jeudi 25 décembre 2025

Le Jour des Triffides

John Wyndham - Le Jour des Triffides - J’ai Lu

 

 

GENESE

  

Le Jour des Triffides a été écrit en 1948 et est resté "en l'état" pendant 2-3 ans jusqu'à que John Wyndham se décide à le proposer à Frederik Pohl (agissant en tant qu'agent) en raison de problèmes financiers s’ajoutant à la maladie de Grace (l'amour de sa vie, le modèle pour Josella) . Après quelques modifications à la demande de Doubleday (l'éditeur US) dont le retour à une origine "terrestre" des Triffides, c'est ensuite la publication et le succès international.


Il existe (au moins) quatre versions différentes du textes, plus ou moins abrégées (US livre, UK livre, Collier's & World Digest magazines). La troisième revient à une origine extraterrestre.

 

Pour concevoir son livre, l’auteur est parti d'une ancienne nouvelle ,« The puffball menace » connue aussi sous le titre « The spheres of hell » inédite en VF (mais facilement accessible en VO) évoquant des plantes empoisonnées, et d’une autre nouvelle non terminée et restée inédite introduisant l’idée de l’éclair vert qui aveugle presque tout le monde. Wyndham s’est enfin souvenu d’une promenade nocturne où il a eu l'impression d'être 'attaqué' ('strike down') par un jeune arbre agité par le vent qui aurait aussi pu le piquer s'il avait eu des épines ('sting').


La chronologie de la rédaction s’établit ainsi :

- écriture par JW

- révisions à la demande de Pohl (origine des Triffides terrienne, texte plus proche du présent,(spoiler) influence des satellites artificiels)

- 1ère version publiée par Doubleday (donc USA), quelques coupes pour accélérer le rythme = 80.000 mots
- 2ème version publiée par Michael Joseph (donc UK) , retour au texte original révisé = 91.000 mots
- 3ème version pour le magazine Collier's, abrégée (mais le Triffides viennent de Vénus) = 47.000 mots
- 4ème version pour le magazine World Digest (1953), encore plus abrégée (c'est le principe du magazine), il existe peu de détails précis à son sujet.

Pour mémoire, Simon Clark (un auteur plutôt spécialisé "horreur") donnera une suite au roman de Wyndham, The Night of the Triffids' en 2001. Le livre (pas terrible dans mon souvenir) disparaîtra assez vite.

 

 

LE JOUR DES TRIFFIDES

 

Un soir les débris d’une comète accompagnés d’immenses lueurs vertes s’abattent sur la Terre. L’Humanité contemple émerveillée le phénomène cosmique. Le lendemain tous les spectateurs de ce spectacle d’étoiles filantes se réveillent aveugles. Une minorité a échappé à la catastrophe à la faveur de circonstances exceptionnelles. Tel est le cas du biologiste William Masen hospitalisé à la suite d’une attaque d’un Triffide, autre fléau que devront affronter les hommes. En effet des expérimentations sur les huiles végétales ont abouti à la création de fougères vivantes capables de se déplacer et de tuer à l’aide d’une spire, un fouet  doté de glande venimeuses.

 

Dans l’immédiat le chaos s’installe partout dans le monde. William, qui se fait appeler Bill par sécurité, croise dans Londres des foules désemparées, perdues. Certains ont réussi à capturer des rescapés et les forcent à trouver des magasins d’alimentation. Bill sauve une jeune femme des griffes d’une brute et tous deux recherchent des groupements humains où subsisterait un semblant de rationalité et qui abriteraient des individus susceptibles d’élaborer des projets de survie.

 

Impossible d’échapper au souvenir de La Guerre des Mondes de Wells en lisant le récit de cette fin du monde provoquée simultanément par un cataclysme cosmique et l’envahissement de la Terre par des extra-terrestres que nous aurions par contre involontairement créés. Wyndham laisse même entrevoir une possible intervention humaine dans l’action destructrice de la comète. La modernité du Jour des Triffides, texte publié en 1951, tient au procès en sous-main d’une métaphorique cécité collective. On est loin du « Pays des aveugles » du même Wells et du Monde aveugle rédigé par Daniel F. Galouye dix ans plus tard qui décrivent des sociétés d’aveugles parfaitement organisées.

 

John Wyndham porte un regard sans concession sur les micro-communautés censées guider l’Humanité sur les chemins de la survie. Quelques-unes dont celle de Torrence promeuvent le retour à des seigneuries féodales dans lesquelles une poignée de voyants régenteraient des non-voyants réduits à l’état de cerfs, avec injonction aux femmes de procréer. Le final en point d’interrogation rappelle que le sentier de l’espérance chemine entre le gouffre de la destruction et celui de la barbarie. A ce titre Le Jour des Triffides est indémodable.

 

 

 

Cette fiche a été réalisée par Sandrine et Soleil vert


106 commentaires:

  1. Alors là vous me faites plaisir, Soleil vert. Pour deux raisons. La première : j'ai réussi à agrandir le clavier de mon téléphone portable. Quel confort nouveau pour écrire !
    La deuxième c'est le roman que vous avez choisi. Nous l'évoquions il y a peu de temps.
    La troisième - comme je ne suis pas logique- c'est que j'ai commencé à le lire. Les dix premières pages me ravissent. On ne sent pas encore le dérèglement à venir, annoncé par le billet. C'est juste un réveil, un matin qui pourrait ressembler aux nôtres. Pourquoi donc ce quidam pense s'être réveillé un dimanche alors qu'il sait que ce jour devrait être un mercredi ? Et en quoi le fait qu'une pendule sonne huit coups est pour lui une preuve ? En quoi le fait qu'il soit hospitalisé lui paraît être une chance ? Et qui plus est, autre chance que ses yeux soient bandés ?
    Le billet me souffle la réponse mais avouez que l'affaire est rondement menée !
    Un autre mystère : l'absence de bruit. Une impression d'être un dimanche... Pas de bruit de voitures, de grincements de freins, de pétarades de pots d'échappement.
    "Ce matin là était différent. Mystérieusement different. - donc inquiétant."
    J'aimerais savoir amorcer une histoire de cette façon. Quel talent !
    Sur ce, je vais aller dormir. Hâte d'être à demain et de deviner le jour qui vient en écoutant les bruits ou l'absence de bruit. Vous êtes épatant, pas du tout banal dans vos choix !

