C’est en 1946 que parut dans le numéro de Septembre
d’Astounding, une des plus célèbres nouvelles de l’Histoire de la
Science-Fiction, « Vintage Season » signée Lawrence
O'Donnell, pseudonyme du couple d’écrivains Henry Kuttner et Catherine Lucille
Moore. Elle dut sa renommée à ses
qualités littéraires mais aussi et surtout à un « final twist » resté
dans les mémoires. Elle n'a pas eu cependant les honneurs de la couverture. Au
fil des années, en ce qui concerne la VO, très souvent rééditée, elle fut
attribuée a à peu près toutes les combinaisons d'auteurs possibles : le pseudo
originel (sans doute le cas le plus fréquent), Moore toute seule (souvent dans
des recueils qui lui sont consacrés), Kuttner tout seul (pour une anthologie
GB), Moore et Kuttner ensemble (souvent dans des recueils qui leur sont
consacrés). .Le consensus actuel (en majorité) penche pour une création de
Moore même si le twist de la fin paraît assez typique de Kuttner. En VF, « Saison
de grand cru » est généralement attribué au couple. Le texte parut
initialement dans le recueil Déjà Demain au Rayon Fantastique, puis en
PDF et essentiellement dans Les Histoires de voyages dans le temps au
sein de La Grande anthologie de science-fiction. Admiratif, Robert Silverberg
(qui attribuait la paternité du récit à la seule C.L. Moore) en fit en 1989 un
remake, « En un autre pays » rédigé du point de vue d’un des Visiteurs.
Un jour de Mai, Olivier Wilson voit débarquer un homme
et deux femmes dans sa maison. Ils ont signé un contrat de location de vacances
pour une durée n’excédant pas la fin du mois. Seule condition, Olivier refuse
de quitter le domicile qu’il occupe avec Suzie. La propriété, quoique vétuste,
est assez vaste pour accueillir les contractants et les ressources financières
du couple sont maigres. Or justement sa femme vient de recevoir une offre
d’achat de leur villa, émanant d’une autre personne, à un coût déraisonnable.
Un étonnement, une inquiétude parmi d’autres qui assaillent l’esprit d’Olivier.
Le maintien, l’éducation, la distinction de ses locataires semblent indiquer une
appartenance à une catégorie sociale aisée. Pourquoi ne pas avoir choisi un
hébergement dans un établissement hôtelier haut de gamme ? Que viennent faire ces gens chez lui, si polis et si prompts à la dérobade ?
C’est à un Boléro d’angoisse que nous convient Kuttner
et Moore. Rédigé un an après Hiroshima, il traduit la prise de conscience de
l’effondrement possible des civilisations. Alors que les récits d’horreur décrivent
d’ordinaire un quotidien zappé brutalement par l’irruption d’un évènement terrifiant,
ou tout au moins une succession de faits inhabituels aboutissant à un raptus plein
d’hémoglobine, rien de tel ici ne fait signe. Tout est parfait, l’alléchante
proposition financière des visiteurs, leur attitude tout en retenue, leur
discrétion revendiquée, - mise à mal d’ailleurs par Kleph qui semble disposer à
franchir l’invisible barrière la séparant d’Olivier. Par petites touches les
auteurs transposent l’intrigue dans un registre d’anxiété et ce dès la
cinquième page de l’édition Poche avec un « desesperatly » dans la
bouche d’Olivier en réponse à une exigence d’Omerie : « Nous avons
choisi cette maison avec beaucoup de soin M Wilson. Nous ne tenons pas à loger
ailleurs. »Olivier dit avec désespoir : « Je ne vois pas
pourquoi. Ce n’est même pas une villa moderne … ». Dès lors la machine
est lancée, troubles, interrogations, les pièces du puzzle, pourtant présentes,
ne s’assemblent pas, Olivier franchit difficilement le pas de la compréhension
finale.
Pourquoi les révélations simultanées de cette
histoire, annonce d’une Apocalypse, de l’existence d’un Au-delà salvateur - le
Futur -, et de l’inaccessibilité de cet Au-delà nous touchent-elles autant ?
Parce qu’elles rappellent que la condition humaine est un nœud gordien d’impuissance
et d’espoir. Telles sont les Fins dernières suggérées par cette nouvelle
de science-fiction où la mort bleue est relatée sous l’angle esthétique par
des demi-dieux insensibles :
Olivier éleva la voix pour se faire
entendre :
« Mais vous en avez les moyens !
