal.
Demian c'est une sorte d'éducation, de formation pour accepter cette dualité sereinement sans forcément la combattre tout en sachant qu'on ne se connaît pas vraiment. Trop de forces nous traversent dont certaines se plaisent dans l'ombre, dans linterdit.
Cest un auteur peu connu en France et pourtant d'une grande finesse qui bien sûr à plu à Jung, à Mann, à Freud... J'ai profondément aimé le lire dans les années de jeunesse où j'allais, libre comme l'air, loin de tous les carcans idéologiques des religions, de la société établie, des diseurs de bonne conscience. J'étais très libre intérieurement, ai fait les 400 coups sans hésitation, proche d'amis philosophes et passionnés de littérature, d'artistes. Aussi Hermann Hesse et ses romans dangereux me p'aisaient mais jamais je n'ai été attirée par l'occultisme.
Voilà, une petite insomnie partagée.
Demian c'est...
Mais l'enfance passe vite dans cette famille du pasteur évangéliste et pietiste, Johannes Hesse, rattaché à la mission de Bâle. La mère, Marie, fille d'un missionnaire protestant... Retour à Calw.
Le séminaire se profile avec ses contraintes. La fugue est proche. Les parents cherchent alors à utiliser divers soignants pour épileptiques et malades mentaux... Hermann Hesse songe au suicide, ne le cache pas à ses parents. Il sombre dans la dépression.
C'est dans cet univers de folie, de punitions, de soins aberrants que naît pour lui la revolte, l'impression qu'il n'a sa place nulle part, qu'il est un loup solitaire faisant de ses longues errances nocturnes à Bâle un univers peuplé de fantasmes. Il fréquente les auberges, fait des dettes. Les fugues et maintenant les voyages, dont l'Italie, seront sa sauvegarde.
Comment s'étonner qu'il se pose des questions sur son identité ?
Pas occultisme là-dedans, juste un homme qui se cherche, qui se cherchera toute sa vie.
Il devient apprenti libraire. Il écrit des poèmes pour garder cette trace, plus tard ce sera des romans. Une tentative de philosophie bouddhiste, l'époque de Siddhartha. (Lu il y a longtemps).
Demian, oui. Histoire d'une jeunesse sous forme de cahiers écrits par un certain Emil Sinclair... Le loup des steppes, et pour finir les deux textes d'enfance édités par Mille et une nuits, pour passer de la docilité à l'étonnement, puis à la mélancolie...
Il reprend la nationalité suisse en 1924. Et en 1934 adhère à la Société des écrivains suisses pour aider d'autres écrivains allemands chassés par le nazisme. Ses livres sont interdits en Allemagne...
Il meurt en 1962....
plaisaient
Lionel Richard dans une postface intéressante écrit que "ses doubles imaginaires lui servent d'exutoire pour accepter les oppositions enfermées au fond de lui-même." et que "sa vision de la vie est inséparable des meurtrissures de son enfance et de son adolescence."
Oui., il est en situation d'exil intérieur.
Dans ce livre, on suit au plus près ses doutes, ses révoltes associées à une tendresse et admiration certaines portées à ses parents qu'il contrariera tant qu'ils finiront par ne plus se comprendre du tout.
Je m’ exprime mal. Non, pas d’occultisme , si vous voulez, mais il devient très proche de certaines sectes. Damian ( Demon?) en porte la trace….
Et pas Damian , Demian!
Je vous lis, MC. Que ce soit pour Demian, Hugo et La chute de Satan ou autres romans et poésie, je ne confonds pas un mythe avec une réalité. Satan sous ses différents noms et pouvoirs supposés n'est pour moi qu'une invention de l'homme pour se déresponsabiliser du mal qu'il commet.
Quant aux sectes... Une parmi tant d'autres. Elles ne m'ont jamais attirées. Je n'aime pas les gourous!
Mais on parle de Demian , pas de vous !