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  2. Mais un bruit attendu est insolite : "pas même le bruit de sabots de quelques rares chevaux".
    Quand et où se passe donc cette histoire ? Dans les années 50 j'entendais ce bruit quand la voiture du glacier passait. Il avait, en bas de la rue, un hangar où il remisait les pains de glace qu'il soulevait avec un crochet et qu'il portait sur l'épaule, protégé par un sac de jute. C'était pourtant à Paris, dans mon quartier montmartrois. Nous jouions à la marelle sur le trottoir.
    Revenons au roman. Une annotation que j'aime : "Un sentiment déplaisant et vide commença à s'emparer de moi. C'était la même sensation que j'avais eue quelquefois lorsque, enfant, j'imaginais que des horreurs se cachaient dans les coins obscurs de ma chambre, n'osant poser un pied à terre de crainte que quelque chose ne surgisse de sous le lit".
    Oui, c'est bien la nuit de l'enfance, ombres et craquements insolites... Peurs primales qui resurgissent attendant le bon moment.
    Voilà le moment que j'aime, je commence à oublier le billet de Soleil vert et j'entre dans une histoire inconnue avec ravissement. Pourvu que ça dure...

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  3. C'est étrange, la façon dont le narrateur raconte cette aventure me plonge dans un univers sonore. Le délice des fictions radiophoniques diffusées dans les années 50... 60. "Les maîtres du mystère"... J'adorais les bruitages, les souffles, l'atmosphère. Sensations plus proches de la lecture que les écrans.
    J'aime cet espace aveugle où seuls les mots et les bruitages font naître des images. Ce roman commence très très bien. De sensation auditive en sensation auditive, le personnage qui se déplace à l'aveuglette et se cogne partout découvre un matin angoissant. Et comme il ne peut ôter lui-même ces pansements et bandages oculaires, il nous oblige à faire de même. Nous voici lecteurs aveugles tâtonnant entre les murs de cet hôpital...

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  4. C'est une construction symétrique vraiment intéressante. Ce narrateur n'ose pas ôter ses bandages oculaires. Il est donc provisoirement non voyant et pense être lésé puisque personne ne venant à son aide, il ne pourra pas observer la comète annoncée.
    Pendant ce temps tous les "voyants" we précipitent à l'extérieur des maisons pour observer cette comète.Or, si je e souviens du billet de So'eil ver, les gens qui la regarderont deviendront aveugles et donc le narrateur dont les yeux sont protégés ne le sera pas. Pas mal !

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  5. Votre nouveau papier, SV, me fait furieusement penser moins à Welles qu'au meilleur roman de José Saramago, l'Aveuglement, qui m'avait fait durablement gamberger... Elle décrivait les dérives apocalyptique immédiates de la "condition humaine" brusquement confrontée à une épidémie de cécité collective.... Bàv,

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  6. oups / HG Wells ... Il décrivait,.... - etc.

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  7. Je viens de retrouver ce papier de G Mion à propos du roman de Saramago... et sur la wiki, remarqué que le Nobel portugais s'était "inspiré" du roman que vous venez précisément d'évoquer... 'Ouf, j'ai pas tout faux, pour une fois !...) - Bien à vous,
    https://mondeenquestion.blogspot.com/2009/08/laveuglement.html

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  8. Intéressant, JJJ, mais j'ai tant de p'zidir pour l'instant à lire "Le jour des Triffides" de John Windham que je continue mon chemin de lecture.

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  9. Le premier chapitre se termine page 31. C'est un sans faute ! Seul le narrateur voit parce qu'il n'a pas regardé les éclairs verts accompagnant le passage des débris de la comète. Dans l'hôpital, hors l'hôpital, la vie s'est comme arrêtée. C'est pour cela qu'il n'entendait plus aucun bruit. Tous les habitants prostrés découvrent qu'ils sont aveugles, tous sauf lui.

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  10. J'aime bien faire une pause, imaginer une suite possible...

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  11. quelques précisions d'ordre technique :
    - le roman a été écrit en 1948 et est resté "en l'état" pendant 2-3 ans jusqu'à que JW le propose à Frederik Pohl (agissant en tant qu'agent) pour des problèmes financiers s"ajoutant à la maladie de Grace (l'amour de sa vie, le modèle pour Josella) . Après quelques modifications à la demande de Doubleday (l'éditeur US) dont le retour à une origine "terrestre" des Triffides, c'est ensuite la publication et le succès international.
    - il existe (au moins) quatre versions différentes du textes, plus ou moins abrégées (US livre, UK livre, Collier's & World Digest magazines). La troisième revient à une origine extraterrestre.
    - pour concevoir son livre, JW est parti d'une ancienne nouvelle ('The puffball menace'/'The spheres of hell' inédite en VF mais facilement accessible en VO) sur des plantes empoisonnées, sur une autre nouvelle non terminée et restée inédite sur un éclair vert qui aveugle presque tout le monde et sur une promenade nocturne où il a eu l'impression d'être 'attaqué' ('strike down') par un jeune arbre agité par le vent qui aurait aussi pu le piquer s'il avait eu des épines ('sting').
    S.

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  12. SF et cécité :
    Le Pays des aveugles de H.G. Wells
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Pays_des_aveugles
    Le monde aveugle de Daniel F. Galouye
    Le jour des Triffides de John Wyndham
    L'Aveuglement de José Saramago
    Lettre sur les aveugles à l'usage de ceux qui voient de Diderot
    https://gallica.bnf.fr/essentiels/diderot/lettre-sur-les-aveugles
    Ciel brûlant de minuit de Robert Silverberg
    Vision aveugle de Peter Watts

    SV

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  13. chic, un jeu...

    des faciles :
    'Le géomètre aveugle' (KSR)
    'WWW Wake' (Sawyer)
    'le maître des rêves' (Zelazny)

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  14. rooooo tu lis Sawyer :) SV

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    1. "rooooo tu lis Sawyer :) SV"

      c'est pas bien de se moquer. Avant de prendre un peu la grosse tête à la fin des début des années 90 à force de moissonner des prix (Aurora, Nebula, HOMer, Seiun) et de se prendre pour LE auteur de SF canadien, il a écrit quelques trucs assez sympathiques (les trois Quintaglio, 'End of an Era'). Ses recueils de nouvelles (parfois quasiment autopubliés) sont très rares mais valent le détour.
      S.