Vous pouvez changer l’Histoire, si vous le vouliez – supprimer toute douleur,
toute souffrance, toute tragédie.
-
Tout cela est supprimé depuis
longtemps dit Cenbé
-
Pas actuellement ! Pas
…cela ! »
Cenbé le regarda d’un air
énigmatique. Puis :
« Cela aussi »
dit-il.
Cette fiche a été rédigée par Sandrine et Soleil vert

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RépondreSupprimerCette nouvelle est remarquablement écrite. Par petites touches. L'anxiété monte. Aucune scène terrifiante et pourtant la menace est là. Un événement couve que les visiteurs connaissent ou du moins qu'ils pressentent. Événement pour lequel ils ont besoin de cette maison. La louer, l'acheter qu'importe ! Car c'est là qu'ils doivent être et pas ailleurs. Le fait qu'un délai existe : la fin du mois fait encore monter la tension. Une sorte de timide complicité s'établit entre Olivier et un des visiteurs, Kleph. Ce dernier dit sans dire. On sent qu'il est tenu au silence par une interdiction.
SupprimerSoleil vert, évoquant des demi-dieux fous, place ces visiteurs dans la catégorie des invulnérables, ceux qui ne risquent rien contrairement à Olivier et sa femme. La maison devient peu à peu une loge de théâtre où des visiteurs attendent un lever de rideau...
La période historique où cette nouvelle a été écrite cible les angoisses de millions d'êtres humains qui tanguaient entre espoir et terreur. Les guerres ont ceci de funeste qu'elles peuvent engendrer un chaos total, voire la fin de l'humanité avec l'arme atomique.
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RépondreSupprimerHistoires de voyages ds le temps, livre de poche en occasion.sv
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RépondreSupprimerLivre trouvé. Merci. Plusieurs nouvelles y sont rassemblées.
SupprimerJ'ai un lien pour l'avoir gratis en anglais.sv
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Supprimerhttps://archive.org/details/Astounding_v38n01_1946-09_cape1736/page/54/mode/2up
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SupprimerEt votre serviteur lit les nouvelles fantastiques et science-fictionesques de Mr Etchinson en attendant de se mettre à Heinlein, Révolte en l’An 2100 …. MC
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SupprimerComment s’appelait cet oriental qui avait créé un mémorable Sang des Labdacides, plus Sophocleen que nature?
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SupprimerBaudelaire a bien résumé les choses : « Notre âme est un trois mâts, cherchant son Icarie… ». MC
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RépondreSupprimerBien apprécié vos remarques sur A. Kieffer chez la RDL, également... Et surtout, le plaisir que votre retour y a suscité parmi quelques. Un rayon de soleil vert, là-bas, assurément printanier. Bàv, merci (J J-J).
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RépondreSupprimerJ'aimerais vraiment avoir votre avis sur" Wang Anyi - Le Chant des regrets éternels - Picquier Poche .SV
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RépondreSupprimerJe compte sur vous pour trouver des liens avec d'autres romans. Je pensais aux" Illusions perdues", mais cette femme poursuit, sur fond de grands bouleversements sociétaux (Mao), une trajectoire existentielle jalonnée de déceptions individuelles, tout en conservant dignité et élégance morale. J'adore ce roman. SV
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SupprimerLa ville étant presque un personnage, les personnages étant presque la ville et ceci sur plusieurs dizaines d'années, je pense à James Joyce, "Ulysse" où la ville de Dublin est inséparable de ces étranges personnages.
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RépondreSupprimerJe vous lis tout ouie :) SV
RépondreSupprimerL'absence de sensualité est elle une caractéristique de la littérature chinoise ? Il faut que je fasse des recherches SV
RépondreSupprimerHum, les dernières traductions sont celle de livres parus avant Le Chant des regrets éternels
RépondreSupprimerEn VO rien de postérieur à 1996 date de parution de ce roman SV
RépondreSupprimerIl y a vraiment une différence de ton entre la première partie assez cynique et la deuxième profondeur, écrite dans une fêlure pour ces personnages vivant une vie a part et où Ts'ayio est devenue infirmière. La troisième partie, je suppose, sera centrée sur l'enfant et la Chine des années plus proches.
RépondreSupprimerprofonde
Supprimer"Le Chant des regrets éternels ou Chant de l'éternel regret (長恨歌) est une longue ballade chinoise du poète Bai Juyi (白居易). Elle évoque l'histoire d'amour entre l'empereur Minghuang et sa concubine favorite Yang Guifei (719-756)."