Et qui plus est, ces mythes la, Hugo y croyait, lui!
Est-Ce B qu’il vous arrive d’expliquer un écrivain par son entourage ? Après tout, Balzac était Swedenborgien, et ça se sent dans plus d’un endroit de la Comédie. Et quand Rimbaud va chercher pour Izambard la machine à monstres, c’est curieusement l’Homme qui Rit et les Cumparchicos qu’il va textuellement chercher dans sa Lettre du Voyant…Il faudrait peut-être arrêter la Raison raisonnante qui ne donne rien….
« Au dela du cerveau, il y a quelque chose qui observe le cerveau lui-même « Joseph Joubert.
Ah, Les Carnets de Joseph Joubert. Pensées fulgurantes, fragmentées. Des notes au fil de la vie. Puissantes.
Cette phrase que vous citez, si on me demandait de l'expliquer je n'y arriverais pas mais elle me touche comme un mystère inatteignable.
Je m’en doute bien…
J'ai feuilleté à nouveau, cet après-midi, ses carnets. Ce sont des fragments de pensée percutants, pas toujours évidents mais l'intuition aime à saisir quelques mots leur donner la possibilité d'un cheminement. Il est très singulier. Ce qui est écrit se suffit. Le lire n'est pas une attente d'explication mais l'ouverture d'un silence pour aller là où on ne songeait pas à aller. Ses amis dont Châteaubriant aimaient lire ces pensées et sa correspondance. C'était sa forme d'écriture. Il n'avait pas besoin d'écrire des romans, des essais, juste ces esquisses. J'aime beaucoup.
Rédigés entre 1774 et 1824 ces Carnets sont publiés chez Gallimard avec un avant propos de Jean Paul Corsetti.
Chateaubriand! Le plus étonnant c’est cela . Cette œuvre qui couvre trente ans de guerres sans rien y sacrifier…
Oui., le grand théâtre de l'Europe était empli de turbulences et de violences, c'est le moins qu'on puisse dire. Et Joubert écrit une suite presque musicale, tendre et ironique, presque une rêverie entre ténèbres et lumière, pleine d'incertitudes. C'est une pensée en mouvement, souvent imprévisible, paradoxale . Au début, la philosophie des Lumières, puis la littérature, la philosophie-Platon est souvent cité - une méditation spirituelle puis le romantisme. Mais il reste très indépendant, retiré en lui-même, cherchant la tranquillité . Il ne songeait à publier, ni à achever. J'aime son écriture serrée, son fond très raisonnable, son attirance pour l'art (Rembrandt), et tant de petites touches composant le mode de sa pensée.
Une pensée douce de Joseph Joubert.
"Il y a pendant la pluie une certaine obscurité qui allonge tous les objets. Ce bruit même qu'elle cause, en occupant continuellement l'oreille, éveille l'attention. Cette espèce de teinte brune que l'humidité donne aux murailles, aux arbres, aux rochers, ajoute encore à l'impression que font ces objets. Et la solitude et le silence qu'elle étale autour du voyageur, en obligeant les animaux et les hommes à se taire et à se tenir à l'abri, achèvent de rendre pour lui les impressions plus distinctes. Enveloppé dans son manteau, la tête recouverte, et cheminant dans des sentiers déserts, il est frappé de tout, et tout est agrandi. Les ruisseaux sont enflés, Les herbes plus épaisses, le ciel est plus près de la terre... "
Je regarde toutes ces régions inondées, ces habitants découragés, fatigués. De l'eau partout...
Merci pour ces reflexions et nouvelles pistes de lecture. SV
Vous êtes tellement disponible, c'est rare.