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  15. Ce premier chapitre me rappelle une fiction de Sacha Guitry "Mémoires dun tricheur". Cette histoire délirante où toute une famille meurt empoisonnée par un plat de champignons sauf l'enfant qui n'en a pas mangé car il était puni pour avoir volé. C'est un peu pareil. Tout le monde plaint ce narrateur dont les yeux son bandés car il ne peut voir la féerie d'éclairs verts dus au passage de la comète. Lui-même est frustré. Or c'est le seul qui de ce fait ne sera pas touché par la cécité.
    Cela pourrait faire de ce chapitre une petite nouvelle qui se suffirait à elle-même.

    J'ai entamé le deuxième chapitre. On n'y parle plus d'aveugles mais d'une plante en pleine mutation, le Triffide, qui deviendrait dangereuse pour l'homme et qui plus envahissante. Et voilà que soudain elle se déplacerait dans un mouvement qui évoque la marche et qu'elle piquerait mortellement. Serait-ce une autre nouvelle ?

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  16. Et voilà pour quelle raison John Whyndham a inventé ces Triffides. Si ces plantes piquent l'homme au visage ce dernier risque de devenir aveugle... d'où la présence de William à l'hôpital dans le premier chapitre. Entre les éclairs verts et les Triffides, sale temps pour la planète !

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  17. Chapitres 1 et 2 rattachés mais c'est un peu artificiel car il n'est pas question de Triffides dans le premier chapitre ni de la population citadine du chapitre 1 dans le chapitre 2.
    Le commentaire de S. est fort utile.

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  18. Mais ça ne me choque pas. C'est le même travail que les artisans du crochet qui créent des multitudes de petits carrés avec leurs laines de couleir et qui ensuite les assemblent pour faire des couvertures. Les petits carrés, alors, s'enrichissent de leur proximité.
    C'est encore l'histoire de peinture à l'huile du billet précédent. Des petites touches étrangères les unes des autres vues de près qui deviennent lisibles vues de loin se metamorphosant en un tout. Tous ces arts sont autant dé métamorphoses. Ces grands artistes me laissent sidérée, heureuse.

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  19. Dans "Les chrysalides", John Whyndham est également préoccupé par des métamorphoses.
    Ici les p'antes se transforment en prédateurs..
    Deux métamorphoses conduisant à s'interroger sur l'évolution et ce qu'elle provoque de peur, de résistance, de défenses. Comme si il fallait toujours un dominant qui gagne sur un autre groupe. Éliminer pour régner, pour survivre. La mort prend des allures bien différentes... Comment s'achèvera ce scénario de la mort ? Un cadavre stellaire ?

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  20. Je pense aux trous noirs cachés au milieu des étoiles. La nature dépasse en fantasmes les auteurs de science-fiction ! La matière qui s'en approche est avalée, disparaît, projetée hors du temps et de l'espace. Ces Triffides sont aussi une sorte de métaphore des prédateurs qui aveuglent les peuples pour dominer, asservir. Et l'aveugle-voyant, rebelle, n'est-il pas Rimbaud?

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  21. Je pense aux romans de Michel Houellebecq, surtout à "La possibilité d'une île". Dans le dernier poème que Daniel envoie à sa femme avant de se suicider, il a écrit : « Il existe au milieu du temps/La possibilité d'une île ». Le Roman se termine par l'extinction des êtres humains sur une terre dévastée où les p'antes ont pris possession de l'espace.

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  22. Franck Nouchi écrit en 2005 dans Le Monde, à propos de la fin de ce roman de Michel Houellebecq :
    "(...) Quelques millénaires plus tard, la Terre est pour l’essentiel peuplée de néo-humains qui passent leur temps à lire les «récits de vie» de leurs «ancêtres» humains et à souffrir d’avoir dû, à ce point, renoncer à l’amour et au désir. Seuls subsistent çà et là, perdus dans d’immenses forêts, dans New York en ruine ou dans Madrid anéantie après une guerre nucléaire, des «sauvages», en réalité des humains d’après la catastrophe, revenus en quelque sorte à l’état préhistorique.(...) "

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    1. Et il termine son article par cette pensée du philosophe Arthur Schopenhauer : «L’existence humaine ressemble à une représentation théâtrale qui, commencée par des acteurs vivants, serait terminée par des automates revêtus des mêmes costumes.»

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  23. Pauvre Schopenhauer tartine par Nouchi…Si au moins la pensée était originale…

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  24. ”Jardin fatal” de Patrick Cauvin .Des plantes qui deviennent tueuses. (On va soupçonner au départ un chat..)C’est peut-être moins SF,mais j’avais bien aimé.
    Je note celui présenté.
    Libraire

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  25. Est ce qu’ S’ anonyme pourrait nous dire si les versions recensées des Triffides sont toutes imputables à John Wyndham, ou s’il y a du montage posthume là dedans. Quatre, c’est beaucoup . ..

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  26. Votre billet, Soleil vert, ne laisse aucune péripétie dans l'ombre. Oui, c'est tout à fait cela.
    La longue suite des chapitres 1 et 2 m'aura laissée un peu indifférente.
    Oui, on pense beaucoup à la guerre des mondes...
    Il me restera de ce roman SF le prier chapitre que j'ai beaucoup aimé. Une sorte de glissement dans le temps où un jour prend la place d'un autre.
    Les bestioles ou les p'antes venues d'ailleurs pour exterminer l'espèce humaine finissent par lasser.
    La nouveauté ici est la cécité. Une occasion de s'interroger sur le monde des non-voyants et sur la métaphore qui est suggérée comme vous le faites.je vais explorer un peu la pensée du philosophe Schopenhauer. Cette citation saisie par le journaliste du monde est bien intéressante.
    Bonne journée dans cette ville froide ou ailleurs.

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  27. J'ai trouvé le roman précédent de John Windham, sur votre blog (novembre) "Les chrysalides", plus original, plus sensible.

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  28. "Est ce qu’ S’ anonyme pourrait nous dire si les versions recensées des Triffides sont toutes imputables à John Wyndham, ou s’il y a du montage posthume là dedans. Quatre, c’est beaucoup . .."

    no problem...