RépondreSupprimerWikipedia.
Jusqu'à là pas vraiment de ressemblance.
https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-888/chant-des-regrets-eternels/
RépondreSupprimerAh En voilà plus !
Donc cet empereur choisit la femme de son fils comme concubine et fou amoureux délaisse ses responsabilités pour ne vivre que pour elle. La fin du poème est terrible puisqu'il accepte qu'elle soit étranglée en châtiment de son inconséquence.
Des regrets éternels... Oui, il a dû en avoir !
Mais si je reviens au roman de Wang Anyi et à la vie de son héroïne Ts'iyao, à part le fait qu'elle a été la concubine de M. Li, a-t-elle été aimée passionnément ? A-t-elle aimé passionnément ?
Arrivée à la page 504, je n'en suis pas certaine.
Je ne la comprends pas vraiment.
Peut-être est-elle seulement une métaphore de la ville de Shangai et de la Chine ancienne qui toutes deux semblent avoir perdu leur âme ?
Qu'est-ce que Ts'iyao peut regretter si ce n'est un rêve d'enfance, elle qui est née dans les ruelles de Shangai peuplées de familles modestes ? Qu'est-ce que l'auteur peut regretter, elle qui est née dans une famille d'intellectuels et qui a traversé ces années de mutation de la Chine. Elle semble éprise de beauté, de justice, de poésie, de vigilance aussi quant à la condition féminine. Sans être une féministe, la liberté et l'autonomie, à la lire, motivent bien des réactions féminines dans ce roman même si les femmes entre elles ne se font pas de cadeaux ? Beaucoup de ruses et de trahisons...
RépondreSupprimerQuant aux hommes, le seul que je retiens est M. Tch'eng resté fidèle à lui même jusqu'à ce départ forcé par l'indifférence de Ts'iyao.
Très étrange roman qui ne raconte pas ce qu'il paraît.
Donc, ce que j'aime le plus dans ce roman c'est le travail de réflexion qu'il produit. Je tangue entre ville et destin d'une femme difficile à suivre à cause de tous ces ratages et de cette passivité devant les coups durs. Elle n'est jamais dans la joie, elle ne peut que faire durer une mélancolie, une tristesse évanescentes. Parfois elle pleure sans savoir pourquoi... L'amour lui paraît étrange avec tous ces rendez-vous manqués. Elle n'est pas façonnée par le destin, elle est oubliée du destin comme si sa vie était sans importance. Et c'est cela qui est intéressant, cette banalité, ce consentement entre deux non ! Elle ne croit plus en elle, dirait-on. Je ne pense pas que les pages qui vont suivre vont la sauver de son chagrin.
RépondreSupprimerEt vous Soleil vert quel lecteur êtes vous de ce roman ? Y a-t-il dans le club des "pelés et des tondus" un autre lecteur de ce roman ?
Non SV
RépondreSupprimerEh bien, la fin du livre 2 est un feu d'artifice de noirceur. Glauque. Terrible, inimaginable. Même les ruelles de la ville sont gagnées par cette pestilence. Pauvre Lili, pauvre M. Tch'eng... Mais où Wang Anyi va-t-elle chercher tout ce désespoir. ?
RépondreSupprimerIl me reste la troisième partie. Il ne reste plus que Ts'iyao et sa fille. Étant donnée la fin de la deuxième partie je m'attends au pire...
Pourquoi, SV, ne voulez-vous pas parler du roman ? J'ai fait ce que j'ai pu pour essayer de le comprendre. Ce roman hybride est très très étrange et il le devient de plus en plus jusqu'à devenir un conte horrifique...
Vous me posez la question "Y a-t-il dans le club des "pelés et des tondus" un autre lecteur de ce roman ?" Je réponds non. SV
RépondreSupprimerJ'aime la mort de ce personnage :
RépondreSupprimer"Il se leva et enjamba le balcon. La fenêtre restée ouverte semblait l'attendre. Il sentit le vent lui frôler rapidement l'oreille, son corps léger comme une feuille sembla décrire un cercle dans l'espace. (...)
Personne n'assista donc au vol plané de... dans le vide, et son enveloppe de chair vide atterrit sans bruit. Il resta en l'air assez longtemps pour penser à des choses importantes. En effet, dès qu'il eut quitté le balcon, la pensée réintégra son corps. Il songea même qu'en fait tout était terminé depuis longtemps, il arrivait à l'épilogue, mais celui-ci avait trop traîné. A l'instant où son corps toucha terre, il entendit enfin le bruit du rideau que l'on baisse . "
Page 542.