Oui, je m'attarde un peu dans le livre de ce Joseph Joubert qui n'a pas voulu faire œuvre d'écrivain tout en étant écrivain. Ces morceaux de textes parfois inachevés couvre une curiosité insatiable. Tout s'y bouscule : philosophie, littérature, nature, Dieu -mais comme une source de lumière, les femmes ne sont pas gâtées par contre ! Et comme ça dure longtemps, l'histoire toque à la porte. Il paraît qu'il était très frileux aimant les châles et les bonnets. Aimant la vie retirée, discrète. Si MC n'en avait pas parlé ma mémoire de ces éclats de pensée serait restée blottie au fond de moi comme un loir, pour passer l'hiver. J'aime beaucoup cette forme d'écriture dans des petits carnets. Je crois qu'il aimait marcher, écrire dans sa tête en marchant.
Mais je suis désolée en écoutant ces sinistrés envahis par les eaux des fleuves gonflés de pluies incessantes. Le soleil revient la semaine prochaine mais pour eux ce sera terrible : retour à la maison, découvrir les dégâts, nettoyer, jeter attendre de l'aide des assurances. En attendant une grande solidarité débrouillarde et inventive donne de la joie discrète là où elle jaillit.
Bonne soirée, cher So'eil vert. Il fait bon chez vous comme auprès d'un bon feu de bois.
Non, le Château familial, c’´est Combourg! Lourdement restauré au dix/ neuvième. A quelles « fictions de Le Brazfaisiez vous allusion? Je pensais au collecteur de légendes, mais il est vrai qu’il a écrit des romans sur lesquels nous avons pu discuter. Si c’est la Légende, lesquels regard sur un livre peut changer. Disons seulement qu’elle ne prédispose pas au roman gothique.. Bien à vous. MC
Certes, mais l’un est près de St Malo, l’autre en Loire Atlantique, et ils n’appartiennent pas à la même famille. On ne peut pas faire plus opposé ! Pour la Légende, elle ne prédispose pas à admirer le roman gothique, mais à pénétrer les mentalités bretonnes telles qu’elles furent . Et telles que les saisit, avant Le Braz, un Paul Serusier…
Vesperini a propos de Lucrèce au Moyen Âge « or non seulement tout le monde savait ce qu’étaient des atomes, mais le mot atome ne figure pas dans Lucrèce » (!)Est- ce vrai? Pas de notes ici…
Encore Vesperini !
Chant 5- vers 422
Et vers 455
"Maintes fois en maint tours, les atomes dans la nature
Ont tourné sans fin..."
"sed quia multa modis multis primordia rerum
ex infinito iam tempore percita plagis..."
"Omnia enim magis haec e leuibus atque rutundis
seminibus multoque minoribus sunt element is...."
Et d'autres exemples dans le Chant 2
Vous et vos idées fixés !
Je répète donc !
Pour moi aucun lien entre Chateaubriand et le château de Châteaubriant !!!
Cest une astuce mnémotechnique pour la finale D ou T.
Vous êtes lassant, MC, avec vos pinaillages .
Vers 455
"Car tous ces éléments ont un atome lisse et rond
Infiniment plus ténu que ceux qui la Terre font."
Edition bilingue établie par Bernard Combeaud
"Lucrèce
Naissance des choses"
Collection Bouquins Mollat.
En particulier dans le livre 2.
Permanence, mobilité, combinaison des atomes, v . 67-120.
Atomes comparés à la poussière qui s'agite dans un rayon de soleil, v. 121-173.
La chute et la déclinaison des atomes, v. 259-301.
Variété limitée des figures atomiques, v. 345-534.
Les atomes de chaque type sont innombrables, v. 535-582.