    Dans un vague ordre chronologique :
    - écriture par JW
    - révisions à la demande de Pohl (origine des Tiriffides terrienne, texte plus proche du présent, influence des satellites artificiels)
    - 1ère version publiée par Doubleday (donc USA), quelques coupes pour accélérer le rythme = 80.000 mots
    - 2ème version publiée par Michael Joseph (donc UK) , retour au texte original révisé = 91.000
    mots
    - 3ème version pour le magazine Collier's, abrégée (mais le Triffides viennent de Vénus) = 47.000 mots
    - 4ème version pour le magazine World Digest (1953), encore plus abrégée (c'est le principe du magazine), il existe peu de détails précis à son sujet

    Pour mémoire, Simon Clark (un auteur plutôt spécialisé "horreur") donnera une suite au roman de JW, 'The Night of the Triffids' en 2001. Le livre (pas terrible dans mon souvenir) disparaîtra assez vite.

    S.
    -

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  29. C'est bien la façon de penser de Schopenhauer, tout à fait en phase avec ce roman de John Windham car il ne croit pas que l'humanité puisse évoluer vers un état meilleur, vers plus de sagesse ou de bienveillance. Il la sent pétrie de désirs insatisfaits, d'égoïsme malgré les progrès technologiques illusoires , "aveugle" , insatiable, vouée à l'échec. Pour lui, l'essence de la souffrance humaine ne change pas.

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  30. Arthur Schopenhauer sent une force irrationnelle, aveugle, une pulsion insatiable, animer les êtres et toute chose vivante (les plantes ?). Une sorte de guerre des volontés pour imposer un ordre dominant.
    La véritable paix, pour lui, semble résider dans un détachement total loin de la société moderne et de ses valeurs, de cette quête incessante de biens matériels, de statut social. Il voit les hommes pris dans le tourbillon des désirs insatisfaits, accumulant sans besoin véritable. Il voit les hommes pris dans des luttes de pouvoir, s'affrontant constamment. Il n'oublie pas non plus les formes dogmatiques des institutions religieuses qui deviennent outils de contrôle et de manipulation, qui exploitent les croyances et les mœurs pour maintenir les hommes dans un état de soumission.
    Il propose une voie cultivant la simplicité, la modestie, loin de l'agitation des désirs. L'art est pour lui une voie vers cette sagesse dans un état de contemplation, un refuge intérieur, un espace de tranquillité.

    (Les triffides ce sont les êtres humains !)

    Très intéressante aussi, sa perception du monde comme une représentation, une construction mentale engendrée par nos sens, notre mental. Il a certainement été influencé par le bouddhisme et l'hindouisme pour le détachement et la compassion.
    Ça me plaît bien tout cela !

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  31. Je n’ai pas dit que Schopenhauer était idiote, mais cette phrase là , n’apporte rien !. Je remercie s’ anonyme pour ses précisions..,

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    1. Elle me paraît suggérer une transformation dont l'homme n'aurait pas eu conscience.

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  32. J’aime bien la litote de Joselka, à la fin du 14: « eh bien finalement, certaines choses ne se sont pas si mal passées « …

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    1. Plus exactement Josella dit : "- Eh bien certaines choses n'ont peut-être pas si mal tourné, après tout."

      Et juste avant, à propos de cette aide qui n'est jamais venue : "- Le monde que nous avons connu est mort, nous sommes seuls désormais. Nous devons organiser nos propres vies, comme si aucune aide ne devait jamais venir..."
      L'étincelle est là, dans cette rencontre improbable en plein milieu du désastre. .

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  33. Peut-être que les écrans aussi sont de redoutables prédateurs. Nos yeux captifs de ces écrans nous empêchent de voir l’autre et contribuent à nous déshumaniser.Il suffit de prendre le métro pour voir ces wagons d’indifférence.

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    1. Cet écran, fenêtre sur l'univers de So'eil vert, ne m'empêche pas de le voir....
      Si on est attentif à la parole de l'autre, il est là.
      Si je lève les yeux de l'écran je vois les nuages d'hiver tout gonflés de froid et je sais pour avoir voyager en avion qu'au dessus, le ciel est bleu soleil et lumineux mais j'imagine aussi que l'on peut tout là-haut au pays des voyageurs de l'espace connaître le noir et le silence infini. Je ne peux absorber cet espace, ces galaxies, cet infini en pensant que des entités menaçantes sont préoccupées par notre petite planète. Que sommes-nous dans l'immensité du temps ?

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    2. Vous voyez, elle n'est pas si vaine que cela la citation de Schopenhauer. Vous venez de l'illustrer avec l'homme transformé en robot par son écran.

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  34. Je découvre la double signature du billet. C'est sympathique ce travail en duo de deux passionnés de littérature.
    De nombreuses notes enrichissent le billet concernant les éditions, les influences, les suites, les films inspirés par cette œuvre. C'est vraiment un beau travail très sérieux, bravo.
    J'ai donc lu le livre mais je ne suis pas friande de ces fins du monde sans espérance et il y en a beaucoup dans la science fiction. C'est à qui sera le plus désespérant ! Bombe atomique, p'antes carnivores, entités belliqueuses. Les êtres humains y régressent ou sont avalés par des structures politiques et religieuses oppressante. Bref, ce n'est pas la joie...
    Vivre le présent n'est pas euphorisant, c'est vrai. Mais je continue de croire en l'art, en la beauté intérieure des êtres humains, à la tendresse, à la compassion. J'aime les p'antes, les arbres, les fleurs. Et les oiseaux. J'observais cet après-midi les jeux d'une pie sautant, volant d'une cheminée à l'autre, d'un toit à l'autre. Tout cet espace pour jouer et le parc proche.
    Je comprends qu'on aime ces fictions. En plus, celle-ci est pleine de flegme anglais. Le roman se déroule sans hâte. Londres est méconnaissable, dommage. J'aime ce'ui brumeux de Conan Doyle.
    Brigitte Bardot est donc morte. Toute une vie sous les projecteurs, beaucoup de talent et de beauté. Pas aimé ses déraillement politiques... mais c'est une autre histoire... De belles solidarités avec les animaux, les femmes. Elle est nature, simple et authentique dans les entretiens.
    C'est quand même un métier utile, acteur ou comédien pour le théâtre. Tous ces rêves auxquels ils prêtent leur corps, leur voix, leurs regards et parfois hélas leur vie privée qui ne devient plus privée du tout. Mais au départ, des scénarios, des histoires, des écrivains donc, des livres, des images, des décors, des musiques. Tout un monde qui tient une grande p'ace dans ma vie.
    Mais j'aime aussi l'immobilite, le silence, l'introspection.
    Qu'y a-t-il après la mort ? J'interroge souvent ce vide.
    Merci donc à Sandrine et à Soleil vert pour cette chronique très fine .