MAGNIFIQUE !
Mon passage préféré dans ce roman-fleuve.
Une dernière confidence, les six premiers concertos brandebourgeois de Bach, en ce moment sur Arte avec tout plein d'instruments anciens.
RépondreSupprimerC'est exactement ce dont j'avais besoin.
En Brandbourgeois j'ai ceci dans mes favoris
RépondreSupprimerhttps://www.youtube.com/watch?v=hbQORqkStpk
Je ne sais pas si c'est la version avec Richter.
J'ai un extrait ailleurs avec Maurice André
Là c'est Claudio Abaddo . Dommage qu'on ne puisse voir l'orchestre même si le clavecin est magnifique. Je ne m'en lasse pas.
SupprimerAbbado
SupprimerJe me cite :
RépondreSupprimer"Le Chant des regrets éternels est le roman de la dignité et de la solitude d’une femme libre qui compose avec les péripéties et les déceptions de son existence."
Et s'il me fallait trouver un lien avec la littérature occidentale, peu-être" Les trois soeurs" de Tchekov. SV
Pour Wang Anyi, la vie de Ts’iyao n’est pas le sujet, elle est juste une image de la ville, symbolisant sa double identité, ville-lumière et ville-ombre ( et ô combien !) , Ts’iyao est devenue la voix et le corps de Shanghai. Comme la romancière l’a expliqué dans un entretien : « je voulais écrire l’histoire d’une ville à travers la vie d’une femme ».
RépondreSupprimer"souvenez-vous, au début, cette plongée dans les ruelles de Shangai ces ombres, ces ruelles inquiétantes.
RépondreSupprimer"À la nuit tombante, quand les lumières s’allument, ces points et ces lignes s’éclairent et les grands pans d’ombre, derrière, forment les ruelles de Shanghai. Ces ombres, vagues déferlantes semblant repousser les lumières, prennent une épaisseur sur laquelle flottent points et lignes qui la fragmentent, ainsi la ponctuation qui délimite les phrases d’un texte. Ces ombres sont un gouffre : si on y jetait une montagne, elle serait engloutie sans un bruit. On dirait en effet que de nombreux écueils s’y dissimulent et qu’un moment d’inattention peut vous faire chavirer. Toutes les lumières de ces points et ces lignes ressortent sur les ombres de Shanghai depuis plusieurs dizaines d’années. (...) À présent, tout semble vieux, laissant peu à peu apparaître les marques du temps"
Un autre passage décrit bien la vie à Shanghai "Dans les hauteurs des immeubles de Shanghai, nombreux sont ceux qui vivent ainsi coupés du monde. Leur vie quotidienne autant que leur destin personnel demeurent des énigmes. Ils vont et viennent, solitaires. Leur logement, telle une coquille, abrite-on ne sait quel mollusque."
RépondreSupprimerJavais bien aimé cette métaphore de la coquille.
Donc, nos deux lectures divergent quant à la personnalité de Ts'iyao. Vous créez une continuité de beauté, de liberté, de courage. Je la vois semblable à la ville avec ses côtés lumineux et ses démons qui sont là jalousie, convoitise, rêves de gloire. Nous nous rejoignons sur sa quête amoureuse semée de déceptions ou de morts.
RépondreSupprimerElle vieillit comme la ville, mystérieuse, tourmentée, prête à rendre l'âme telle qu'une actrice le mimait dans un studio où le cousin de son amie l'avait invitée, autrefois .
Ce n'est qu'avec le temps que se dévoile le sens de sa vie commencée dans la futilité des rêves de ces ados des ruelles de Shangai, être célèbre comme les actrices don't elles affichaients les photos dans leur chambre ou faire un beau mariage qui leur permettrait de faire partie d'un monde bourgeois qu'elles enviaient. Elle n'aura ni l'un ni l'autre, et trouvera dans des compensations médiocres un reflet melancolique de ses rêves abolis.
Wang Anyi ne craint pas de l'abîmer dans la dernière partie. Je crois alors qu'elle pensait à sa ville... mais elle lui laisse une élégance rare dont nous trouvons l'écho dans son écriture.
Merci. SV
RépondreSupprimerAu fai,t je signe toujours mes commentaires
RépondreSupprimer:) SV