Moi, non . Je vous ai signalé avec obligeance cet étonnant passage, qui affaiblit plutôt la thèse en question. Je n’avais pas à vous donner envie de le lire, connaissant votre résistance, puisque vous m’ aviez prévenu ! Mais rassurez-vous, j’ai fini le livre hier soir vers quatre heures et demie du matin…De là à dire que je n’en parlerai plus , non. Ce serait comme le promettre pour Madame Frances Yates! Enfin …
Il sera dit que les bonnes intentions ne seront pas saisies…
Cela dit, Lucrèce ne donne pas à lire,sauf morceaux choisis courants depuis sa récupération par le positivisme, la naissance de la physique. C’est une colossale ânerie Serrienne. Et il n’a jamais été le poète méconnu fondateur d’une bien problématique modernité, à la fois Épicurienne et Anti-Epicurienne, quand elle n’est pas Aristotélicienne, et franchement ludique. On peut toujours élever des petits fortins en son for intérieur à la gloire des Atomes, mais je suis désolé, ce n’est pas ce que dit le texte….Au demeurant quelle pertinence à cette théorie qui n’est pas celle d’ Epicure? La question est ; Ave quelles autres voisine-t-elle, et pourquoi ? Et pour y répondre, il faut lire à la romaine, dissocier le couple fond forme, imaginer ce que pouvait être lire dans cet autre monde….
Désolé pas pu vous répondre plus tôt . Simple question ; Si Serres dit au fond ce que Vesperini dit ,pourquoi reprocher à l’un ce qui est explicite chez l’autre? !
Pour les Chateaubriantises, nous sommes ici dans le domaine du texte écrit, qui peut amener des contresens quand nous nous lisons l’un l’autre, puisque nous ne nous entendons pas! Enfin lisant vite, je n’avais pas vu hier votre interdiction vesperinienne. Mille excuses. Je suppose que l’effet produit a été celui de la Muleta? Bien malgré moi (!6 Bien à vous. MC
Pour se « libérer de la superstition « encore faut-il y croire. Et Vesperini, avec d’ excellentes preuves, ne pense pas que ce soit du tout le cas. Il ne pense pas non plus que l’Eglise ait persécuté Lucrèce, en témoigne son absence sur la liste des index, et j’aurais tendance à le croire. Au contraire, cette contre-argumentation était la bienvenue dans un contexte dialectique, en gros du Haut Moyen Âge au Dix - Huitième siècles. C’est peut être étonnant, mais c’est ainsi..,,
C’est l’hécatombe, aujourd’hui !
Pas vraiment mais nous n'avons cessé de ne pas nous comprendre. Un jour peut-être on reparlera de Lucrèce, là j'ai développé une impuissance totale à vous convaincre. Ce n'est pas grave... Nous avons d'autres partages sur d'autres livres.
Voyez-vous, M. C., pour m'expliquer autrement. Je fais de nos dialogues ce que je fais de mes toiles. Si je n'arrive pas à les conduire là où je sentais qu'elles pouvaient aller, je les détruis. Pareil pour les mots qui ne sont que véhicules d'une pensée naissante sur les blogs, immédiate. Nous avançons à tâtons, ici, chez So'eil vert, avec en mains un livre que nous lisons, évoquons et soudain on se cogne à un obstacle : la pensée de l'autre, lecteur aussi qui vient avec un chemin de lecture different ou voisin.
Là, je défendais mon livre, ma lecture, tout en reconnaissant la qualité intellectuelle de celui qui établit une controversé.
Alors, après, je relis mes "touches de couleur" , mes lignes de construction et si elles ont été illisibles pour l'autre, je les efface. Elles renaîtront différemment mais assurément pour un autre livre car chaque livre lu parle aussi de nous.
Là, pour Lucrèce, l'écart était trop grand, j'ai repris mes mots, les ai entassés dans mon baluchon et j'ai repris la route. J'ai suivi So'eil vert sur de nouvelles lectures. Ce Jean-Yves Jouannais m'intrigue beaucoup. De plus il met dans ses billets des liens qui, ouverts, nous remettent en mémoire d'autres livres lus suivis des débats que nous avons partagés.
Donc vous dites "hécatombe"... Vous les avez lus, c'est l'essentiel et il reste vos remarques, votre lecture, intactes donc tout n'est pas perdu dans ce cimetière ou gisent des mots devenus muets.
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