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  35. Je constate, Christiane, que vous avez une traduction différente de la mienne ! laquelle est celle des éditions Opta, , traduite par Marcel Battin ( 1977!!), apparemment la première. Un petit plus avec une couverture façon musclor de Morbius, lequel est loin d’avoir la notoriété qu’il aura plus tard !

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    1. Oui, je me suis fait la même réflexion !
      Le mien, " J'ai lu" (collection imaginaire) traduction Michel Battin révisée par Sébastien Guillotpour Terre de Brume (2004).

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  36. Curieux. Cela faisait trois quatre ans que j’avais ce bouquin. et le Moebius ne m’apparaît que maintenant.,,,

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  37. En couverture, Big Ben
    la tour horloge du Palais de Westminster à Londres entourée de plantes volubile. Les Triffides....

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    1. volubile.
      Donc même traducteur ! Mais éditions "J'ai lu".

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    2. C'est celle en tête du billet de Sandrine et So'eil vert.

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  38. Non pas la même, elle est révisée, et apparemment dans le passage
    concerné ! C’est par ailleurs Terre de Brume, du côté de chez moi.

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    1. Le... même traducteur, oui mais révisée en 2004.
      Cest beau, Terre de Brume.

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  39. "Je constate, Christiane, que vous avez une traduction différente de la mienne ! laquelle est celle des éditions Opta, , traduite par Marcel Battin ( 1977!!), apparemment la première. Un petit plus avec une couverture façon musclor de Morbius, lequel est loin d’avoir la notoriété qu’il aura plus tard !"

    en fait la première édition en VF est celle du FNA (Fleuve Noir Anticipation) #68 en 1956. La traduction est de Michel Duino (c'est probablement aussi une adaptation au vu des habitudes du FNA) sous le titre 'Révolte des Tirffides' (et pour une fois la couverture de Brantonne n'est pas un plagiat)
    La traduction de Battin pour OPTA (avec la cpuverture verte !) date de 1974 avec un titre différent (ici 'Les Triffides') et sera révisée par Guillot pour l'édition Terre de Brumes et ses reprises sous un titre proche de l'original 'Le jour des Triffides'.
    Pour être complète, outre au moins le film GB et la BD GB (on en trouve un extrait dans l'EVSF si mes souvenirs sont bons), il existe (comme pour beaucoup de FNA) une version BD française chez Artima (1977) qui est très moche comme d'habitude (ici https://archive.org/details/sideral-063/page/3/mode/2up).
    S.

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  40. Merci pour ces explications et les extraits de BD.
    Je relis pour approfondir la vision de la société fragile qui tente de réorganiser cette panique. Beaucoup d'images de conditionnement brutal.
    Jaime beaucoup dans les souvenirs de Josella celui-ci page 111) :
    "Mon père m'avait un jour raconté qu'avant la guerre contre Hitler, il avait pris l'habitude de faire le tour de Londres, les yeux grands ouverts plus que jamais, pour admirer des bâtiments qu'il n'avait jamais remarqués auparavant et leur dire adieu."
    et la suite :
    " J'éprouvais en cet instant un sentiment similaire, mais notre situation avait quelque chose de plus tragique. La plupart des gens pouvaient avoir un certain espoir de survivre à la guerre. Là, nous avions affaire à un ennemi qui ne les laisserait pas survivre. Cette fois, ce n'était pas la destruction gratuite et les incendies volontaires qu'ils attendaient,
    , juste une longue route, lente, inévitable, vers le déclin et la chute.
    A cet instant, mon cœur résistait encore à ce que disait ma raison. C'était trop gros, trop anormal pour arriver vraiment. "

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  41. D'ailleurs la fin du roman n'est pas très gaie...

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  42. Je m'interroge. Que m'a apporté cette lecture. J'étais curieuse de lire ce livre. Je l'ai lu. Je n'aime pas ce qu'il diffuse : la peur, la désespérance, les valeurs négatives de l'être humain sauf pour le couple Josella, William/Bill.
    Il est bien écrit dans cette traduction de Marcel Battin revue par Sébastien Guillotpour sans oublier son invention par John Whyndham.
    Je n'ai pas besoin de ses livres. Je veux être surprise par la beauté. .

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    1. pour... les éditions J'ai lu /Terre de Brume - en 2004

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  43. C’est curieux que vous ne l’aimiez pas car c’est un roman ouvert, avec à la fin une lueur d’espoir, le féodalisme étant sur la pente descendante. Par ailleurs, je ne vois pas très bien comment il aurait pu le conclure autrement…. MC

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  44. Une lueur d'espoir... Vraiment ? Vous auriez envie de vivre dans ce monde ?
    Entre l'enrôlement mitaire des voyants, l'absence d'eau, d'électricité, de nourriture. Des plantes tueuses partout... Des cadavres en décomposition, la puanteur... Les villes disparues... La culture néantisée... Les femmes un peu comme dans "La servante écarlate"... Non vraiment pas de quoi rêver ! Pourquoi l'aimez-vous ?

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  45. Il me semble que le dialogue final apporte quelque chose comme ça. Il y a un côté Indépendance Day. On ne revient pas sur les dégâts, mais on espère trouver mieux ailleurs. C’est un peu comme si vous reprochiez à La Guerre des Mondes son potentiel destructeur…

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  46. À chacun ses lectures préférées...

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  47. Il est tout de même curieux de s’insurger contre un livre parce qu’il diffuse «  les valeurs négatives de l’être humain » à l’exception des héros principaux..,,

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    1. Vous avez une façon ambiguë de résumer mes réactions de lectrice. Où avez-vous lu que je m'insurgeais ? Ce verbe est inapproprié. Je n'aime pas ce genre de fiction, c'est mon droit. Vous semblez les adorer, tant mieux pour vous. Lisez, lisez et foutez-moi la paix !

