mercredi 7 février 2018

Annihilation


Jeff Vandermeer - Annihilation - Le livre de poche





Une expédition composée de quatre scientifiques pénètre dans la zone X. Les onze précédentes incursions dans ce no man ‘s land mystérieusement apparu sur Terre, se sont toutes soldées par un échec. Les volontaires ont disparu ou sont revenus gravement malades. D’autres comme le mari de la biologiste, une des quatre femmes de la douzième équipe, souffrent de troubles mentaux. Poussée par le désir de comprendre les phénomènes responsables de l’altérité de son conjoint et qualifiée pour ses compétences en écosystèmes divers, elle franchit le seuil accompagnée d’une anthropologue, d’une géomètre et d’une psychologue, qui dirige les opérations. La biologiste tient le rôle de la narratrice, nous lisons son journal.


Jeff Vandermeer, écrivain rare et auteur de La Cité des Saints et des Fous, primé par le site du Cafard Cosmique en 2007, livre avec Annihilation le premier tome de la trilogie du Rempart sud. Le début de l’ouvrage donne l’impression de s’aventurer dans l’univers de Stalker, mais rapidement le lecteur est plongé dans la biosphère des textes de Lovecraft. La zone X ressemble à une région côtière, où s’enchevêtrent bizarrement des biotopes différents, forêts, marécages, plages. D’une tour enterrée surgit un ululement vespéral. Sur ses murs court un étrange texte végétal.


Annihilation appartient à cette catégorie romanesque qui fait la part belle autant à l’exploration qu’à l’introspection (1). L’étrange biosphère de la zone X est en quelque sorte la réplique de celles qu’explorait l’héroïne adolescente, comme la piscine non entretenue de ses parents. On pourrait d’ailleurs étendre cette dimension mystérieuse au roman lui-même. Les personnages sont désignés par leur fonction et non par leur nom, les motivations des commanditaires des missions successives comportent des zones d'ombre.


Récit d’une expédition qui part en déglingue tout autant que description d’un univers étrange, Annihilation tient et impressionne par son écriture. Il est vrai que Gilles Goulet est aux manettes de la traduction.  










(1) à l’instar de Vision aveugle de Peter Watts ?

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Celui-là, c'est pour bientôt, d'autant plus que le troisième tome doit bientôt paraître.

Ubik

Soleilvert a dit…

Et si Vandermeer s'était contenté de ce premier opus ?

Anonyme a dit…

En annihilant les deux suivants ? Mille diables !