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  48. Inapproprié, je n’en suis pas sûr, à moins qu’il ne faille regarder comme une manifestation du plus grand calme la phrase «  je n’aime pas ce qu’il diffuse » d’où seuls les héros sont exceptés ( ils ne sont que deux…)

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  49. Oui, il faut la regarder avec le plus grand calme. Je lis. Je quitte.
    Pourquoi toujours imaginer la fin du monde, la fin des êtres humains, leur replacement par des choses envahissantes et négatives ?
    La vie, elle se déroule jusqu'au bout, patiemment.
    Il n'y a ni fleurs, ni herbes douces dans ce roman et si peu d'amour et si peu de joie. Je découvre. Je fais des liens.
    Mais j'ai besoin de la belle présence des êtres humains. Je n'aime pas quand on les abîme.
    "Diffuser" c'est comme un parfum quelque chose qui vous imprègne lentement en dehors de votre volonté. Ce livre est ainsi. Il éteint la joie.
    C'est bien votre site, Soleil vert. J'y lis des livres étranges. Parfois je les aime. Parfois, non. Alors je les repose... calmement.
    J'ai lu aujourd'hui un très beau roman offert par mon fils. Un écrivain que je ne connaissais pas : Arturo Perez-Reverte. "L'Italien". (titre du roman paru en folio Gallimard. Traduit de l'espagnol par R. Amutio)
    C'est en 1942. Une plage. Sur la plage, le corps du homme vêtu de caoutchouc noir. Elle le croit mort. Il respire encore. C'est l'italien. Son mari est mort accidentellement pendant l'attaque de Mers el-Kebir. L'italien est un plongeur de combat qui a eu le temps de poser une charge explosive sur un bateau de guerre anglais. Elle est libraire. Lui venant en aide, elle devient activiste, presque par vide. Un vide qui s'était installé dans sa vie.
    J'ai aimé me laisser porter par cette fiction. L'Odyssée comme une usure des dieux jaloux.
    Il y a réellement eu des plongeurs de combat pendant la Seconde guerre mondiale, justement dans la baie d'Algésiras mais Elena Arbués et son chien Argos, et Tesco Lombardi n'ont existé que dans l'imagination de l'écrivain.

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    1. 27. Décembre, 13h53 » vous voyez qu’elle n’est pas. Si vaine, etc » sauf que ce n’est.pas moi qui l’illustre! Probablement un autre anonyme Je sais, c’est énervant!

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    2. C'est surtout difficile à suivre quand il y en a plusieurs !

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  50. "Un écrivain que je ne connaissais pas : Arturo Perez-Reverte."
    Mais non. Comment faire le lien avec "Le tableau du maître flamand" que j'avais tant aimé. Peut-être parce que les deux romans ne se ressemblent pas du tout.
    Ce roman policier bâti sur ce magnifique tableau de Van Huys m'avait ensorcelée. Qui a tué le cavaler (le chevalier?). Quel glissement dans cette histoire vers l'écrivain qui tient ses personnages entre les mains comme un dieu créateur... Je me souviens mal de la citation de Borges mise en exergue. Un dieu derrière le destin des hommes mais quel dieu derrière dieu ?
    Une façon de retrouver l'imaginaire de John Whyndham qui lui a eu besoin d'inventer des Triffides.

    A propos, les commentaires anonymes ne m'intéressent plus. Je n'y répondrai plus. Que ceux qui n'ont pas assez de courage pour signer leurs commentaires soient poussière.

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    1. Ah voilà la citation de Borges :
      «Dieu déplace le joueur, et celui-ci la pièce. Quel Dieu derrière Dieu commence donc la trame ?»

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    2. Arturo Perez - Reverte joue aussi avec ses lecteurs comme ces deux gentils hommes jouent aux échecs. Mais qui est la dame au fond du tableau. Est-ce une allégorie de la mort ?
      Je pensais le lisant au "Joueur d'échecs" de Zweig et à la bibliothèque labyrinthique de Borges.
      Quant aux miroirs, ils
      sont si nombreux dans cette histoire qui ne cesse de se refléter dans une autre...
      Comme Ulysse et Nausicaa dans l'autre roman, "L'Italien". La belle Nausicaa qui trouve Ulysse sur la plage et lui porte secours.
      Les vertiges de la lecture n'ont qu'un double, ceux du lecteur. Arturo Perez Reverte semble aimer ces situations doubles entre légende, Histoire, passé et présent. Et là, pas de fin du monde !

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  51. Une année sans fin du monde, cher So'eil vert et des livres pleins de passion. Bonne année à ceux qui ont un nom, au moins un pseudo, au moins une initiale.

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  52. Bonne année étoilée. SV

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  53. Ah oui, plein d'étoiles presque comme dans le poème de Rimbaud. J'ai tendu des cordes d'étoile en étoile et je danse...

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  54. “J'ai tendu des cordes de clocher à clocher ; des guirlandes de fenêtre à fenêtre ; des chaînes d'or d'étoile à étoile, et je danse.”

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  55. Je viens de terminer l'écoute des 25 épisodes sur France inter de l'œuvre de Georges Simenon "Les Inconnus dans la maison"
    Une magnifique adaptation de Patrick Liegibel, entre feuilleton radiophonique et livre audio, d'un des romans les plus connus de Simenon. Loursat, quel beau personnage ! Comme Simenon décrit avec finesse cet avocat devenu alcoolique et solitaire, indifférent au monde qui l'entoure jusqu'à être touché au cœur par le jeune Manu accusé du meurtre commis dans l'autre aile de sa grande maison là où sa fille réunissait sa bande d'amis.... .
    Les voix des comédiens sont parfaites. Bien sûr il y a eu Raimu, inoubliable mais là, juste écouter les voix, les bruitages en retrouvant les grandes pages du roman. Quel plaisir ! Quel écrivain !

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    1. "La réalisation des feuilletons est confiée à Christine Bernard-Sugy, qui dans un entretien accordé au journal Le Monde en 1996 confessait avec passion : "J'aime la richesse fantastique de la radio, on n'a pas de problèmes d'espace ni de temps. Une histoire, des comédiens, une bonne prise de son et les auditeurs font le reste. Ils voyagent dans le texte à leur façon, avec les décors de leur choix. La radio, c'est la légèreté, c'est la liberté."

      Les adaptations, de respectivement 25 et 20 épisodes de 10 minutes, bénéficient d'une distribution exceptionnelle : Pierre Santini, Thibault de Montalembert, Fanny Cottençon, Yves Pignot..."

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  56. Laissez moi vous présenter mes meilleurs voeux pour l'année 2026. Elle sera difficile, mais avec votre blog et vos incitatifs de lectures toujours enrichissants, SV, nul doute que nous en viendrons à bout et saurons la dépasser.
    Pendant que je vous tiens, j'y adjoins mes amitiés à C.P et à MC/PR. Bien amicalement à tous.tes,

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    1. Joie de votre passage, JJJ. Douceur à vous en vos jours et vos nuits. Vous méritez de vous reposer dans la joie de l'amitié.

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  57. Merci JJJ. Bon courage et espoirs timides pour 2026. SV

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  58. C'est peut-être idiot ma réaction... Après tout pourquoi ne pourrais-je pas accepter des paroles non enserrées dans une identité? Allez-y les anonymes, allez-y. Je vais essayer de ne pas m'énerver mais ce n'est pas garanti.
    Bon, quelque chose de plus sérieux.
    Je lis comme si c'était la première fois "Le tableau du maître flamand" d'Arturo Pérez-Reverte . Comme Julia a de la chance ! Restaurer un pur Quattrocento... ce panneau peint par un maître comme Pieter Van Huys.
    Ces noirs par exemple ou ce glacis blanc.
    Qui est donc cette dame près de la fenêtre ? Un des joueurs semble loin de tout ce qui l'entoure. Juste les pièces du jeu. Et le regardant, on entre sans résistance dans l'espace de la peinture. Le tableau devient alors la réalité. Donc Julia doit restaurer ce tableau... mais un examen avec sa lampe à ultraviolet révèle une inscription cachée. "Qui a tué le chevalier ?"
    La lumière noire frôle l'inscription secrète.
    La partie d'échecs entre deux chevaliers, cette scène d'intérieur que cache-t-elle?
    Huile sur bois. École flamande. 1471. Trois panneaux de chêne réunis.
    Sur le mur, un miroir vénitien légèrement bombé.
    Comme je suis bien dans ce roman... Vraiment bien...

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  59. https://soleilgreen.blogspot.com/2015/06/le-tableau-du-maitre-flamand-fiction-et.html

    sv

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    1. Quelle joie de lire ce billet !
      Donc ce peintre n'a pas existé. Le texte d'Arturo Perez Reverte est si précis, si crédible dans l'approche du tableau et les gestes de Julia que je n'ai même pas cherché à vérifier.
      Vous êtes connaisseur du jeu d'échec, ça se sent. En quelques lignes vous éclairez cette partie du roman difficile pour moi.
      Ah, quel beau cadeau ! Mais vos visiteurs se sont ennuyés en lisant le roman, moi pas du tout. Je me régale. Ce tableau est tout entier dans mes yeux.
      Je vais m'endormir en le regardant, yeux fermés. Joie, joie, joie.

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  60. Votre billet est arrivé juste avant le sommeil et le mystère évoqué de ces anamorphoses allait bien avec cette dérive des rêves, palimsestes des jours.
    Je crois que j'avais mis le roman en attente un peu perdue dans cette partie d'échecs, juste envoûtée par ce tableau. Savez-vous qu'un Peter Van Huys a réellement existé au siècle suivant qu'il a peint des tableaux un peu de même inspiration que Jérôme Bosch dont les divagations de saint Antoine dans le désert mais aucune partie d'échec !
    La puissance de l'évocation du tableau est telle dans le roman que d'autres toiles naissent dans nos souvenirs par la force des mots de l'écrivain et qu'on finit par le contempler ce fameux tableau, tout près de Julia qui en découvre les secrets.
    Cest une riche idée d'avoir ainsi amorcé une suite de romans où la peinture est un guide.
    Ici, semble-t-il la mort joue aux échecs...
    Cest une grande joie d'ouvrir des lectures en fin de billet. Un chemin s'ouvre dans la nuit des mystères...

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  61. Pieter Huys (peintre) — Wikipédia https://share.google/z6aPg0iZ3L3PmpJ12

    Voilà l'autre!

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  62. Peu à peu, l'histoire du tableau, du peintre et de ses personnages prend forme. Julia fait glisser son doigt à l'endroit où se trouve cachée l'inscription.

    Mais le chevalier d'Arras, le Preux, du tableau serait mort deux ans avant que Pieter Van Huys ne peigne "La partie d'échecs", donc il n'a pas pu poser pour le tableau, lui dit Alvaro.
    Julia est partagée entre restaurer le tableau et percer son énigme.
    Une question qui attend depuis cinq siècles .
    Ce premier chapitre se termine là, c'est une merveille.

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  63. C'est seulement au troisième chapitre que le problème du jeu d'échecs est posé, page 84.
    Effectivement "chevalier" peut se traduire en terme de ce jeu par " cavalier". Dès lors la question devient : "Qui a pris le cavalier ?"
    A moins que ce soit u' astucieux jeu de mots. Et si les deux joueurs d'échecs étaient la victime et son bourreau ? Et si le mobile du crime était Beatrice de Bourgogne, la dame en noir qui lit à la fenêtre.
    Un problème de jalousie ?
    La clé se trouve-t-elle dans la partie d'échecs ?
    Ils vont donc étudier la partie comme l'a fait Soleil vert.

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  64. Le blason du bouclier du chevalier est un échiquier fait de cases noires et blanches. Ça ne peut pas être un hasard... Le sol est également carrelé en blanc et noir.
    Tout renvoie à la parié d'échecs.
    Passons aux pièces du jeu, seize de chaque couleur. Une seule pièce est hors de l'échiquier celle que Fernand d'Ostenbourg tenait entre ses doigts - un cavalier.
    Qui l'a pris ?
    Une question à Soleil vert : comment voient-ils que l'échiquier est à l'envers ?
    Pourquoi pensent-ils que les personnages et l'échiquier sont représentés deux fois.
    ? Le miroir vénitien accroché au mur y est-il pour quelque chose ? Julia propose de regarder le tableau en prenant un miroir pour reconstruire l'image originale.
    En attendant elle ôte avec des précautions extrêmes le vieux vernis qui a jauni.

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  65. "Une question à Soleil vert : comment voient-ils que l'échiquier est à l'envers ?"
    me souviens plus. la case en bas a droite doit être blanche. sv

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  66. Munoz/decodant à rebours la partie d'échecs (p. 118), c'est un magnifique passage du roman. L'introduction du chapitre par un clin d'œil à Sherlock Holmes est très judicieuse.
    "Eh bien, Watson, dit Holmes, n'est-il pas curieux qu'il faille parfois connaître l'avenir avant que de connaître le passé ?"

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  67. Ce qui est bien dans ce roman, ce sont les pauses lyriques et poétiques quand tout va mal.
    Ainsi Julia vient d'apprendre qu'Alvaro est mort. Chute dans la baignoire ou assassinat remontant à 48 heures. Mais qui alors lui a envoyé un rapport d'expertise sur le tableau qu'elle restaure ? Encore un mort dont le message est postmortem!
    C'est alors, écoutant la plainte de trompette déchirante et solitaire de Miles Davis, qu'elle éprouve : "cette sensation de vide, de profondeur insondable et de bleu, quand on se jette du pont d'un bateau en haute mer, que l'on sent l'eau glisser sur la peau nue, avec la désagréable certitude que toute forme de terre ferme est passablement loin de vos pieds. (...) une peur insolite, inconnue (...). Elle frissonna avant de regarder derrière elle si quelqu'un la suivait. "

    Y a-t-il un lien entre le tableau où les joueurs continuaient leur partie, Alvaro, Julia et l'éventuel, le présumé, assassin ?
    Ils "semblaient faire partie du décor, personnages d'une farce baroque plutôt que du monde réel "...
    Avait-elle ouvert une boîte de Pandore ? César lui conseilla de rendre le tableau, de fermer la maison à double tour et de partir en voyage.
    Mais ce serait trop simple. Je n'en suis qu'à la page 141 sur 466 pages !
    Cet antiquaire, César, est plein de bon sens. Fuir ou faire face.
    "La curiosité est un vilain défaut"...

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  68. J'ai du mal à suivre, malgré le croquis de Munoz indiquant la position des pièces sur l'échiquier qu'elle pièce noire a fait le dernier mouvement. Je saute à la conclusion de Julia :
    "- Le dernier coup à donc été joué par la reine, je veux dire par la dame noire... "
    Munoz, c'est Holmes ! et nous voici en plein cœur d'un roman policier !

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  69. Je n'aime pas trop les chapitres qui suivent, émaillés de nombreux croquis du déplacement possible des pièces du jeu d'échecs, de leur rôle dans la stratégie de chaque joueur. Ce n'est plus un roman, une sorte d'annexe documentaire. Je saute !
    Je retrouve l'intérêt du roman dans les derniers chapitres. Beau jeu d'anamorphoses et de métamorphoses.
    Ainsi donc une machine peut se cacher dans l'intelligence d'un homme, l'inverse du prodigieux automate de Maelzel qui cachait un joueur humain. Vous vous souvenez ? Nous l'avions évoqué il y a quelques mois.
    L'automate qui se cache derrière l'homme.. . Cela me rappelle un certain échange avec anomyme à propos d'une citation d'Arthur Schopenhauer... !
    Dans la fin du roman des pensées paradoxales.
    "Un être humain peut aimer et trahir la personne aimée, sans que son sentiment en perde sa réalité. (...)
    La vie est une aventure incertaine dans un paysage diffus aux limites en perpétuel mouvement. (...)
    Rien n'est noir, rien n'est blanc ; le mal peut être le déguisement du rien ou de la beauté, et inversement, sans que l'un exclue l'autre."

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  70. Le tableau du maître flamand (suite)
    Page 318, chap. 11, cette page essentielle.
    C'est Belmonte , le propriétaire du tableau qui parle à Julia.
    "Le poème de Borges sur les échecs, quel Dieu après Dieu déplace le joueur qui déplace les pièces ?... Eh bien, voyez-vous, je crois qu'il y a un peu de cela dans le tableau. Quelque chose qui se contient soi-même et qui de plus se répète soi-même, en vous ramenant constamment au point de départ... À mon avis, la véritable clé de "La Partie d'échecs" n'ouvre pas un chemin linéaire, une progression qui aurait un début et une fin ; la peinture semble plutôt tourner en rond, comme si elle conduisait vers son propre intérieur... Vous me comprenez ? "
    Cette page est parfaite et pour Borges et pour ce roman d'Arturo Perez - Reverte.
    Je suis bien contente de relire ces chapitres. Je laisse de côté les croquis de déplacement des pièces sur l'échiquier. Il y en a beaucoup !

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  71. Je comprends mieux la superbe analyse de la musique de Bach qui suit à propos du disque qu'il a choisi pour Julia.
    "Écoutez bien : cette composition se divise en deux pool parties, chacune d'elles répétée. La tonique de ml a premiere moitié est" so'" et, quand elle prend fin, elle ke fait dans la tonalité de" ré "... Vous vous rendez compte ? Mais écoutez bien : on dirait que ml e morceau we terminé dans cette tonalité, mais subitement Bach nous joue un tour à sa façon et nous fait retourner d'un seul coup au début, en "sol" comme tonique avec une nouvelle modulation en "ré". Et sans que nous sachions très bien comment, le jeu se répète encore et encore... "

    Un véritable anneau de Moebius ! Je le régale !

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    1. Désolée pour les coquilles. C'est parti trop vite !

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    2. Je reprends :
      "La tonique de la première moitié est "sol" et, quand elle prend fin, elle le fait dans la tonalité de "ré"..."

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    3. "que le morceau se termine"

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    4. Analyse classique, sans nouveauté majeure. De là à invoquer Moebius, il y a de la marge!

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  72. https://fr.wikipedia.org/wiki/Ruban_de_M%C3%B6bius

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  73. Ouvrez le lien ci-dessus, MC., vous serez étonné par le nombre d'œuvres de SF citées.

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